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Révision de la Stratégie régionale de stockage de sécurité alimentaire : la CEDEAO consulte les organisations de producteurs agricoles et d’éleveurs à Dakar au Sénégal

Publié le 5 juillet 2026

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à travers l’Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation (ARAA) et en collaboration avec le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA),réuni du 22 au 25 juin 2026 à Dakar les organisations de producteurs agricoles et d’éleveurs ainsi que leurs réseaux régionaux, afin de recueillir leurs contributions à la révision de la Stratégie régionale de stockage de sécurité alimentaire.

Plus de soixante-dix représentants d’organisations de producteurs agricoles et d’éleveurs et leurs réseaux régionaux, ainsi que des structures partenaires actives dans le stockage de sécurité alimentaire, venus des dix-sept pays de l'espace CEDEAO-UEMOA-CILSS, ont dressé le bilan de la gestion des stocks de proximité encore appelés « première ligne de défense » de la stratégie régionale de stockage.

Cette concertation a permis de dresser un bilan approfondi de la gestion des stocks de proximité, en examinant leur niveau de fonctionnalité, les mécanismes de gouvernance mis en place, ainsi que les modalités d’approvisionnement, de gestion et de reconstitution des stocks. Les participants ont évalué les résultats obtenus en matière de prévention et de réponse aux crises alimentaires, notamment la capacité de ces dispositifs à garantir l’accès des populations vulnérables aux denrées de base en période de soudure ou de chocs. Les échanges ont également porté sur les bonnes pratiques développées au niveau communautaire, les difficultés rencontrées dans la mobilisation des ressources financières, la gestion des infrastructures de stockage, ainsi que les défis liés à la coordination entre les différents acteurs. Les acteurs du stockage de proximité ont aussi relevé l’insuffisance d’information sur la disponibilité des stocks et leur faible capacité à approvisionner la Réserve régionale de sécurité alimentaire (RRSA).

Instrument majeur de solidarité régionale de la CEDEAO pour la prévention et la gestion des crises alimentaires et nutritionnelles en Afrique de l’Ouest, la Réserve régionale a enregistré, depuis sa création en 2013, des résultats significatifs. Toutefois, les mutations du contexte régional et l’ampleur croissante des défis alimentaires et nutritionnels rendent aujourd’hui nécessaire une révision de son cadre stratégique et opérationnel dans le contexte de la révision de la Politique agricole régionale (ECOWAP).

Cette révision de la stratégie régionale appelle également à ajuster les règles et modalités de fonctionnement de la Réserve régionale de sécurité alimentaire (RRSA), en tant que troisième ligne de défense de la stratégie régionale.

Les travaux engagés reposent sur la capitalisation des acquis, l’analyse des enseignements tirés de la mise en œuvre de la stratégie régionale de stockage ainsi que l’évaluation des évolutions du contexte régional et des projections pour les dix prochaines années. 

Au terme de quatre jours de travaux, organisés en séances plénières et en travaux de groupes, les participants ont élaboré un recueil des expériences, des enseignements et les bonnes pratiques en cours sur le terrain de même que leurs attentes pour le futur.

Au regard des questions émergentes et des mutations observées aux niveaux régional et national, les participants ont engagé une réflexion approfondie sur l’adaptation et le renforcement du dispositif régional de stockage de sécurité alimentaire. Ces échanges ont permis d’identifier les principaux axes d’amélioration de la stratégie actuelle, en cohérence avec les orientations de l’ECOWAP, notamment en matière de gouvernance des stocks, de coordination entre les différents niveaux de stockage (proximité, national et régional), de financement durable des dispositifs, ainsi que la mise en place de plateformes permettant d’obtenir les informations sur les disponibilités des stocks pour répondre aux crises alimentaires et nutritionnelles.

Les travaux ont permis d’identifier, par ailleurs, des besoins complémentaires en matière d’études, d’outils d’aide à la décision, de mécanismes de suivi-évaluation, de dispositifs d’information digitale et d’alerte précoce et enfin, de renforcement des capacités des acteurs. Ces éléments devraient contribuer à orienter et à encadrer les évolutions envisagées, afin de garantir une stratégie régionale plus efficace, inclusive, résiliente et adaptée aux nouveaux enjeux de sécurité alimentaire et nutritionnelle dans l’espace communautaire.

Les travaux ont débouché sur une matrice de propositions et de recommandations, incluant des options de réforme susceptibles d’alimenter efficacement le processus de révision de la Stratégie régionale de stockage de sécurité alimentaire ainsi que celle de la politique agricole régionale.

Rappelons que la réserve régionale de sécurité alimentaire bénéficie de l’appui de la Banque mondiale dans le cadre de la mise en œuvre du programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP). La capacité d’intervention de la Réserve a progressé en 2025. En effet, 4 807 609 personnes vulnérables peuvent être pris en charge pendant un mois dans la région avec le stock alimentaire disponible, soit une progression de 9% par rapport à l’année 2024 (4 424 415  personnes), et une atteinte de la cible finale du programme (2026) de 132%.

Facilitation des échanges commerciaux en Afrique de l’Ouest : des données recueillies dans cinq pays révèlent les obstacles à l’application des procédures et des règlements régionaux

Publié le 30 juin 2026

À l’aube, lorsque les premiers camions quittent les marchés animés de Maradi, au Niger, la route vers les pays voisins s’étire comme une promesse. À l’arrière des remorques, des sacs d’oignons, de souchet, de niébé, d’arachide soigneusement empilés attendent de franchir les frontières pour rejoindre les étals du Ghana ou du Togo. Sous le soleil du Sahel, les camions chargés de produits avancent lentement, comme s’ils portaient avec eux l’espoir de milliers de producteurs.

