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Agriculture intelligente face au climat en Afrique de l’Ouest : les pays outillés pour faire face aux effets du changement climatique

Publié le 3 novembre 2024

Dans le cadre de la mise en œuvre du programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA), le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) a convié les experts et décideurs sur les questions environnementales à un atelier régional de formation sur l’évaluation des caractéristiques climato-intelligentes des innovations et technologies agricoles, du 26 au 28 juillet 2023 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Cette rencontre pour le CORAF qui coordonne les activités de la composante 2 du PRSA sur « la durabilité et la capacité d'adaptation de la base productive du système alimentaire » avec l’appui financier de la Banque mondiale visait à renforcer les capacités des acteurs des systèmes nationaux de recherche agricole et des Alliances pour l’agriculture climato-intelligente (AIC) à élaborer les projets AIC avec l’utilisation des outils et méthodes d’évaluation des caractéristiques, des pratiques et technologies AIC.

Rappelons que le concept d’AIC est basé selon les chercheurs sur 3 piliers : la productivité, la résilience et l’atténuation des effets du changement climatique.

Sur cette base et à partir des expériences de terrain, les participants composés de chercheurs, d’agriculteurs et d’entrepreneurs agricoles ont vu leurs connaissances améliorées sur (i) les concepts de base et le phénomène des changements climatiques, (ii) l’agriculture intelligente face au climat pour des systèmes agricoles plus résilients, (iii) les méthodes et outils d’évaluation des caractéristiques climato-intelligentes des technologies et pratiques agricoles.

A l’issue des trois jours de formation, les participants sont désormais aptes à élaborer des projets avec prise en compte de l’AIC et identifier des technologies et pratiques intégrant l’aspect AIC.

Marché des Innovations et Technologies Agricoles (MITA): la 3ème édition s’est tenue à Ouagadougou

Publié le 2 novembre 2024

La troisième édition du Marché des Innovations et Technologies Agricoles (MITA) tenue 12 au 15 septembre 2023 à Ouagadougou a été un rendez-vous important pour mettre en lumière les innovations et les avancées technologiques issues de la recherche et des inventeurs publiques et privés de l’Afrique de l’ouest et du Centre.

Les participants à ce marché ont échangé sur le thème suivant: "Facilitation de l'accès des technologies et innovations agricoles sensibles au genre et à la nutrition". Cette rencontre régionale organisée par le CORAF a été une opportunité pour promouvoir des innovations sensibles au genre et à la nutrition et qui répondent aux besoins des différents maillons (production, poste-récolte, transformation, mécanisation, etc.) des chaines de valeurs agricoles. Cette édition du MITA a permis également une tribune pour renforcer l'accès et la diffusion des technologies agricoles en Afrique de l'Ouest et du Centre.

En quatre jours d’échanges ponctuée d’une exposition des principaux résultats de la recherche et des innovations, la troisième édition du MITA a été surtout un cadre d’échanges d’informations technologiques et d’innovation au profit du public et des professionnels agricoles, à travers des sessions B to B et des ateliers. Les chercheurs, les étudiants, les producteurs, et les acteurs du secteur privé ont saisi la tenue du MITA pour mettre en avant les innovations et technologies éprouvées qui ont le potentiel de transformer l'agriculture et de contribuer à une plus grande sécurité alimentaire.

Le MITA 2023 a réuni un large éventail de participants provenant, notamment des ministères de l'agriculture, des organismes régionaux, des instituts de recherche et des universités, des acteurs du secteur privé, des organisations non gouvernementales, des associations agricoles, des investisseurs potentiels etc.

De nombreuses technologies agricoles de pointe ont été présentées, des discussions approfondies ont eu lieu et l'excellence a été récompensée lors de la soirée de gala des innovateurs agricoles. Les résultats atteints de ces 4 jours déchanges permettent de souligner  un engagement fort des décideurs pour soutenir la recherche agricole et la mise à l'échelle des technologies climato-intelligentes et sensibles au genre et à la nutrition dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme de résilience du système agricole (FSRP).

