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Synthèse régionale des missions d’appui du FSRP : des progrès significatifs dans la mise en œuvre du programme

Publié le 7 mars 2026

Du 2 au 3 mars 2026, à Lomé/Togo, plus 80 participants venus du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Sénégal, de la sierra Leone, du Tchad et du Togo ainsi que du CILSS, du CORAF, de la CEDEAO et de la Banque mondiale se sont retrouvés pour faire le bilan des missions d'appui des pays et des institutions régionales dans la mise en œuvre du Programme. La rencontre de Lomé a permis de renforcer la coordination des activités régionales et nationales, de favoriser les échanges d'expériences et de renforcer les synergies entre tous les acteurs et partenaires du programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP/PRSA).

 

Après Accra au Ghana, où s’est tenue en mars 2025 la réunion régionale de synthèse des missions d’appui, les acteurs et partenaires de mise en œuvre du FSRP, au cours de la rencontre de 2026 à Lomé au Togo, ont examiné les progrès accomplis et opéré les ajustements nécessaires pour l’atteinte des objectifs du programme.

Les activités relatives aux services de conseil numérique pour la prévention des crises alimentaires, de durabilité et d’adaptation de la base productive et de facilitation du commerce intrarégional en Afrique de l’Ouest ont été passées en revue aussi bien au niveau régional que dans les pays. Les échanges ont porté également sur la consolidation de la coordination entre les niveaux régional et national, afin de maximiser les synergies et renforcer l'apprentissage mutuel entre les parties prenantes du FSRP.

Dans l’ensemble, il ressort que les actions menées dans les pays et au niveau régional ont atteint en 2025, un total de 3 528 5743 bénéficiaires directs dont 35% de femmes, depuis sa mise en œuvre dans l’ensemble des huit (08) pays bénéficiaires que sont le Burkina Faso, le Ghana, le Mali, le Niger, le Sénégal, la sierra Leone, le Tchad et le Togo.

Malgré un contexte difficile de mise en œuvre des activités sur le terrain résultant des défis socio-politiques et sécuritaires, des réalisations majeurs ont été notés en termes d’accessibilité des populations aux informations climato-agricoles, à la création et la diffusion des technologies et innovations résilientes, à la facilitation du commerce transfrontalier et à l’accompagnement des acteurs pour le développement des réserves agricoles.  Ces résultats ont été salués par les partenaires à tous les niveaux, qui ont réitéré la nécessité renforcer les échanges entre les acteurs nationaux et les acteurs régionaux, une spécificité du programme comme l’ont souligné, au cours de la cérémonie d’ouverture de la rencontre, le Directeur Exécutif de l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA), le Directeur Exécutif du CORAF, le représentant du CILSS, la Chargée du programme  (TTL) du FSRP au niveau de la Banque mondiale et le Directeur de Cabinet du Ministre de l’agriculture, de la pêche, des ressources animales et de la souveraineté alimentaire du Togo. 

Ces derniers ont également souligné la spécificité du FSRP, qui aborde une large gamme de thématiques dont l’agrométéorologie, le changement climatique, l’employabilité des femmes et des jeunes, la sécurité sanitaire des aliments, le commerce des produits agricoles, la libre circulation des produits agricoles, la gestion durable des terres, la gestion rationnelle des ressources naturelles, les crises alimentaires.

Au regard de ces réalisations majeures enregistrées tant au niveau des pays qu’à l’échelle régionale, le FSRP s’inscrit dans une dynamique soutenue visant à contribuer efficacement à la prévention et à la gestion des crises agricoles et alimentaires dans la sous-région, pour renforcer la résilience des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux et pour faciliter le commerce de biens et d'intrants agricoles à l'intérieur et au-delà des frontières nationales en Afrique de l'Ouest.

Les discussions approfondies ont permis de capitaliser les bonnes pratiques et de favoriser une meilleure intégration des approches innovantes visant à améliorer la sécurité alimentaire, la résilience des systèmes agricoles et l'accès aux marchés.

Une session spéciale consacrée à une compétition de vidéos sur les cas de succès a permis de visionner onze (11) productions mettant en lumière des résultats concrets obtenus tant au niveau des pays qu’à l’échelle régionale, autour de thématiques variées. À l’issue de l’évaluation du jury, les vidéos du Mali, du CORAF et du Niger ont été respectivement classées troisième, deuxième et première, et ont été récompensées par des trophées.

La session de l’année 2026 de la synthèse des missions d’appui aux pays et aux institutions régionales dans la mise en œuvre du programme été l’occasion de rendre un hommage appuyé à Mme Maty BADIAO, Coordonnatrice régionale du FSRP, qui a fait le choix de se retirer de ses fonctions afin de prendre un repos bien mérité, après plus de quarante (40) années consacrées au développement agricole de la sous-région. À l’unanimité, les participants ont salué son engagement exemplaire, sa rigueur professionnelle ainsi que son sens élevé du travail bien accompli, qui ont marqué l’ensemble de sa carrière. Ils lui ont exprimé leur profonde reconnaissance pour sa contribution remarquable aux avancées du secteur agricole et au renforcement des initiatives régionales en faveur de la résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l’Ouest.