Mais pendant longtemps, ce voyage n’a rien d’une simple traversée. Pour les commerçants, les transporteurs et les agriculteurs de la région, transporter des produits agricoles d’un pays à l’autre ressemble souvent à un parcours rempli plein d’obstacles.

Les frontières, ici, ne sont pas seulement des lignes tracées sur une carte. Elles sont faites de formulaires à remplir, de contrôles à franchir et de procédures à respecter.

Pour Abdou Magagi, transporteur nigérien depuis plus de quinze (15) ans, chaque voyage est une aventure incertaine. « Nous pouvons passer des heures, parfois toute une journée, à un seul poste de contrôle », souligne-t-il. « Les camions s’alignent, les papiers sont vérifiés pendant plusieurs heures. Pendant ce temps, les produits perdent de la valeur et nous perdons de l’argent. »

À Makeni, en Sierra Leone, Mariama Kamara, productrice de riz, observe avec résignation les limites du système des échanges commerciaux entre les pays en Afrique de l’Ouest « Nous produisons beaucoup de riz ici », explique-t-elle. « Mais vendre au-delà de la frontière est compliqué. Les procédures sont longues et coûteuses. Beaucoup de producteurs préfèrent vendre localement, même à un prix plus bas. »

Ainsi, le commerce intrarégional en Afrique de l’Ouest reste encore limité malgré le dynamisme de l’agriculture régionale, et ne représente qu’environ 12 % des exportations totales, loin derrière l’Asie (59 %) ou l’Europe (69 %).

Des réalités désormais documentées avec des chiffres à travers le Scorecard

Face à ces défis, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), avec l’appui du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP/PRSA) financé par la Banque mondiale, a décidé d’agir.

Pour mieux comprendre les entraves et orienter les réformes, un outil inédit a été mis en place. Il  s’agit du Tableau de bord du commerce et des marchés agricoles de la CEDEAO, appelé le Scorecard.

Derrière ce nom technique se cache un instrument puissant. Le tableau de bord collecte et analyse des données sur les politiques commerciales agricoles, les procédures douanières, les infrastructures de transport et les marchés d’intrants agricoles. Il vise à donner aux décideurs une vision claire des obstacles qui freinent le commerce régional et mesurer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des politiques commerciales communes.

Le tableau de bord (Scorecard) met en évidence les forces et les faiblesses des pays dans le contexte du commerce agroalimentaire, sensibilise à l’état de mise en œuvre des politiques commerciales et renforce l’exécution des cadres politiques existants au niveau national. À moyen et long termes, il contribue à améliorer l’environnement commercial général et à accroître le commerce intrarégional de produits agroalimentaires, dans le but d’améliorer la résilience du système alimentaire ouest-africain.

En fin 2024 et début 2025, l’outil a d’abord été testé au Ghana, au Niger, en Sierra Leone, au Togo et au Tchad, cinq (05) pays pilotes où des équipes techniques nationales ont collecté et analysé des données sur le terrain.

Les chiffres racontent la même histoire. En moyenne, un commerçant consacre six (06) jours à rassembler et traiter les documents nécessaires pour exporter ou importer des produits agricoles, auxquels s’ajoute 1,6 jours pour accomplir les formalités douanières. Même une fois ces démarches terminées, la route reste semée d’obstacles. Il lui faut environ une journée pour parcourir 100 kilomètres, avec au moins deux (02) contrôles routiers sur cette même distance.

Selon les données collectées, les commerçants consacrent en moyenne près de 10 % de la valeur de leurs marchandises aux coûts liés à la documentation, aux formalités frontalières et au transport. Avant même d’atteindre le marché, une partie des bénéfices s’évapore déjà.

Les données collectées ont rapidement mis en lumière les défis persistants. Par exemple, malgré l’objectif de création d’un marché commun régional, la mise en œuvre des politiques et réglementations commerciales de la CEDEAO n’atteint en moyenne qu’environ 30 % dans les pays pilotes. L’ambition de supprimer les droits de douane, les quotas et les restrictions commerciales prévues dès la fin des années 1990, n’est réalisée qu’à environ 25 %.

En 2022, 90 % des produits et intrants agricoles importés restaient encore soumis à des droits de douane ou à des taxes équivalentes. Par ailleurs, 60 % des échanges régionaux étaient toujours soumis à des restrictions ou interdictions commerciales. Dans le même temps, 3/4 des exportations agroalimentaires demeuraient assujetties à des taxes à l’exportation et plus de la moitié à des quotas d’importation.

Malgré les nombreux défis/contraintes dans le respect des politiques et réglementations commerciales de la CEDEAO, des avancées ont été notées. Des progrès satisfaisants ont été enregistrés dans la mise en œuvre des réformes visant à faciliter les échanges commerciaux au sein de l’espace de la CEDEAO. Le Tarif extérieur commun (TEC) est désormais appliqué de manière effective dans l’ensemble des pays pilotes, contribuant à l’harmonisation des politiques tarifaires et à une meilleure prévisibilité des échanges. Parallèlement, les obstacles liés au traitement des certificats d’origine (CO) et des autres documents commerciaux transfrontaliers ont été supprimés ou considérablement réduits, ce qui a permis de simplifier les procédures, de raccourcir les délais et de diminuer les coûts pour les opérateurs économiques. On observe également une reconnaissance mutuelle accrue et un traitement plus efficace des documents commerciaux entre les pays pilotes et les autres États membres, renforçant ainsi la fluidité des échanges intracommunautaires. Enfin, l’ensemble des pays pilotes a mis en place des mécanismes de surveillance, des systèmes de recours transfrontaliers ainsi que des cadres de concertation appropriés pour le traitement des mesures non tarifaires, améliorant de manière notable la gestion et la résolution des entraves au commerce.