Rappelons que le MITA est une plateforme conçue par le CORAF pour diffuser les technologies et les innovations développées par la recherche agricole en Afrique de l'Ouest et du Centre. En tant que plateforme d'exposition et de découverte, la plateforme numérique du MITA présente plus de 400 technologies classées par chaîne de valeur et par pays. Elle facilite l'interaction entre les développeurs de technologies et les utilisateurs finaux, en vue d'augmenter le taux d'adoption de technologies et d'innovations éprouvées. Le MITA contribue ainsi à la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l'Ouest et du Centre. 

Burkina Faso/Filière agro-alimentaire: le PRSA-Burkina Faso forme plus de 52 promoteurs aux normes de qualité des produits agro-alimentaires

Publié le 30 octobre 2024

Dans le cadre de la mise en œuvre des composantes 2 et 3 du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA), Burkina Faso (PRSA-BF), un processus de co-financement de microprojets a été mis en place depuis novembre 2023. Ce mécanisme vise à soutenir les initiatives porteuses des acteurs et promoteurs des filières agro-alimentaires stratégiques du pays, en améliorant l’accès aux ressources financières et techniques nécessaires à l’augmentation de la productivité, de la compétitivité et des revenus des bénéficiaires. Les filières concernées incluent le riz, le maïs, le niébé, l’oignon, la tomate, le moringa, la patate douce à chair orange et certaines cultures fruitières.

À l’issue d’un processus de sélection, un total de 304 microprojets ont été retenus, représentant divers maillons des chaînes de valeur des filières sélectionnées. Des subventions ont été allouées aux bénéficiaires afin de faciliter la mise en œuvre de leurs projets, renforçant ainsi les capacités locales en matière de production et de transformation des produits agricoles.

Pour garantir la qualité des produits agro-alimentaires issus de ces microprojets, le PRSA-BF, en partenariat avec l’Agence Burkinabè de Normalisation, de la Métrologie et de la Qualité (ABNORM), a organisé une session de formation du 28 au 29 octobre 2024, à Koudougou. Cette formation a permis de sensibiliser et former les acteurs de la chaîne de transformation sur les normes de qualité et le processus de certification des produits. Plus de 52 promoteurs, dont 40 femmes, issus des filières du maïs, du niébé, de la tomate et de la patate douce à chair orange, ont ainsi bénéficié de cette formation essentielle.

Les participants ont reçu un enseignement approfondi sur divers aspects essentiels de la production et de la transformation, notamment la normalisation des produits alimentaires, les exigences de certification, les bonnes pratiques de fabrication et d’hygiène, ainsi que l’emballage, l’étiquetage et la métrologie légale. Ce renforcement des capacités leur permettra non seulement d’améliorer la qualité de leurs produits, mais également d’accéder à des marchés plus rémunérateurs.

La formation s’inscrit dans une démarche stratégique de promotion de la sécurité alimentaire et de la résilience des systèmes agricoles au Burkina Faso. Elle représente un levier essentiel pour le développement durable du secteur agro-alimentaire, en alignant les produits locaux aux standards internationaux de qualité. Ces efforts visent, in fine, à accroître la compétitivité des produits burkinabè sur les marchés nationaux et internationaux, contribuant ainsi à une amélioration des conditions de vie des producteurs et au renforcement de la souveraineté alimentaire du pays.

Le PRSA-Burkina Faso se dote d’un plan d’action pour la mise en place de Villages Intelligents face au Climat

Publié le 24 octobre 2024

Suite à l'atelier de renforcement des capacités organisé à Bamako par le CORAF et l'Alliance Bioversity International and CIAT, dans le cadre du projet Accélération des impacts de la recherche climatique du CGIAR pour l'Afrique (AICCRA), les acteurs du Programme de Résilience du Système Alimentaire (PRSA) ont renforcé leurs connaissances sur la mise en œuvre des Villages Intelligents face au Climat (VIC). À la suite de cette formation, le PRSA Burkina Faso (PRSA-BF) a tenu un atelier national de restitution à Manga, du 30 septembre au 4 octobre 2024, afin d'élaborer un plan d'action pour l'implémentation des VIC dans le pays.