La commercialisation des denrées alimentaires en Afrique de l'Ouest : les avantages, les inconvénients et les perspectives

Publié le 17 février 2026

Le commerce intra-régional des produits agricoles et alimentaires est essentiel à la résilience du système alimentaire en Afrique de l'Ouest, mais des difficultés persistantes entraînent une baisse des flux commerciaux officiels par rapport à d'autres régions d'Afrique. Plusieurs politiques ont été élaborées pour faciliter et renforcer les flux commerciaux dans toute la sous-région. Il s'agit notamment du Programme de libéralisation des échanges de la CEDEAO (ETLS), de la Politique agricole commune de la CEDEAO (ECOWAP) et de la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA). Si l'adoption de ces politiques et cadres peut être saluée, les faits montrent que les États membres de la CEDEAO ont du mal à mettre en œuvre ces politiques normatives.

Par la suite, grâce au Programme de résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l'Ouest (FSRP) financé par la Banque mondiale à hauteur de 1,2 milliard de dollars américains, la CEDEAO a conçu et mis en place la carte de pointage du commerce et des marchés agricoles de la CEDEAO (EATM-S) comme initiative phare, afin de surveiller et d'améliorer la conformité des États membres aux normes convenues.

Les avantages

L'Afrique de l'Ouest est une région intégrée et bien établie depuis le début du VIIIe siècle. Elle a abrité les premiers empires africains connus, tels que l'empire du Ghana et l'empire du Mali (également connu sous le nom de Mandé) au XIIIe siècle, qui comprenaient les territoires de plusieurs pays actuels d'Afrique de l'Ouest. Ces deux empires entretenaient de solides relations commerciales avec leurs voisins. Ils disposaient d'importantes réserves d'or et se trouvaient au carrefour des routes commerciales provenant du nord (région du Maghreb) et du sud (région du Soudan). Outre l'or, le cuivre et le sel, les produits agricoles faisaient l'objet d'un commerce intense dans la région (Source : Niane, 1987). Le commerce était facilité par la présence de groupes ethnolinguistiques homogènes établis dans plusieurs pays, qui ont ensuite été fragmentés pendant la période coloniale. Il s'agissait notamment du groupe mandingue, présent au Mali, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, en Guinée, en Guinée-Bissau et en Gambie, ainsi que du groupe peul, présent au Mali, au Sénégal, au Burkina Faso, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Ghana, au Bénin, au Niger et au Nigeria. (Source : Bouet et al, 2024).

Créée en 1975, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a été mise en place pour assurer la stabilité et l'intégration régionale en Afrique et, au fil du temps, elle a élargi son mandat pour inclure des dimensions politiques. Une étape importante a été franchie peu après, avec le lancement de l'ETLS en 1979 afin de favoriser le commerce régional. L'ETLS couvrait initialement les produits agricoles et non transformés (pour des raisons de sécurité alimentaire) et l'artisanat, avant d'être étendu aux produits industriels en 1990.

Dans cette optique, le Ghana, membre éminent de la CEDEAO, continue de participer aux efforts d'intégration régionale de la CEDEAO par son engagement en faveur de la ratification et de l'harmonisation de plusieurs politiques et initiatives commerciales telles que l'ETLS, l'ECOWAP et la mise en place de l'AfCFTA au Ghana.

Les inconvénients

Malgré tous ces progrès régionaux, l'harmonie espérée n'est qu'un mirage dans toute la sous-région. À l'heure actuelle, rien n'indique que cette situation ait changé au cours de la période considérée. Les barrières, les points de contrôle, les interpellations incessantes et les inspections routières existent toujours. Les droits de douane élevés et autres frais mineurs, les exigences documentaires quasi intimidantes aux frontières, les obstacles administratifs, les longues heures d'attente et les retards, les restrictions et interdictions, ainsi que la mauvaise qualité des infrastructures routières dans tous les pays persistent, sans parler des vols, des harcèlements et des abus dont sont victimes les commerçantes, et des guerres civiles qui continuent de nuire aux activités commerciales dans la sous-région.

Pour les commerçants de produits alimentaires et agricoles, les conséquences sont encore plus graves. Imaginez que vous transportiez des tomates d'un pays à un autre et que vous deviez passer par de nombreux barrages, être arrêté et immobilisé pendant des heures, exposant ainsi les denrées alimentaires aux aléas climatiques. Cela entraîne inévitablement une perte de valeur nutritionnelle des denrées alimentaires, à supposer qu'elles parviennent à destination dans un état commercialisable. Cela réduit la marge bénéficiaire du commerçant, d'où la tendance à augmenter légèrement les prix des quelques produits qui parviennent au marché, afin de compenser les pertes. Cela décourage également d'autres commerçants de se lancer dans cette activité, laissant le commerce entre les mains d'une poignée de commerçants qui dictent leurs conditions sur le marché. Le bétail n'est pas épargné non plus. Les longs trajets sur des routes souvent cahoteuses les désorientent, sans compter la déshydratation sous un soleil de plomb à travers les fuseaux horaires. Certains finissent par ne pas survivre au voyage.

La promesse

Compte tenu de ces éléments, le mécanisme de mesure et de suivi des performances de l'EATM-S de la CEDEAO vise à identifier les lacunes dans la mise en œuvre nationale des politiques régionales en matière d'agriculture et de commerce alimentaire.