Diverses recommandations aux acteurs et partenaires pour améliorer la situation…

Le tableau de bord du commerce et du marché agricoles de la CEDEAO devrait être pleinement mobilisé comme un outil stratégique de suivi des progrès réalisés vers l’atteinte des objectifs du Schéma de libéralisation des échanges (SLE) de la CEDEAO appliqué aux produits et intrants agricoles.

  • Pour arriver à atteindre les objectifs de cet outil, à court terme, il est impératif de réduire et de rationaliser le nombre de points de contrôle le long des corridors commerciaux régionaux, tandis qu’à long terme, des partenariats structurants doivent être développés pour moderniser les infrastructures routières qui les desservent.
  • Parallèlement, les pays sont appelés à identifier de manière systématique les obstacles existants et à élaborer des plans d’action assortis de délais précis afin de renforcer la collaboration, ainsi que la coordination et la coopération dans les domaines douanier, administratif et des procédures frontalières.
  • Des efforts soutenus, également encadrés par des échéances claires, sont nécessaires pour mettre à jour et élargir significativement la liste des intrants agricoles enregistrés, dans une perspective d’harmonisation accrue. En outre, afin de stimuler la concurrence, il est essentiel de repérer et de lever les entraves à l’intégration du secteur privé dans le domaine des intrants agricoles, tout en encourageant activement sa participation.
  • L’élaboration et la mise en œuvre à grande échelle d’un plan global de renforcement des capacités et de formation s’imposent pour constituer une masse critique de professionnels agréés dans les chaînes de valeur des semences et des engrais.
  • Enfin, dans les pays et au niveau régional, les acteurs devront poursuivre les activités de sensibilisation des décideurs et des parties prenantes pour la mise en œuvre des recommandations. Après la phase de collecte des données de 2025, la phase suivante visera le suivi de la mise en œuvre des recommandations tout en élargissant l’outil aux autres pays de la CEDEAO en vue d’améliorer les échanges commerciaux aussi bien dans les pays qu’entre les pays.

Accroître les investissements pour faire avancer l’agenda rizicole de l’Afrique de l’Ouest

Publié le 6 juin 2026

Les dirigeants et partenaires ouest-africains ont conclu la Table ronde sur les investissements dans le secteur rizicole en Afrique de l’Ouest avec un message clair et fort : la région a besoin de davantage d’investissements dans la filière rizicole afin de renforcer la sécurité alimentaire, réduire les importations et créer des emplois.

Cet événement de deux jours, organisé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Groupe de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, et accueilli par le Gouvernement du Ghana, a réuni des ministres, 15 délégations nationales, des investisseurs, des dirigeants d’entreprises agroalimentaires et des experts techniques. Leur objectif était de favoriser la mobilisation de partenariats financiers et techniques concrets pour soutenir les Plans d’action nationaux d’investissement dans le riz. Alors que la demande de riz augmente plus rapidement que la production locale, les participants ont souligné la nécessité d’investissements massifs et coordonnés pour permettre à l’Afrique de l’Ouest de se rapprocher de l’autosuffisance rizicole à l’horizon 2035.

Domaines d’investissement prioritaires

La table ronde s’est concentrée sur des opportunités d’investissement concrètes tout au long de la chaîne de valeur du riz. Celles-ci comprennent l’irrigation, les systèmes semenciers, la mécanisation, le décorticage et la transformation, le stockage, le transport et le commerce. L’un des principaux résultats a été la présentation d’un solide portefeuille régional de projets fondés sur les stratégies nationales de développement de la filière rizicole. Les participants ont également appelé à une meilleure coordination des politiques, à des mécanismes de partage des risques et à un renforcement des partenariats public-privé afin de transformer les plans en projets concrets.

Collaborations régionales

La réunion a également renforcé l’engagement des gouvernements, des organisations régionales, des partenaires de développement et du secteur privé à travailler plus étroitement ensemble. Les participants ont soutenu un suivi renforcé à travers des plateformes régionales de coordination, notamment l’Observatoire du riz de la CEDEAO, et ont contribué à créer une dynamique en faveur d’un Pacte régional d’investissement dans le riz destiné à orienter les prochaines étapes.

En réunissant les principaux acteurs publics et privés autour d’un agenda régional commun, la table ronde a démontré la valeur de développement du secteur rizicole ainsi que son potentiel commercial et de création d’emplois. Elle a également mis en évidence l’importance de partenariats solides pour bâtir une économie rizicole ouest-africaine plus compétitive, résiliente et inclusive.

Ressources mobilisées

La Table ronde régionale sur les investissements dans le riz a permis de mobiliser plus de 1,54 milliard de dollars américains sous forme d’engagements fermes à travers les pays participants, témoignant d’une forte dynamique en faveur de l’accélération de la transformation du secteur rizicole et du renforcement de la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. Au total, 111 engagements ont été enregistrés, dont 24 engagements publics prêts à être annoncés, 32 engagements en cours de discussion et 55 manifestations d’intérêt provenant des banques multilatérales de développement, des institutions financières, des bailleurs de fonds et des investisseurs du secteur privé.

