Présidée par le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne, la cérémonie de lancement du Programme de Résilience du Système Alimentaire (FSRP) à Diamniadio a été marquée par une vision claire, tournée vers l’action pour la transformation de l’agriculture. Pour le Sénégal, intégré la phase 3 du FSRP se présente comme une opportunité pour bâtir un avenir agricole plus solide et durable.
Dans un contexte ouest-africain souvent fragilisé par les aléas climatiques et les tensions économiques, une lueur d’espoir a brillé avec le lancement officiel du Programme de résilience du système alimentaire (FSRP) à Diamniadio. Dans son allocution de lancement, le Ministre de l’agriculture a posé un diagnostic sur les maux qui minent le secteur agricole sénégalais tels que la dépendance aux importations alimentaires, le chômage des jeunes, et les effets du changement climatique. Le FSRP représente ainsi une réponse structurée et régionale pour moderniser l’agriculture sénégalaise et renforcer la résilience des systèmes alimentaires.
Le programme vise à accroître la préparation à l’insécurité alimentaire et améliorer la résilience des systèmes alimentaires au Sénégal, tout en contribuant à la préparation et à la gestion des crises agricoles et alimentaires, au renforcement de la résilience des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux et à faciliter le commerce de biens et d’intrants agricoles à l’intérieur et au-delà des frontières nationales en Afrique de l’Ouest.
Pour y parvenir, le programme de résilience se déploie selon une approche multidimensionnelle, embrassant tous les aspects de la chaîne de valeur agricole. Il s’agira, entre autres, de stimuler la recherche et l’innovation, de faciliter l’accès au financement pour les producteurs, de promouvoir des pratiques agroécologiques, de renforcer les infrastructures rurales, et de favoriser l’intégration des marchés agricoles.
Le ministre a aussi souligné l’importance de « l’écoute et de la flexibilité » dont ont fait preuve la Banque mondiale et le Fida au cours des 12 derniers mois, permettant d’aligner le projet sur les nouvelles orientations du Président de la République et de mieux répondre aux besoins des acteurs du secteur agricole et de l’élevage.
La représentante de la Banque mondiale, Aïfa Fatimata Ndoye Niane, a d’emblée souligné « l’immense potentiel » transformateur de cette entreprise collective. « Le FSRP n’est pas qu’un projet, c’est une vision partagée pour une Afrique de l’Ouest résiliente », a-t-elle déclaré avec conviction. Cette vision, portée par la CEDEAO, le CORAF et le CILSS, ambitionne de renforcer la sécurité alimentaire face aux crises récurrentes.
L’espoir suscité par le FSRP au Sénégal se nourrit également de sa récente restructuration, visant un alignement précis avec les priorités nationales, notamment la « Vision Sénégal 2050 », axée sur la souveraineté et la prospérité. « Nous avons intégré le financement des coopératives agricoles, car elles sont au cœur de la modernisation du secteur ».
Les coopératives agricoles communautaires au cœur de la stratégie
Le succès de la transformation de l’agriculture réside dans le développement de coopératives agricoles communautaires. Ces coopératives seront des unités de base pour mutualiser les moyens de production, améliorer l’accès au financement, faciliter la formation, la formalisation, la transformation et la commercialisation des produits agricoles, tout en créant des emplois massifs.
Le FSRP prévoit l’équipement de ces fermes avec des infrastructures modernes telles que des forages, des systèmes d’irrigation performants et des groupes électrogènes, ainsi que leur connexion au réseau électrique national. L’objectif est de faire de ces coopératives des « agri-innovation hubs » pour moderniser l’agriculture et l’élevage.
En ciblant également les corridors de transhumance, le programme ambitionne de développer des coopératives agricoles communautaires orientées vers l’élevage, contribuant ainsi à l’autosuffisance en viande rouge et à la transformation locale des produits, afin de freiner l’exode rural.
Pour concrétiser cette vision, le Sénégal s’engage à développer 1.000 hectares de fermes agricoles modernes et inclusives. « J’engage tout mon département à faire de ces 1.000 hectares une vitrine de l’agriculture moderne inclusive et durable », a affirmé Mabouba Diagne qui a réitéré sa gratitude envers les partenaires financiers et techniques, soulignant leur écoute, leur réactivité et leur accompagnement stratégique.
Prenant la parole au nom de la coordination nationale, Dr Mohamadou Lamine Dia, a mis en lumière les enjeux et les leviers d’une mise en œuvre réussie : « Ce que nous lançons aujourd’hui, ce n’est pas seulement un programme ; c’est une dynamique collective pour la transformation du secteur agricole.
Le FSRP ne réussira que si chaque acteur, à chaque niveau, prend part à cette mission de manière responsable et coordonnée. » Il a insisté sur l’importance d’une gouvernance participative, transparente et ancrée dans les territoires, tout en saluant la flexibilité dont ont fait preuve les partenaires pour adapter le programme aux priorités nationales, en lien avec la Vision Sénégal 2050.