Grâce à l'EATM-S, la CEDEAO surveille et évalue les progrès réalisés ou non par les pays membres pour éliminer les obstacles, accélérer les échanges, réduire les coûts et augmenter de manière significative les volumes d'échanges de produits alimentaires et agricoles (en particulier le maïs et le riz dans toute la sous-région, de 20 % à 30 % d'ici 2028). Dans le cadre du processus d'évaluation, les autorités publiques et les organismes de réglementation de la sous-région, tels que les autorités douanières et les organismes de normalisation, les chambres de commerce, les experts/praticiens du commerce et les groupes de défense des entreprises, ont été interrogés afin d'obtenir des informations essentielles pour suivre la mise en œuvre nationale des politiques et réglementations régionales. Les fabricants, les grossistes, les détaillants, les commerçants transfrontaliers, les transitaires, les entreprises de logistique/expédition et de transport ont également divulgué certaines informations cruciales.

L'enquête de la CEDEAO s'est concentrée sur une série de protocoles et de processus administratifs transfrontaliers, tels que l'ampleur et la valeur des importations et des exportations intra-régionales de produits et d'intrants agricoles, les restrictions, le temps passé, les coûts, les interdictions et les exigences en matière de documentation, les droits de douane ou autres frais, ainsi que la qualité des infrastructures de transport et la fréquence des inspections routières et des points de contrôle. Les résultats de cette évaluation permettront d'accroître encore la transparence et la responsabilité du commerce agricole dans la sous-région. Les résultats des scores de cette année devraient être publiés au cours du troisième trimestre 2025, lorsque les performances de chaque pays membre en matière de renforcement ou d'entrave au commerce transfrontalier seront connues de tous.

La stratégie du Ghana

Au début de son deuxième mandat, le président Mahama a entrepris une série de « tournées de bon voisinage » visant à renforcer les relations diplomatiques et économiques avec les pays voisins du Ghana. Lors de sa visite au Mali, il a souligné le rôle essentiel que jouent les chauffeurs routiers longue distance dans l'économie des deux pays. Il a reconnu les difficultés auxquelles sont confrontés ces transporteurs, notamment les procédures douanières fastidieuses, les barrages routiers, les retards aux postes-frontières et les frais non officiels imposés le long du trajet. Le président a exprimé l'engagement indéfectible de son administration à renforcer le commerce régional en veillant à ce que tous les obstacles entravant la fluidité du transport des marchandises entre le Ghana et le Mali soient supprimés. De même, au Burkina Faso, le président Mahama a annoncé que des discussions étaient en cours pour mettre en place des vols quotidiens directs entre Accra et Ouagadougou. Cette initiative vise à stimuler le commerce, la connectivité et les relations transfrontalières entre le Ghana et le Burkina Faso, renforçant ainsi les liens bilatéraux.

Ces mesures prises par le Ghana sont en effet cruciales pour favoriser le commerce intra-régional et la croissance économique, et pour améliorer les relations entre le Ghana et ses voisins.

Grâce au financement de la Banque mondiale, le FSRP Ghana modernise déjà des installations telles que les laboratoires et les bureaux appartenant à la Direction des services de protection et de réglementation des végétaux (PPRSD) du ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture (MoFA) dans quatre postes frontaliers situés à Paga, Hamile, Sampa et Aflao. Le projet prévoit également la modernisation de certains marchés de gros – Bolga, Abofour, Ejura, Agogo et Denu – où se déroulent d'importants échanges intra-régionaux de riz, de maïs, entre autres. Ces interventions faciliteraient non seulement l'amélioration des activités sanitaires et phytosanitaires (SPS), mais stimuleraient également le commerce agricole entre le Ghana et ses voisins.

L'ombre de l'ECOMOG

« FSRP Ghana » estime que là où le commerce et les échanges font défaut, les conflits et la faim s'installent ! Dans le passé, la CEDEAO était principalement reconnue pour ses activités de maintien de la paix dans la sous-région, notamment par le biais du Groupe de contrôle du cessez-le-feu de la CEDEAO (ECOMOG). Le Ghana a joué un rôle central dans ces efforts visant à promouvoir et à consolider la paix et la stabilité régionales, grâce à sa contribution en troupes, en munitions, en renseignements, en financement et en diplomatie. Mais aujourd'hui, l'ECOWAS, la Banque mondiale, le Ghana et les pays frères du FSRP prennent les armes contre la faim, les dangers climatiques et l'insécurité alimentaire. Du point de vue du « FSRP Ghana », les efforts de maintien de la paix menés par l'ECOWAS ont offert au Ghana une plateforme pour mettre en avant ses GÉNÉRAUX. De la même manière, une campagne menée par l'ECOWAS contre l'insécurité alimentaire devrait produire des « généraux de l'agriculture » pour le Ghana !

La CEDEAO valide de nouveaux projets de règlements pour faciliter le commerce des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel

Publié le 17 novembre 2025

Une quarantaine de personnes représentants les Etats membres de la CEDEAO, du CILSS, de l’UEMOA et les experts des questions agricoles et juridiques et leurs partenaires techniques et au développement se sont retrouvés du 10 au 12 novembre 2025 à Lomé pour examiner et valider les projets de rapports et règlements sur les mesures administratives et techniques pour faciliter le commerce des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Cette rencontre régionale organisée par la Commission de la CEDEAO a été une occasion de passer en revue les contenus des rapports des consultants sur les obstacles à la libre circulation des produits agricoles aux frontières mais aussi quelques incohérences issues des règlements existants.