L'événement, qui a rassemblé des chercheurs, des experts en météorologie, des représentants d'ONG et des acteurs du secteur agro-sylvo-pastoral, a été marqué par la participation du Dr Robert Zougmore, Directeur Programme AICCRA, Alliance Bioversity et CIAT. L'objectif principal était de doter le PRSA-BF d'un plan d'action concret pour intégrer les VIC dans ses zones d'intervention, en s'appuyant sur l'expérience pilote du village climato-intelligent de Ouda, dans la région du Centre-Sud.

Les Villages Intelligents face au Climat : une approche prometteuse

L'approche VIC, initialement introduite par le programme CCAFS, s'est avérée prometteuse pour le développement de technologies et d'innovations climato-intelligentes en Afrique de l'Ouest. Elle favorise une démarche participative pour le développement de solutions adaptées au changement climatique, intégrant des innovations technologiques, institutionnelles et socio-économiques, ainsi que des politiques climato-intelligentes.

L'atelier de Manga a permis de consolider les connaissances sur les VIC, notamment en ce qui concerne la formulation et la mise en œuvre de cette approche. Une sortie de terrain à Ouda a permis aux participants d'observer les bénéfices concrets des technologies climato-intelligentes, telles que l'utilisation de semences améliorées, de la fumure organique, et des biopesticides, ainsi que des services agroclimatiques. Les échanges avec la communauté de Ouda ont illustré comment ces technologies contribuent à l'amélioration de la résilience des populations face aux aléas climatiques et à l'augmentation des rendements agricoles.

Une approche participative pour l'élaboration d'un plan d'action VIC pour le PRSA-BF

Durant les trois jours de l'atelier, les participants ont travaillé à l'élaboration d'un plan d'action pour la mise en œuvre des VIC au Burkina Faso. Les discussions ont porté sur la sélection des villages pilotes, la sécurisation foncière, l'encrage institutionnel, ainsi que l'identification des parties prenantes et des risques. Il a été convenu de mettre en place quatre VIC : un dans le sous-bassin du Kou, un dans la Sirba, et deux dans le Mouhoun Inférieur.

Le plan d'action élaboré comprend un chronogramme détaillé et un dispositif opérationnel qui sera intégré dans le Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) 2025 du PRSA-BF, après validation par la Banque mondiale. Ce plan marque une étape décisive pour l'adoption de solutions climato-intelligentes et renforce l'engagement du PRSA-BF à promouvoir la résilience des communautés rurales à travers la diffusion de technologies climato-adaptées.

Des résultats tangibles et des perspectives prometteuses

Les objectifs de l'atelier ont été pleinement atteints, offrant au PRSA-BF un cadre stratégique pour l'implémentation des VIC dans ses zones d'intervention. Le succès de cette démarche devrait permettre d'amplifier les résultats du PRSA-BF, notamment en contribuant à l'atteinte des indicateurs liés à la diffusion des technologies climato-intelligentes et à la résilience des systèmes alimentaires.

En résumé, l'initiative de mise en place des Villages Intelligents face au Climat au Burkina Faso s'inscrit dans une stratégie plus large visant à positionner les communautés rurales sur une trajectoire durable vers la sécurité alimentaire et nutritionnelle, tout en intégrant les principes de gestion intégrée des paysages et d'agriculture climato-intelligente. Les résultats atteints à Manga augurent d'un avenir prometteur pour la résilience climatique au Burkina Faso et au-delà

Immersion dans les centres nationaux de spécialisation : le CORAF contribue à la relève générationnelle scientifique

Publié le 6 octobre 2024

À 25 ans, Marie-Claire KONÉ, une jeune femme d’origine malienne, incarne l’espoir et l’ambition dans le domaine de la recherche agricole. Étudiante chercheure en troisième année de licence à la Faculté d’Agronomie et de Médecine Animale, Marie-Claire ne se contente pas seulement d’exceller dans ses études : elle est la major de sa promotion, une reconnaissance qui témoigne de son dévouement et de son talent.

