Aller au contenu principal
Publié le 3 juin 2025

Face à la faiblesse persistante du commerce intrarégional en Afrique de l’Ouest – qui ne représente qu’environ 15 % de la valeur des échanges totaux dans l’espace CEDEAO – les acteurs régionaux multiplient les efforts pour lever les barrières non tarifaires qui entravent la fluidité des échanges. C’est dans ce contexte qu’un atelier de sensibilisation sur le certificat phytosanitaire harmonisé (CPH) et les autres instruments communautaires a été organisé à Dakar par la CEDEAO, avec l’appui du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) au Sénégal.

L’atelier tenu du 20 au 23 mai et qui a réuni commerçants, inspecteurs phytosanitaires, autorités frontalières et partenaires institutionnels, visait à vulgariser l’usage du CPH, pierre angulaire de la libre circulation des produits agricoles dans l’espace communautaire. Il s’inscrit dans la dynamique régionale portée par le FSRP à travers sa composante dédiée à l’intégration des marchés alimentaires.

« Plusieurs obstacles entravent le commerce intrarégional, notamment les procédures administratives complexes, les exigences d’inspection redondantes et les réglementations incohérentes. Le certificat phytosanitaire harmonisé vise à simplifier et sécuriser ces échanges », a souligné Mouhamadou Lamine Dia, coordonnateur national du FSRP-Sénégal.

Un outil stratégique pour l’intégration régionale

Le certificat phytosanitaire harmonisé, élaboré selon les normes internationales, répond à un double enjeu : protéger la santé des consommateurs et faciliter la circulation des produits agricoles à travers les corridors commerciaux de la région. Il constitue une réponse aux entraves liées à la non-reconnaissance mutuelle des documents sanitaires entre États membres.

« Ce certificat, couplé à un guide régional d’inspection sanitaire, permettra d’unifier les pratiques entre inspecteurs, d’assurer la qualité des produits et de garantir leur libre circulation », a expliqué Justin Bayili, consultant à la Commission de la CEDEAO.

Au-delà de cet outil, le FSRP accompagne également la mise en place d’un tableau de bord régional du commerce agricole, destiné à améliorer le suivi des flux commerciaux et à orienter les décisions stratégiques. L’ambition affichée est claire : réduire les coûts, raccourcir les délais aux frontières et renforcer la compétitivité des filières agro-sylvo-pastorales.

Mobilisation des parties prenantes : une condition de réussite

La réussite de cette initiative repose sur l’appropriation des outils par les premiers concernés : commerçants, transporteurs, inspecteurs, autorités frontalières. Pour Mbaye Chimère Ndiaye, secrétaire général de la Chambre de commerce de Dakar, « l’harmonisation des documents sanitaires est un levier de compétitivité majeur pour les opérateurs économiques ». Il appelle à une mobilisation collective pour faire du CPH un véritable catalyseur du commerce régional.

Le FSRP poursuit ainsi sa mission de renforcement de la résilience des systèmes alimentaires par l’intégration régionale. En levant les obstacles à la circulation des produits agricoles, le programme contribue à accroître l’accès aux marchés, améliorer la sécurité alimentaire et stimuler la croissance économique inclusive dans l’espace CEDEAO.