Le commerce intracommunautaire des produits agricoles, céréales, racines, bétail, produits horticoles et agroalimentaires transformés, joue un rôle clé dans la stabilisation des prix, la valorisation des chaînes de valeur régionales et la promotion de la souveraineté alimentaire. Il constitue la principale source de revenus pour la majorité des ménages ruraux et un pilier de la sécurité alimentaire régionale.

Malgré cette importance, la fluidité du commerce régional fait face à une série de défis persistants, notamment les barrières tarifaires et non tarifaires, les restrictions locales et autres interdictions d’exporter et d’importer, qui entravent la libre circulation des marchandises. Ces obstacles sont complétés par des lenteurs administratives résultant de procédures douanières complexes. De plus, on observe une méconnaissance des règles régionales qui gouvernent le commerce intrarégional, principalement les dispositions du Schéma de Libéralisation des Échanges (SLE) de la CEDEAO.  Ces difficultés structurelles sont exacerbées par l’insuffisance des infrastructures logistiques et de stockage et par un manque de coordination entre les États, ce dernier point se manifestant par une faible application des réformes pourtant adoptées.

Pour contribuer à lever les contraintes sus mentionnées, la Commission de la CEDEAO a mené en 2019 une étude visant à identifier les mesures administratives et techniques favorisant la libre circulation des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest. Cinq ans après, au regard des évolutions réglementaires, il a été jugé nécessaire non seulement d’actualiser les projets de rapports de cette étude, mais également de proposer des projets  de règlements visant à harmoniser les mesures administratives et techniques identifiées par l’étude, pour faciliter le commerce agricole intrarégional.

En travaux de groupes et en plénière, les participants ont parcouru les documents soumis à leur examen pour y apporter les corrections et actualisations nécessaires.

Pendant trois jours, les participants ont partagé leurs expériences, leurs idées et fait des suggestions pour améliorer les projets de règlements proposés par les consultants. Les travaux visaient à rendre opérationnel le SLE en dotant la région de documents de qualité et contribuer ainsi à bâtir un avenir plus prospère et plus durable pour la sous-région.

Les projets de règlements enrichis des amendements de la réunion de Lomé seront soumis dans un bref délai aux directions de la Commission de la CEDEAO pour amendement avant transmission aux Etats pour une consultation avec les acteurs clés du commerce transfrontalier. Les documents seront par la suite soumis aux experts concernés avant approbation par le Conseil des Ministres. Cette vaste consultation vise à s’assurer de l’appropriation du contenu des textes et partant, de leur application une fois adoptés par les instances régionales.

Validation régionale des résultats de l’étude de faisabilité du mécanisme de financement des risques pour la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest

Publié le 10 novembre 2025

La CEDEAO, à travers l’Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation (ARAA) et avec l’appui de la Banque mondiale dans le cadre du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA/FSRP), a organisé, le 29 octobre 2025 par visioconférence, un atelier régional de validation et de dissémination des résultats de l’étude de faisabilité d’un instrument régional de financement des risques agricoles et alimentaires au profit de la Réserve Régionale de Sécurité Alimentaire (RRSA).

Cette rencontre a réuni une quarantaine de représentants des États membres, des institutions régionales (CEDEAO, UEMOA, CILSS, BIDC), des partenaires techniques et financiers (Banque mondiale, PAM, FAO) ainsi que le cabinet WTW/Munich Re. En une demi-journée de travaux, les participants ont approuvé les résultats techniques de l’étude, discuté des conclusions opérationnelles et identifié les principales étapes pour la mise en œuvre du futur dispositif.

Depuis sa création en 2013, la RRSA constitue un instrument essentiel de solidarité et de réponse rapide face aux crises alimentaires. Toutefois, face à l’intensification des chocs et à l’ampleur croissante des besoins financiers, la seule mobilisation de stocks physiques ne suffit plus à répondre efficacement aux crises alimentaires ni à garantir durablement la sécurité alimentaire, en appui aux efforts déployés par les pays de la région. C’est dans cette perspective qu’a été engagée la conception d’un mécanisme régional de financement des risques (Disaster Risk Financing – DRF), visant à compléter et à renforcer la fonction de la réserve régionale.

Ce mécanisme innovant permettra, à terme, à la CEDEAO de disposer de ressources financières anticipées, déclenchées de manière objective, transparente et rapide grâce à l’utilisation d’indices paramétriques. Il s’agit d’une évolution majeure, marquant le passage d’une logique de réaction à une véritable culture de prévention.

L’étude de faisabilité, conduite par le consortium Willis Towers Watson (WTW) et Munich Re sous la supervision de la Banque mondiale et de la CEDEAO, a posé les bases techniques et institutionnelles nécessaires à l’opérationnalisation de ce dispositif. Les participants ont pu examiner en détail les risques agricoles et alimentaires caractérisant la région, sur la base des indices SPI-3 et des analyses du Cadre Harmonisé. Ils ont également pris connaissance des résultats comparatifs de différents instruments financiers (assurance paramétrique, lignes de crédit contingentes, etc.).