Lancement du Pacte AgriConnect du Ghana

En marge de l’événement, le Gouvernement du Ghana, avec l’appui du Groupe de la Banque mondiale, a lancé son Pacte AgriConnect le 3 juin. Cette initiative dirigée par le pays place l’agriculture au cœur de la transformation économique, de la création d’emplois et de l’agenda de résilience du Ghana. Elle vise à créer plus de 2,6 millions d’emplois, à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de près de 3 millions de personnes et à attirer un programme d’investissement de 3,5 milliards de dollars sur cinq ans.

Le Pacte se concentre sur des chaînes de valeur prioritaires telles que le riz, le maïs, le cacao, le palmier à huile et la volaille, tout en soutenant des réformes destinées à accroître la productivité et à attirer les investissements privés. Grâce à une approche systémique intégrant l’irrigation, la mécanisation, l’agriculture intelligente face au climat et l’innovation numérique, cette initiative démontre l’engagement du Ghana en faveur d’une agriculture moderne orientée vers le marché et constitue un exemple fort pour la région.

Synthèse régionale des missions d’appui du FSRP : des progrès significatifs dans la mise en œuvre du programme

Publié le 7 mars 2026

Du 2 au 3 mars 2026, à Lomé/Togo, plus 80 participants venus du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Sénégal, de la sierra Leone, du Tchad et du Togo ainsi que du CILSS, du CORAF, de la CEDEAO et de la Banque mondiale se sont retrouvés pour faire le bilan des missions d'appui des pays et des institutions régionales dans la mise en œuvre du Programme. La rencontre de Lomé a permis de renforcer la coordination des activités régionales et nationales, de favoriser les échanges d'expériences et de renforcer les synergies entre tous les acteurs et partenaires du programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP/PRSA).

 

Après Accra au Ghana, où s’est tenue en mars 2025 la réunion régionale de synthèse des missions d’appui, les acteurs et partenaires de mise en œuvre du FSRP, au cours de la rencontre de 2026 à Lomé au Togo, ont examiné les progrès accomplis et opéré les ajustements nécessaires pour l’atteinte des objectifs du programme.

Les activités relatives aux services de conseil numérique pour la prévention des crises alimentaires, de durabilité et d’adaptation de la base productive et de facilitation du commerce intrarégional en Afrique de l’Ouest ont été passées en revue aussi bien au niveau régional que dans les pays. Les échanges ont porté également sur la consolidation de la coordination entre les niveaux régional et national, afin de maximiser les synergies et renforcer l'apprentissage mutuel entre les parties prenantes du FSRP.

Dans l’ensemble, il ressort que les actions menées dans les pays et au niveau régional ont atteint en 2025, un total de 3 528 5743 bénéficiaires directs dont 35% de femmes, depuis sa mise en œuvre dans l’ensemble des huit (08) pays bénéficiaires que sont le Burkina Faso, le Ghana, le Mali, le Niger, le Sénégal, la sierra Leone, le Tchad et le Togo.

Malgré un contexte difficile de mise en œuvre des activités sur le terrain résultant des défis socio-politiques et sécuritaires, des réalisations majeurs ont été notés en termes d’accessibilité des populations aux informations climato-agricoles, à la création et la diffusion des technologies et innovations résilientes, à la facilitation du commerce transfrontalier et à l’accompagnement des acteurs pour le développement des réserves agricoles.  Ces résultats ont été salués par les partenaires à tous les niveaux, qui ont réitéré la nécessité renforcer les échanges entre les acteurs nationaux et les acteurs régionaux, une spécificité du programme comme l’ont souligné, au cours de la cérémonie d’ouverture de la rencontre, le Directeur Exécutif de l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA), le Directeur Exécutif du CORAF, le représentant du CILSS, la Chargée du programme  (TTL) du FSRP au niveau de la Banque mondiale et le Directeur de Cabinet du Ministre de l’agriculture, de la pêche, des ressources animales et de la souveraineté alimentaire du Togo. 

Ces derniers ont également souligné la spécificité du FSRP, qui aborde une large gamme de thématiques dont l’agrométéorologie, le changement climatique, l’employabilité des femmes et des jeunes, la sécurité sanitaire des aliments, le commerce des produits agricoles, la libre circulation des produits agricoles, la gestion durable des terres, la gestion rationnelle des ressources naturelles, les crises alimentaires.

Au regard de ces réalisations majeures enregistrées tant au niveau des pays qu’à l’échelle régionale, le FSRP s’inscrit dans une dynamique soutenue visant à contribuer efficacement à la prévention et à la gestion des crises agricoles et alimentaires dans la sous-région, pour renforcer la résilience des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux et pour faciliter le commerce de biens et d'intrants agricoles à l'intérieur et au-delà des frontières nationales en Afrique de l'Ouest.

Les discussions approfondies ont permis de capitaliser les bonnes pratiques et de favoriser une meilleure intégration des approches innovantes visant à améliorer la sécurité alimentaire, la résilience des systèmes agricoles et l'accès aux marchés.

Une session spéciale consacrée à une compétition de vidéos sur les cas de succès a permis de visionner onze (11) productions mettant en lumière des résultats concrets obtenus tant au niveau des pays qu’à l’échelle régionale, autour de thématiques variées. À l’issue de l’évaluation du jury, les vidéos du Mali, du CORAF et du Niger ont été respectivement classées troisième, deuxième et première, et ont été récompensées par des trophées.