Les jeunes diplômés des écoles professionnelles se heurtent souvent à des obstacles tels que le manque de cadre pratique d’apprentissage, d’expérience professionnelle et de réseau. Pour surmonter ces défis et renforcer les compétences des jeunes chercheurs des universités et des institutions de recherche publiques en Afrique de l’Ouest et du Centre, le CORAF a mis en place un programme d’immersion dans les centres nationaux de spécialisation en Afrique de l’Ouest.

Marie-Claire a eu l’opportunité de participer à ce programme d’immersion au Sénégal, organisé par le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF) dans le cadre du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP). Cette expérience s’est déroulée au siège du Centre Régional d’excellence (CRE) sur les céréales sèches et cultures associées qu’est le Centre d’Étude Régional pour l’Amélioration de l’Adaptation à la Sécheresse (CERAAS), un centre renommé pour ses contributions à l’amélioration de la production agricole dans un contexte de changement climatique. Durant un mois, Marie-Claire a exploré quatre plateformes de pointe au CERAAS : le plateau de génotypage, le plateau de recherche et de formation en biochimie, la plateforme de phénotypage et la bio-informatique. Chaque semaine dans ces environnements de haute technologie a été pour elle une révélation. Encadrée par des experts, elle a découvert des domaines nouveaux et fascinants, notamment le génotypage, qui a réorienté ses ambitions professionnelles.

“Ce voyage d’immersion a été une véritable révélation pour moi. Je n’avais jamais eu l’occasion de travailler dans un laboratoire de recherche de cette envergure, et cela a changé ma vision de la science et de mes propres capacités, » confie Marie-Claire avec enthousiasme. « Le soutien du CORAF a été inestimable. Ils ont ouvert des portes que je ne pensais pas pouvoir franchir, surtout en tant que femme dans un domaine encore largement dominé par les hommes.” a déclaré Marie-Claire KONÉ.

Comme Marie-Claire, dix autres étudiants et jeunes scientifiques (dont 50% de femmes) ont bénéficié de ce programme d’immersion dans les centres de spécialisation. Talla LO du Sénégal et Hassane YAYE ABDOU du Niger, ont passé leur séjour respectivement dans le centre de spécialisation sur l’aquaculture au Nigéria. Quant à CISSE Awa Marie Coll et Talla KANE, tous deux du Sénégal, ils ont été accueillis dans le CRE-Fruit et légumes au Burkina Faso.

Marie-Claire est particulièrement reconnaissante pour cette opportunité car, jusqu’alors, les opportunités similaires dans son université étaient majoritairement réservées aux hommes. Sa sélection par le CORAF a été une grande surprise et une source de fierté. « J’espère que mon histoire inspirera d’autres jeunes femmes maliennes à poursuivre des carrières dans la recherche agricole, un domaine crucial pour l’avenir de l’Afrique » a-t-elle insisté.

Avec des rêves ambitieux pour l’avenir, Marie-Claire aspire à obtenir un doctorat et souhaite un jour devenir ministre de l’Agriculture de son pays. Son parcours est une preuve que, avec du travail acharné et les bonnes opportunités, tout est possible. “J’encourage toutes les jeunes filles à se lancer dans la recherche agricole. Notre continent a besoin de nos idées, de notre détermination et de notre passion pour résoudre les défis de demain,” conclut-elle avec détermination.

Pour Prof Niéyidouba LAMIEN, Gestionnaire de programmes au CORAF, « L’initiative du CORAF visant à organiser des voyages d’immersion pour les étudiants chercheurs est cruciale. Elle permet d’encadrer et d’inspirer les jeunes à poursuivre une carrière dans la recherche, assurant ainsi une relève de la génération de chercheurs vieillissants en Afrique de l’Ouest.”

Le CORAF à travers cette initiative soutenue par le programme de Résilience du Systèmes Alimentaires en Afrique de l’Ouest (FSRP) financé par la Banque Mondiale cherche à renforcer les compétences des jeunes chercheurs à travers toute la région, en leur offrant des expériences pratiques et des formations de haut niveau.