Les échanges ont révélé la sous-capacité actuelle de la RRSA, laquelle limite son rôle comme troisième ligne de défense au niveau régional, ainsi que la non-viabilité immédiate d’une assurance paramétrique autonome en raison de son coût et de ses exigences institutionnelles. Dans cette optique, les participants ont souligné la nécessité de structurer une réserve financière, de définir un système de déclenchement prédictible et d’explorer des approches hybrides incluant notamment des solutions de crédit contingentes et des partenariats avec l’ARC et le PAM.

Au terme des travaux, les trois rapports techniques ont été validés et les recommandations suivantes ont été formulées : (i) expérimenter, à court terme, des solutions pilotes fondées sur les indices SPI-3 et CH, tout en renforçant la gouvernance opérationnelle et financière de la RRSA ; (ii) consolider, à moyen terme, les capacités techniques et institutionnelles de la réserve et tester un mécanisme régional multi-indices ; (iii) opérationnaliser, à long terme, un mécanisme d’assurance régional autonome, intégré à la stratégie de résilience et de souveraineté alimentaire de la CEDEAO.

Bénin : la CEDEAO forme 30 inspecteurs sur le Guide Harmonisé d’Inspection Sanitaire et sensibilise les acteurs du commerce transfrontalier sur le Certificat SPS Harmonisé

Publié le 2 octobre 2025

Au total, ce sont trente (30) inspecteurs représentant les différentes structures en charge du contrôle sanitaire au Benin qui ont répondu présents du 9 au 11 septembre 2025 à Cotonou, à la formation sur le Guide Harmonisé d’Inspection Sanitaire et de prise de Décision basée sur le Risque.

Organisée dans le cadre de la mise en œuvre du programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA), cette rencontre a été une opportunité de renforcer les capacités des inspecteurs du Bénin en vue de permettre au pays de tirer profit du marché régional voire continental des produits agricoles et agroalimentaires pour renforcer la sécurité sanitaire et nutritionnelles des aliments.

En rappel, le Guide d’inspection Sanitaire élaboré par la CEDEAO a été adopté en vue, entre autres, d’harmoniser les méthodes d’inspection et de prise de décision basées sur les risques et les données scientifiques, d’accroitre la transparence dans les inspections, et de faciliter la libre circulation des produits agro-sylvo-pastoraux en levant es obstacles techniques au commerce dans les Etats membres de la CEDEAO et du Sahel.

Comme dans les autres pays, la formation sur le Guide Harmonisé d’Inspection Sanitaire a été suivie le 12 septembre 2025, par une journée de sensibilisation des acteurs du commerce transfrontalier sur le Certificat SPS Harmonisé. L’adoption de ce certificat SPS répond au souci d’harmonisation des normes SPS nationales et leur adaptation aux bonnes pratiques internationales dont l’Accord SPS de l’Organisation mondiale du Commerce et l’Annexe 7 de la ZLECAf (portant sur les SPS), en vue de réduire les obstacles techniques aux échanges intra-communautaires des produits agro-sylvo-pastoraux, tout en préservant la santé humaine et animale et la protection des végétaux. 

Cinquante participants provenant aussi bien du secteur privé que public ont honoré de leur présence cette journée de sensibilisation organisée avec le soutien de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin.

Outre la présentation du Certificat Phytosanitaire Harmonisé, les participants se sont familiarisés avec les autres protocoles adoptés par la CEDEAO, pour faciliter le commerce intra-communautaire, à savoir : le Schéma de Libéralisation des Échanges (SLE), le Tarif Extérieur Commun (TEC), le transit Communautaire, etc. 

Mission d’appui de la Banque mondiale auprès de la CEDEAO : des progrès dans la mise en œuvre du FSRP

Publié le 7 septembre 2025

L’équipe régionale de la Banque mondiale a conduit une mission d’appui au Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP/PRSA) auprès de la CEDEAO du 25 au 26 août 2025. La rencontre, organisée au siège de l’Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation (ARAA) à Lomé/Togo, a évalué l’avancement des composantes Facilitation du commerce régional et la Coordination globale,  et a identifié des solutions pour améliorer la mise en œuvre du programme.

Les équipes de la Banque mondiale et de la CEDEAO étaient dirigées respectivement par Dr Ashwini Sebastian, TTL du FSRP, et par M. Alain Sy Traore, Directeur de l'Agriculture et du Développement Rural (DADR).

Durant deux (02) jours, les échanges ont porté sur les principales réalisations du premier semestre 2025 ainsi que sur le niveau de mise en œuvre des recommandations formulées lors de l’atelier de revue à mi-parcours de janvier 2025.

Globalement, la CEDEAO a enregistré des progrès notables dans la mise en œuvre du FSRP. L’équipe de coordination a été encouragée à intensifier ses efforts sur les activités techniques pouvant contribuer à faciliter le commerce agricole en Afrique de l’Ouest afin d’atteindre les indicateurs du Cadre de résultats du programme.

Validation du premier rapport d’opérationnalisation du Tableau de Bord du Commerce et des Marchés Agricoles de la CEDEAO

Publié le 4 août 2025

Le 10 juillet 2025, plus de cinquante acteurs et partenaires spécialisés dans le commerce et les marchés agricoles issus du Ghana, du Niger, du Sénégal, de la Sierra Leone, du Tchad, du Togo, ainsi que des institutions de la CEDEAO et de ses partenaires ont pris part, en ligne, à une session consacrée à la présentation des principales conclusions et recommandations du rapport régional sur l’opérationnalisation du Tableau de Bord du Commerce et des Marchés Agricoles de la CEDEAO (ECOWAS Agricultural Trade and Market Scorecard), en vue de sa validation.