La session de l’année 2026 de la synthèse des missions d’appui aux pays et aux institutions régionales dans la mise en œuvre du programme été l’occasion de rendre un hommage appuyé à Mme Maty BADIAO, Coordonnatrice régionale du FSRP, qui a fait le choix de se retirer de ses fonctions afin de prendre un repos bien mérité, après plus de quarante (40) années consacrées au développement agricole de la sous-région. À l’unanimité, les participants ont salué son engagement exemplaire, sa rigueur professionnelle ainsi que son sens élevé du travail bien accompli, qui ont marqué l’ensemble de sa carrière. Ils lui ont exprimé leur profonde reconnaissance pour sa contribution remarquable aux avancées du secteur agricole et au renforcement des initiatives régionales en faveur de la résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l’Ouest.

La commercialisation des denrées alimentaires en Afrique de l'Ouest : les avantages, les inconvénients et les perspectives

Publié le 17 février 2026

Le commerce intra-régional des produits agricoles et alimentaires est essentiel à la résilience du système alimentaire en Afrique de l'Ouest, mais des difficultés persistantes entraînent une baisse des flux commerciaux officiels par rapport à d'autres régions d'Afrique. Plusieurs politiques ont été élaborées pour faciliter et renforcer les flux commerciaux dans toute la sous-région. Il s'agit notamment du Programme de libéralisation des échanges de la CEDEAO (ETLS), de la Politique agricole commune de la CEDEAO (ECOWAP) et de la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA). Si l'adoption de ces politiques et cadres peut être saluée, les faits montrent que les États membres de la CEDEAO ont du mal à mettre en œuvre ces politiques normatives.

Par la suite, grâce au Programme de résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l'Ouest (FSRP) financé par la Banque mondiale à hauteur de 1,2 milliard de dollars américains, la CEDEAO a conçu et mis en place la carte de pointage du commerce et des marchés agricoles de la CEDEAO (EATM-S) comme initiative phare, afin de surveiller et d'améliorer la conformité des États membres aux normes convenues.

Les avantages

L'Afrique de l'Ouest est une région intégrée et bien établie depuis le début du VIIIe siècle. Elle a abrité les premiers empires africains connus, tels que l'empire du Ghana et l'empire du Mali (également connu sous le nom de Mandé) au XIIIe siècle, qui comprenaient les territoires de plusieurs pays actuels d'Afrique de l'Ouest. Ces deux empires entretenaient de solides relations commerciales avec leurs voisins. Ils disposaient d'importantes réserves d'or et se trouvaient au carrefour des routes commerciales provenant du nord (région du Maghreb) et du sud (région du Soudan). Outre l'or, le cuivre et le sel, les produits agricoles faisaient l'objet d'un commerce intense dans la région (Source : Niane, 1987). Le commerce était facilité par la présence de groupes ethnolinguistiques homogènes établis dans plusieurs pays, qui ont ensuite été fragmentés pendant la période coloniale. Il s'agissait notamment du groupe mandingue, présent au Mali, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, en Guinée, en Guinée-Bissau et en Gambie, ainsi que du groupe peul, présent au Mali, au Sénégal, au Burkina Faso, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Ghana, au Bénin, au Niger et au Nigeria. (Source : Bouet et al, 2024).

Créée en 1975, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a été mise en place pour assurer la stabilité et l'intégration régionale en Afrique et, au fil du temps, elle a élargi son mandat pour inclure des dimensions politiques. Une étape importante a été franchie peu après, avec le lancement de l'ETLS en 1979 afin de favoriser le commerce régional. L'ETLS couvrait initialement les produits agricoles et non transformés (pour des raisons de sécurité alimentaire) et l'artisanat, avant d'être étendu aux produits industriels en 1990.

Dans cette optique, le Ghana, membre éminent de la CEDEAO, continue de participer aux efforts d'intégration régionale de la CEDEAO par son engagement en faveur de la ratification et de l'harmonisation de plusieurs politiques et initiatives commerciales telles que l'ETLS, l'ECOWAP et la mise en place de l'AfCFTA au Ghana.

Les inconvénients

Malgré tous ces progrès régionaux, l'harmonie espérée n'est qu'un mirage dans toute la sous-région. À l'heure actuelle, rien n'indique que cette situation ait changé au cours de la période considérée. Les barrières, les points de contrôle, les interpellations incessantes et les inspections routières existent toujours. Les droits de douane élevés et autres frais mineurs, les exigences documentaires quasi intimidantes aux frontières, les obstacles administratifs, les longues heures d'attente et les retards, les restrictions et interdictions, ainsi que la mauvaise qualité des infrastructures routières dans tous les pays persistent, sans parler des vols, des harcèlements et des abus dont sont victimes les commerçantes, et des guerres civiles qui continuent de nuire aux activités commerciales dans la sous-région.