Cette rencontre a permis aux experts d’AKADEMIYA2063 de partager leur analyse des performances et des insuffisances des pays dans le domaine du commerce agroalimentaire, tout en examinant l’état d’avancement de la mise en œuvre des politiques commerciales et le renforcement des cadres réglementaires existants au niveau national.

En effet, la région ouest-africaine, riche de son potentiel économique, représente un vaste marché susceptible de stimuler la croissance et la prospérité, pourvu que les obstacles au commerce intrarégional soient levés et que les échanges commerciaux soient facilités. La libéralisation du commerce agricole régional permettrait aux producteurs d’écouler leurs produits à de meilleurs prix, d’améliorer leur compétitivité et leur productivité, notamment grâce à un accès facilité à des intrants de production à moindre coût.

Cependant, malgré cet enjeu stratégique, l’Afrique de l’Ouest demeure confrontée à d’importants défis en matière de collecte et d’analyse des données relatives au commerce et aux marchés agricoles, limitant ainsi la capacité des États et de la CEDEAO à prendre des décisions éclairées, à formuler des politiques adaptées et à promouvoir un développement économique durable.

C’est pour répondre à ces enjeux que la CEDEAO, avec le soutien de la Banque mondiale et l’expertise technique d’AKADEMIYA2063, a conçu un outil d’analyse : le Tableau de Bord du Commerce et des Marchés Agricoles. Cet outil vise à mieux documenter les flux commerciaux intra-africains des produits agroalimentaires, à identifier les lacunes des politiques commerciales existantes et à renforcer la mise en œuvre des cadres régionaux tels que le Schéma de Libéralisation des Échanges de la CEDEAO (SLEC), le Tarif Extérieur Commun (TEC), l’ECOWAP, le PDDAA et la ZLECAf.

« En facilitant un suivi rigoureux et une meilleure compréhension des dynamiques commerciales, le Scorecard offre à la CEDEAO un levier essentiel pour promouvoir une intégration économique régionale plus efficace et soutenir la transformation des systèmes agroalimentaires en Afrique de l’Ouest » a souligné M. Alain SY Traoré, Directeur de l’Agriculture et du Développement Rural de la CEDEAO

Le déploiement du Tableau de Bord a débuté en février 2024 à Abuja/Nigeria par une formation régionale des formateurs, suivie de sessions d’accompagnement technique dans chacun des pays bénéficiaires du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA/FSRP), afin de constituer des équipes techniques chargées de son opérationnalisation sur le terrain.

Ces activités ont conduit à la collecte, à l’analyse et à la validation des données au niveau de cinq (05) pays (Ghana, Niger, Sierra Leone, Tchad, Togo), donnant lieu à l’élaboration de rapports nationaux, avant la consolidation des résultats dans un rapport régional présenté pour validation lors de cette session.

Ce rapport est le fruit d’un processus collectif et collaboratif, associant acteurs nationaux et régionaux, mobilisés à toutes les étapes : de l’élaboration de la méthodologie du tableau de bord à la collecte, la validation et l’analyse des données, jusqu’à la rédaction des rapports sur l’état de mise en œuvre des politiques et réglementations commerciales régionales dans les cinq (05) pays bénéficiaires — le Tchad, le Ghana, le Niger, la Sierra Leone et le Togo.

« Les résultats de cette phase pilote indiquent que les pays de la CEDEAO ne commercialisent pas suffisamment les uns avec les autres. La réduction de la dépendance à l'égard des importations alimentaires nécessite des efforts concertés de la part de tous les pays pour mettre pleinement en œuvre les politiques et réglementations communautaires afin de faciliter le commerce transfrontalier et de favoriser l'intégration du marché régional », a déclaré le Dr Ousmane Badiane, Président d'AKADEMIYA2063.

Selon lui, « le déploiement du Tableau de Bord du Commerce et des Marchés Agricoles de la CEDEAO permettra de combler les lacunes en matière de données, de connaissances et de politiques, de renforcer la responsabilité mutuelle et d'inciter davantage les pays à mettre en œuvre de manière efficace et cohérente les stratégies régionales déjà en place ».

À moyen et long termes, les recommandations formulées dans ce rapport régional devraient contribuer à l’amélioration de l’environnement commercial et au renforcement du commerce intrarégional des produits agroalimentaires, dans le but de renforcer la résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l’Ouest.

À l’issue de cette validation régionale, le rapport finalisé sera soumis au Conseil des Ministres du Commerce de la CEDEAO, avant d’être présenté pour adoption au Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, prévu en décembre 2025.

Mécanismes de financement et de gestion des risques d'insécurité alimen-taire : acteurs et partenaires de la CEDEAO renforcent leurs capacités à Lomé

Publié le 10 juillet 2025

Plus de 50 acteurs et partenaires de la gestion des risques d’insécurité alimentaire se sont réunis à Lomé du 2 au 4 juillet pour renforcer leurs capacités sur les concepts, principes et mécanismes du financement des risques de catastrophe (DRF) avec un accent particulier sur le transfert des risques agricoles et é alimentaires.

 

Initiée par la CEDEAO, cette formation a permis de dégager plusieurs résultats concrets, tant sur le plan du partage d’expériences que du renforcement des capacités techniques et du dialogue politique. Ces résultats reflètent l’engagement des pays et des institutions régionales à structurer une réponse proactive face aux risques agricoles, climatiques et alimentaires croissants dans l’espace CEDEAO. Ils témoignent également des efforts collectifs pour améliorer la coordination, la gouvernance des données et le financement durable des mécanismes de gestion des risques.

Pendant trois jours, les participants – composés de cadres techniques et de décideurs de la CEDEAO, ainsi que de représentants d’institutions partenaires telles que la BIDC, le CILSS, sans oublier les techniciens nationaux des ministères en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire des pays membres de la CEDEAO, de l’AES et du CILSS – ont bénéficié des échanges avec des experts issus de la CEDEAO, de la Banque mondiale, du cabinet Willis Towers Watson/Munich Re, de l’African Risk Capacity, de Yeleen Assurances et du CILSS.

À travers des échanges inclusifs et participatifs entre formateurs et apprenants ainsi que des panels, les principaux déterminants de l’insécurité alimenatire et nutritionnelle conjoncturelle de la sous-région ouest-africaine ont été partagés. Les causes sont multiples : conflits, inondations, flambée des prix, chocs climatiques, faible disponibilité des intrants, inflation, dépréciation monétaire, pertes post-récolte, et accès limité à un régime sain.
La croissance démographique excède les gains agricoles, aggravant les déficits structurels.

Face à cette situation, que doit-on faire? Cette question centrale a eu quelques pistes de solutions à travers les partages d’expériences aussi bien d’autres régions d’Afrique que du monde. Dans un style pédagogique, les formateurs ont présenté les principes de modélisation des risques de catastrophe et d’insécurité alimentaire avec des exemples issus des appuis de l’African Risk capacity (ARC) et de Willis Towers Watson.

Dans la gestion des risques, les données sont cruciales et déterminantes non seulement pour la modélisation mais aussi pour la forme et le type de réponse à apporter en cas de catastrophe. Notre sous-région ne documente pas suffisamment les données en la matière dans les pays et au niveau régional malgré les efforts du CILSS pour collecter, traiter et diffuser les données agrométéorologiques.

Le financement des risques a été un aspect très important de cette formation. La Banque mondiale et les structures d‘assurance présentes ont mis l’accent sur les principes fondamentaux et les instruments et stratégies du financement des risques de catastrophe. Pour eux,  préparer financièrement avant la survenue d’un choc, car les coûts de réparation sont souvent bien plus élevés que ceux de la prévention. Le DRF repose sur quatre principes clés : rapidité de mobilisation des fonds, fiabilité des mécanismes, coût raisonnable et transparence dans la distribution.

Les participants ont été outillés ont été outillés sur les mécanismes de financement et de gestion des risques liés à l’insécurité alimentaire. Ils ont acquis des compétences sur la modélisation des risques, les instruments de transfert (assurance, action anticipée, fonds d'urgence), ainsi que sur les approches de cofinancement durable et régionalisé. La finalité était de renforcer leur capacité à anticiper, financer et gérer efficacement les chocs alimentaires et climatiques, en vue de bâtir une résilience structurelle au niveau national et régional, notamment via l’intégration du Disaster Risk Financing (DRF) dans les politiques publiques et la Réserve Régionale de Sécurité Alimentaire.

C’est pourquoi, le Directeur exécutif de l’Agence régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation (ARAA), M. Mohamed Zongo, au nom de la Commissaire aux Affaires éconmiques et à l’Agriculture, Mme Massandjé Touré-Litsé, au cours de l’ouverture des travaux n’a pas manqué de souligner que “pour la CEDEAO, cette rencontre est une aubaine pour renforcer l’autonomie non seulement de la Commission mais aussi des Etats membres dans la conception, la gestion et la mobilisation de mécanismes de financement innovants pour faire face aux risques liés à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région

Au cours des panels, les pays ont partagé les mécanismes existant pour faire faire face aux catastrophes et surtout les financements mobilisés et sécurisés à cet effet. Cette session de renforcement des capacités a été également un cadre pour l’ensemble des acteurs et partenaires de lancer un appel aux décideurs régionaux et des pays pour mettre au coeur de leur stratégie de développement agricole, les mécanismes de financement et d’assurance agricole qui n’est pas encore une réalité faute de compréhension claire et de manque de données fiables.

Pour la Banque mondiale qui accompagne cette inititaive à travers le FSRP, “ les praticiens de la gestion des risques en insécurité alimentaire ont consolidé leurs compétences techniques pour favoriser une appropriation effective des mécanismes de financement des risques afin de lutter efficacement contre l’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest“ selon sa représentante, Mme Ruth Samson.

À la suite de cette formation, l’étude de faisabilité en cours visant à doter la région d’un mécanisme de financement des risques, incluant l’assurance agricole, permettra à la CEDEAO, à travers l’ARAA, de renforcer ses capacités d’intervention. Elle contribuera ainsi à améliorer l'efficacité des actions de la Réserve régionale de sécurité alimentaire sur le terrain, en appui aux efforts des États, afin de mieux prévenir et atténuer les risques d’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest.