Pour les commerçants de produits alimentaires et agricoles, les conséquences sont encore plus graves. Imaginez que vous transportiez des tomates d'un pays à un autre et que vous deviez passer par de nombreux barrages, être arrêté et immobilisé pendant des heures, exposant ainsi les denrées alimentaires aux aléas climatiques. Cela entraîne inévitablement une perte de valeur nutritionnelle des denrées alimentaires, à supposer qu'elles parviennent à destination dans un état commercialisable. Cela réduit la marge bénéficiaire du commerçant, d'où la tendance à augmenter légèrement les prix des quelques produits qui parviennent au marché, afin de compenser les pertes. Cela décourage également d'autres commerçants de se lancer dans cette activité, laissant le commerce entre les mains d'une poignée de commerçants qui dictent leurs conditions sur le marché. Le bétail n'est pas épargné non plus. Les longs trajets sur des routes souvent cahoteuses les désorientent, sans compter la déshydratation sous un soleil de plomb à travers les fuseaux horaires. Certains finissent par ne pas survivre au voyage.

La promesse

Compte tenu de ces éléments, le mécanisme de mesure et de suivi des performances de l'EATM-S de la CEDEAO vise à identifier les lacunes dans la mise en œuvre nationale des politiques régionales en matière d'agriculture et de commerce alimentaire.

Grâce à l'EATM-S, la CEDEAO surveille et évalue les progrès réalisés ou non par les pays membres pour éliminer les obstacles, accélérer les échanges, réduire les coûts et augmenter de manière significative les volumes d'échanges de produits alimentaires et agricoles (en particulier le maïs et le riz dans toute la sous-région, de 20 % à 30 % d'ici 2028). Dans le cadre du processus d'évaluation, les autorités publiques et les organismes de réglementation de la sous-région, tels que les autorités douanières et les organismes de normalisation, les chambres de commerce, les experts/praticiens du commerce et les groupes de défense des entreprises, ont été interrogés afin d'obtenir des informations essentielles pour suivre la mise en œuvre nationale des politiques et réglementations régionales. Les fabricants, les grossistes, les détaillants, les commerçants transfrontaliers, les transitaires, les entreprises de logistique/expédition et de transport ont également divulgué certaines informations cruciales.

L'enquête de la CEDEAO s'est concentrée sur une série de protocoles et de processus administratifs transfrontaliers, tels que l'ampleur et la valeur des importations et des exportations intra-régionales de produits et d'intrants agricoles, les restrictions, le temps passé, les coûts, les interdictions et les exigences en matière de documentation, les droits de douane ou autres frais, ainsi que la qualité des infrastructures de transport et la fréquence des inspections routières et des points de contrôle. Les résultats de cette évaluation permettront d'accroître encore la transparence et la responsabilité du commerce agricole dans la sous-région. Les résultats des scores de cette année devraient être publiés au cours du troisième trimestre 2025, lorsque les performances de chaque pays membre en matière de renforcement ou d'entrave au commerce transfrontalier seront connues de tous.

La stratégie du Ghana

Au début de son deuxième mandat, le président Mahama a entrepris une série de « tournées de bon voisinage » visant à renforcer les relations diplomatiques et économiques avec les pays voisins du Ghana. Lors de sa visite au Mali, il a souligné le rôle essentiel que jouent les chauffeurs routiers longue distance dans l'économie des deux pays. Il a reconnu les difficultés auxquelles sont confrontés ces transporteurs, notamment les procédures douanières fastidieuses, les barrages routiers, les retards aux postes-frontières et les frais non officiels imposés le long du trajet. Le président a exprimé l'engagement indéfectible de son administration à renforcer le commerce régional en veillant à ce que tous les obstacles entravant la fluidité du transport des marchandises entre le Ghana et le Mali soient supprimés. De même, au Burkina Faso, le président Mahama a annoncé que des discussions étaient en cours pour mettre en place des vols quotidiens directs entre Accra et Ouagadougou. Cette initiative vise à stimuler le commerce, la connectivité et les relations transfrontalières entre le Ghana et le Burkina Faso, renforçant ainsi les liens bilatéraux.

Ces mesures prises par le Ghana sont en effet cruciales pour favoriser le commerce intra-régional et la croissance économique, et pour améliorer les relations entre le Ghana et ses voisins.

Grâce au financement de la Banque mondiale, le FSRP Ghana modernise déjà des installations telles que les laboratoires et les bureaux appartenant à la Direction des services de protection et de réglementation des végétaux (PPRSD) du ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture (MoFA) dans quatre postes frontaliers situés à Paga, Hamile, Sampa et Aflao. Le projet prévoit également la modernisation de certains marchés de gros – Bolga, Abofour, Ejura, Agogo et Denu – où se déroulent d'importants échanges intra-régionaux de riz, de maïs, entre autres. Ces interventions faciliteraient non seulement l'amélioration des activités sanitaires et phytosanitaires (SPS), mais stimuleraient également le commerce agricole entre le Ghana et ses voisins.

L'ombre de l'ECOMOG

« FSRP Ghana » estime que là où le commerce et les échanges font défaut, les conflits et la faim s'installent ! Dans le passé, la CEDEAO était principalement reconnue pour ses activités de maintien de la paix dans la sous-région, notamment par le biais du Groupe de contrôle du cessez-le-feu de la CEDEAO (ECOMOG). Le Ghana a joué un rôle central dans ces efforts visant à promouvoir et à consolider la paix et la stabilité régionales, grâce à sa contribution en troupes, en munitions, en renseignements, en financement et en diplomatie. Mais aujourd'hui, l'ECOWAS, la Banque mondiale, le Ghana et les pays frères du FSRP prennent les armes contre la faim, les dangers climatiques et l'insécurité alimentaire. Du point de vue du « FSRP Ghana », les efforts de maintien de la paix menés par l'ECOWAS ont offert au Ghana une plateforme pour mettre en avant ses GÉNÉRAUX. De la même manière, une campagne menée par l'ECOWAS contre l'insécurité alimentaire devrait produire des « généraux de l'agriculture » pour le Ghana !