Développement de la filière riz : des acteurs ouest-africains en mission d’apprentissage en Corée du Sud à l’initiative de la CEDEAO

Publié le 5 juillet 2025

En vue de contribuer à une accélération du développement du secteur rizicole en Afrique de l’Ouest tout réduisant les importations de riz, la CEDEAO en collaboration avec la Banque mondiale, a conduit, du 9 au 13 juin 2025, une visite d'apprentissage en Corée du Sud. Cette mission a réuni les principales parties prenantes du Ghana, du Mali, du Niger, du Nigeria, du Sénégal, de la Sierra Leone et du Togo, des représentants de la CEDEAO (Dr Maty Ba-Diao, coordonnatrice régionale du FSRP et Dr Boladale Adebowale, Secrétaire exécutive de l’Observatoire du Riz), du Centre régional Agrhymet et de la Banque mondiale (Dr Ashwini Sebastian, TTL du FSRP) et des institutions coréennes. Au total, 31 participants ont pris part à cette visite, dont le vice-ministre ghanéen de l'agriculture, Mr John Dumelo et le secrétaire général togolais du ministère de l'agriculture, Mr Madadozi Téziké.

Les participants ont rencontré les principaux acteurs de l'écosystème rizicole coréen. Outre les réunions d’échanges et les panels avec les hauts responsables des institutions hôtes, la délégation a effectué des visites sur le terrain à Jeonju, Gimjae et Naju afin de visiter l'Administration du développement rural (RDA) et ses institutions techniques, l'Institut des sciences et technologies vertes et biologiques (GBST), le Centre de technologie agricole de Gimje, l'Institut coréen d'économie rurale (KREI), la Société coréenne pour les communautés rurales (KRC) et la coopérative agricole de Naju.

La visite a été une opportunité de partage de connaissances, de renforcement de capacités et de co-développement autour de bonnes pratiques éprouvées en matière de production et de transformation du riz à Seoul, Pangyo, Jeonju, Gimjae, Naju.

Le riz occupe une place centrale dans l’alimentation des populations ouest-africaines, représentant près de 40 % de la consommation totale de céréales, devant le maïs et le blé. Toutefois, la région dépend largement des importations avec un volume avoisinant les 12 millions de tonnes métriques par an, et une facture qui a atteint 3,5 milliards de dollars américains en 2021.

Dans ce contexte préoccupant dû en partie à une faiblesse de la production, la CEDEAO, à travers son Observatoire du riz s’est engagée à inverser la tendance. Une feuille de route ambitieuse a été élaborée pour guider les investissements et les interventions dans le secteur rizicole ouest-africain à l’horizon 2035. La mission en Corée du Sud s’est inscrite dans cette logique de transformation structurelle à partir de l’expérience de la Corée du Sud constitue une référence mondiale en matière de productivité rizicole et de sécurité alimentaire.

Durant une semaine, la délégation CEDEAO/Banque mondiale a pu observer, apprendre et échanger sur les politiques publiques, les technologies modernes de culture, de transformation et de conservation du riz.

À l’issue de cette visite en Corée du Sud, les délégations des pays ouest-africains ont identifié plusieurs axes prioritaires inspirés par l’expérience coréenne pour renforcer leur secteur rizicole. Ces axes se résument comme suit : (i) intégration des bonnes pratiques coréennes dans les stratégies nationales de développement de la filière riz en mettant l’accent sur la modernisation de l’irrigation, de la gestion des terres et de la mécanisation ; (ii) la promotion de l’agriculture intelligente face au climat et la modernisation des infrastructures de transformation ; (iii) le développement de politiques de soutien adaptées, pour rapprocher la recherche de la production et planifier les interventions sur la base d’un diagnostic précis. L’accès aux intrants de qualité et l’adaptation des innovations coréennes aux contextes locaux ont été également jugés essentiels, tout comme l’élaboration de stratégies nationales inspirées du modèle K-Rice Belt.

Afin de mettre en œuvre les connaissances acquises en Corée du Sud, les pays se sont engagés à organiser une réunion virtuelle de diffusion des conclusions de la mission et assurer le suivi de leur mise en œuvre avec les principaux acteurs de la filière riz dans les pays membres et non membres du FSRP. Le lancement de projets pilotes conjoints et la mise en œuvre de programmes de renforcement des capacités sont également prévus par les pays.

La CEDEAO s’est engagée à assurer le suivi de la mise en œuvre des actions identifiées au niveau régional.

« Nous repartons avec des idées concrètes à adapter et à implémenter dans nos pays respectifs. L’expérience coréenne nous inspire et nous montre qu’avec une vision stratégique, des investissements ciblés et une coordination régionale efficace, l’autosuffisance rizicole est à notre portée », a déclaré le vice-ministre de l’Agriculture du Ghana à l’issue de la visite.

Cette mission d’apprentissage marque une étape clé vers la construction de politiques rizicoles durables et résilientes en Afrique de l’Ouest. Elle illustre la volonté de la CEDEAO de favoriser l’émergence d’un secteur rizicole compétitif, rentable et inclusif, au service de la sécurité alimentaire, de la réduction des importations et du développement socio-économique des États membres.

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