La CEDEAO valide de nouveaux projets de règlements pour faciliter le commerce des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel

Publié le 17 novembre 2025

Une quarantaine de personnes représentants les Etats membres de la CEDEAO, du CILSS, de l’UEMOA et les experts des questions agricoles et juridiques et leurs partenaires techniques et au développement se sont retrouvés du 10 au 12 novembre 2025 à Lomé pour examiner et valider les projets de rapports et règlements sur les mesures administratives et techniques pour faciliter le commerce des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Cette rencontre régionale organisée par la Commission de la CEDEAO a été une occasion de passer en revue les contenus des rapports des consultants sur les obstacles à la libre circulation des produits agricoles aux frontières mais aussi quelques incohérences issues des règlements existants.

Le commerce intracommunautaire des produits agricoles, céréales, racines, bétail, produits horticoles et agroalimentaires transformés, joue un rôle clé dans la stabilisation des prix, la valorisation des chaînes de valeur régionales et la promotion de la souveraineté alimentaire. Il constitue la principale source de revenus pour la majorité des ménages ruraux et un pilier de la sécurité alimentaire régionale.

Malgré cette importance, la fluidité du commerce régional fait face à une série de défis persistants, notamment les barrières tarifaires et non tarifaires, les restrictions locales et autres interdictions d’exporter et d’importer, qui entravent la libre circulation des marchandises. Ces obstacles sont complétés par des lenteurs administratives résultant de procédures douanières complexes. De plus, on observe une méconnaissance des règles régionales qui gouvernent le commerce intrarégional, principalement les dispositions du Schéma de Libéralisation des Échanges (SLE) de la CEDEAO.  Ces difficultés structurelles sont exacerbées par l’insuffisance des infrastructures logistiques et de stockage et par un manque de coordination entre les États, ce dernier point se manifestant par une faible application des réformes pourtant adoptées.

Pour contribuer à lever les contraintes sus mentionnées, la Commission de la CEDEAO a mené en 2019 une étude visant à identifier les mesures administratives et techniques favorisant la libre circulation des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest. Cinq ans après, au regard des évolutions réglementaires, il a été jugé nécessaire non seulement d’actualiser les projets de rapports de cette étude, mais également de proposer des projets  de règlements visant à harmoniser les mesures administratives et techniques identifiées par l’étude, pour faciliter le commerce agricole intrarégional.

En travaux de groupes et en plénière, les participants ont parcouru les documents soumis à leur examen pour y apporter les corrections et actualisations nécessaires.

Pendant trois jours, les participants ont partagé leurs expériences, leurs idées et fait des suggestions pour améliorer les projets de règlements proposés par les consultants. Les travaux visaient à rendre opérationnel le SLE en dotant la région de documents de qualité et contribuer ainsi à bâtir un avenir plus prospère et plus durable pour la sous-région.

Les projets de règlements enrichis des amendements de la réunion de Lomé seront soumis dans un bref délai aux directions de la Commission de la CEDEAO pour amendement avant transmission aux Etats pour une consultation avec les acteurs clés du commerce transfrontalier. Les documents seront par la suite soumis aux experts concernés avant approbation par le Conseil des Ministres. Cette vaste consultation vise à s’assurer de l’appropriation du contenu des textes et partant, de leur application une fois adoptés par les instances régionales.

Validation régionale des résultats de l’étude de faisabilité du mécanisme de financement des risques pour la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest

Publié le 10 novembre 2025

La CEDEAO, à travers l’Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation (ARAA) et avec l’appui de la Banque mondiale dans le cadre du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA/FSRP), a organisé, le 29 octobre 2025 par visioconférence, un atelier régional de validation et de dissémination des résultats de l’étude de faisabilité d’un instrument régional de financement des risques agricoles et alimentaires au profit de la Réserve Régionale de Sécurité Alimentaire (RRSA).

Cette rencontre a réuni une quarantaine de représentants des États membres, des institutions régionales (CEDEAO, UEMOA, CILSS, BIDC), des partenaires techniques et financiers (Banque mondiale, PAM, FAO) ainsi que le cabinet WTW/Munich Re. En une demi-journée de travaux, les participants ont approuvé les résultats techniques de l’étude, discuté des conclusions opérationnelles et identifié les principales étapes pour la mise en œuvre du futur dispositif.

Depuis sa création en 2013, la RRSA constitue un instrument essentiel de solidarité et de réponse rapide face aux crises alimentaires. Toutefois, face à l’intensification des chocs et à l’ampleur croissante des besoins financiers, la seule mobilisation de stocks physiques ne suffit plus à répondre efficacement aux crises alimentaires ni à garantir durablement la sécurité alimentaire, en appui aux efforts déployés par les pays de la région. C’est dans cette perspective qu’a été engagée la conception d’un mécanisme régional de financement des risques (Disaster Risk Financing – DRF), visant à compléter et à renforcer la fonction de la réserve régionale.

Ce mécanisme innovant permettra, à terme, à la CEDEAO de disposer de ressources financières anticipées, déclenchées de manière objective, transparente et rapide grâce à l’utilisation d’indices paramétriques. Il s’agit d’une évolution majeure, marquant le passage d’une logique de réaction à une véritable culture de prévention.

L’étude de faisabilité, conduite par le consortium Willis Towers Watson (WTW) et Munich Re sous la supervision de la Banque mondiale et de la CEDEAO, a posé les bases techniques et institutionnelles nécessaires à l’opérationnalisation de ce dispositif. Les participants ont pu examiner en détail les risques agricoles et alimentaires caractérisant la région, sur la base des indices SPI-3 et des analyses du Cadre Harmonisé. Ils ont également pris connaissance des résultats comparatifs de différents instruments financiers (assurance paramétrique, lignes de crédit contingentes, etc.).

Les échanges ont révélé la sous-capacité actuelle de la RRSA, laquelle limite son rôle comme troisième ligne de défense au niveau régional, ainsi que la non-viabilité immédiate d’une assurance paramétrique autonome en raison de son coût et de ses exigences institutionnelles. Dans cette optique, les participants ont souligné la nécessité de structurer une réserve financière, de définir un système de déclenchement prédictible et d’explorer des approches hybrides incluant notamment des solutions de crédit contingentes et des partenariats avec l’ARC et le PAM.

Au terme des travaux, les trois rapports techniques ont été validés et les recommandations suivantes ont été formulées : (i) expérimenter, à court terme, des solutions pilotes fondées sur les indices SPI-3 et CH, tout en renforçant la gouvernance opérationnelle et financière de la RRSA ; (ii) consolider, à moyen terme, les capacités techniques et institutionnelles de la réserve et tester un mécanisme régional multi-indices ; (iii) opérationnaliser, à long terme, un mécanisme d’assurance régional autonome, intégré à la stratégie de résilience et de souveraineté alimentaire de la CEDEAO.

Bénin : la CEDEAO forme 30 inspecteurs sur le Guide Harmonisé d’Inspection Sanitaire et sensibilise les acteurs du commerce transfrontalier sur le Certificat SPS Harmonisé

Publié le 2 octobre 2025

Au total, ce sont trente (30) inspecteurs représentant les différentes structures en charge du contrôle sanitaire au Benin qui ont répondu présents du 9 au 11 septembre 2025 à Cotonou, à la formation sur le Guide Harmonisé d’Inspection Sanitaire et de prise de Décision basée sur le Risque.

Organisée dans le cadre de la mise en œuvre du programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA), cette rencontre a été une opportunité de renforcer les capacités des inspecteurs du Bénin en vue de permettre au pays de tirer profit du marché régional voire continental des produits agricoles et agroalimentaires pour renforcer la sécurité sanitaire et nutritionnelles des aliments.

En rappel, le Guide d’inspection Sanitaire élaboré par la CEDEAO a été adopté en vue, entre autres, d’harmoniser les méthodes d’inspection et de prise de décision basées sur les risques et les données scientifiques, d’accroitre la transparence dans les inspections, et de faciliter la libre circulation des produits agro-sylvo-pastoraux en levant es obstacles techniques au commerce dans les Etats membres de la CEDEAO et du Sahel.

Comme dans les autres pays, la formation sur le Guide Harmonisé d’Inspection Sanitaire a été suivie le 12 septembre 2025, par une journée de sensibilisation des acteurs du commerce transfrontalier sur le Certificat SPS Harmonisé. L’adoption de ce certificat SPS répond au souci d’harmonisation des normes SPS nationales et leur adaptation aux bonnes pratiques internationales dont l’Accord SPS de l’Organisation mondiale du Commerce et l’Annexe 7 de la ZLECAf (portant sur les SPS), en vue de réduire les obstacles techniques aux échanges intra-communautaires des produits agro-sylvo-pastoraux, tout en préservant la santé humaine et animale et la protection des végétaux. 

Cinquante participants provenant aussi bien du secteur privé que public ont honoré de leur présence cette journée de sensibilisation organisée avec le soutien de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin.

Outre la présentation du Certificat Phytosanitaire Harmonisé, les participants se sont familiarisés avec les autres protocoles adoptés par la CEDEAO, pour faciliter le commerce intra-communautaire, à savoir : le Schéma de Libéralisation des Échanges (SLE), le Tarif Extérieur Commun (TEC), le transit Communautaire, etc. 

Mission d’appui de la Banque mondiale auprès de la CEDEAO : des progrès dans la mise en œuvre du FSRP

Publié le 7 septembre 2025

L’équipe régionale de la Banque mondiale a conduit une mission d’appui au Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP/PRSA) auprès de la CEDEAO du 25 au 26 août 2025. La rencontre, organisée au siège de l’Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation (ARAA) à Lomé/Togo, a évalué l’avancement des composantes Facilitation du commerce régional et la Coordination globale,  et a identifié des solutions pour améliorer la mise en œuvre du programme.

Les équipes de la Banque mondiale et de la CEDEAO étaient dirigées respectivement par Dr Ashwini Sebastian, TTL du FSRP, et par M. Alain Sy Traore, Directeur de l'Agriculture et du Développement Rural (DADR).

Durant deux (02) jours, les échanges ont porté sur les principales réalisations du premier semestre 2025 ainsi que sur le niveau de mise en œuvre des recommandations formulées lors de l’atelier de revue à mi-parcours de janvier 2025.

Globalement, la CEDEAO a enregistré des progrès notables dans la mise en œuvre du FSRP. L’équipe de coordination a été encouragée à intensifier ses efforts sur les activités techniques pouvant contribuer à faciliter le commerce agricole en Afrique de l’Ouest afin d’atteindre les indicateurs du Cadre de résultats du programme.

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