La CEDEAO promeut le certificat phytosanitaire harmonisé pour faciliter le commerce agricole en Afrique de l’Ouest

Publié le 6 octobre 2024

Gendarmes, policiers, douaniers, transporteurs routiers, transitaires, inspecteurs phytosanitaires, commerçants et transformateurs… plus 87 acteurs clés du commerce agricole du Ghana, du Burkina Faso, du Niger et du Togo ont trouvé un intérêt particulier sur le certificat phytosanitaire harmonisé instauré par la Commission de la CEDEAO pour contribuer à faciliter les échanges entre pays de la sous-région.

Pendant des années, les agriculteurs et les commerçants de la région de la CEDEAO faisaient face à diverses difficultés pour vendre leurs produits d’un pays à l’autre à cause des réglementations sanitaires disparates. Amadou Kabré, un producteur de maïs burkinabé, se souvient : “Chaque frontière était comme un mur. Nos produits pouvaient être parfaits ici, mais refusés là-bas.”

Ce document standardisé utilisé désormais pour certifier que les plantes et les produits végétaux exportés d’un pays membre vers un autre répond aux normes phytosanitaires apparait comme un ouf de soulagement pour les commerçants de bétails comme l’atteste Alidou Alhassani, Président de la filière bétail et viande du Togo « Ce certificat est bienvenu. Il nous permet d’éviter de refaire les mêmes formalités à l’arrivée de nos animaux. Il permet d’éviter les pertes de temps et donc de réduire les prix de vente des animaux. »

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Dans le cadre de la mise en œuvre du programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA/FSRP), une vaste campagne de sensibilisation sur l’adoption du certificat phytosanitaire harmonisé a ciblé les acteurs clés du commerce agricole de pays pour simplifier les échanges commerciaux entre les pays membres de la CEDEAO en réduisant les barrières non tarifaires et les barbières techniques.

Ces séances de sensibilisation ont été couplées avec des formations des inspecteurs phytosanitaires sur le Guide harmonisé d’inspection sanitaire et de prise de décision basées sur le risque. “C’est comme si on nous avait donné une nouvelle paire de lunettes”, déclare Kwesi, un inspecteur ghanéen. “Maintenant, nous pouvons identifier et prévenir ces dangers invisibles.”

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Le Guide et le certificat phytosanitaire harmonisés visent à garantir que les plantes et les produits végétaux sont exempts de parasites et de maladies, protégeant ainsi les écosystèmes agricoles des pays importateurs tout en assurant la santé des populations. Ces outils sont appréciés par des agents de douanes comme Adogblé Koffi Inspecteur des douanes, en charge des règles d’origine au Togo « Ces documents nous apportent des outils supplémentaires de contrôle aux frontières et également de connaitre les acteurs impliqués dans la délivrance du certificat que nous pouvons contacter en de doute sur son authenticité. Il nous a été enseigné aussi les techniques de contrôle pour des produits spécifiques. »
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Aujourd’hui, Amadou regarde avec espoir vers l’horizon. “Les frontières commencent à s’ouvrir, pas seulement physiquement, mais dans nos esprits aussi. Nous commençons à voir l’Afrique de l’Ouest comme un seul grand marché.” La CEDEAO multiplie les efforts pour la promotion du commerce intra-régional et la protection des cultures contre les menaces phytosanitaires, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire et à la résilience agricole en Afrique de l’Ouest à la grande joie des acteurs. Pour M.  Sablikou BANIKOLE, Inspecteur phytosanitaire au Port Autonome de Lomé, « dans notre travail, il y a un manque de communication entre acteurs. Cette initiative de la CEDEAO nous a permis d’échanger avec les autres acteurs du commerce régional. Nous avons tous appris et il en ressort une adhésion totale des acteurs clés. »

Les résultats de ces initiatives commencent à se faire sentir. On observe une flexibilité significative dans l’examen des produits aux portes des frontières avec donc moins de rejets pour des raisons SPS que cela n’aurait été auparavant.

Ces différentes sensibilisations démontrent qu’avec une approche collaborative et ciblée, les obstacles au commerce peuvent être surmontés.

Développement rizicole au Togo : Adoption de la Technologie Smart Valleys par les producteurs

Publié le 6 octobre 2024

Le développement du secteur rizicole fait partie des stratégies de développement agricoles des pays en Afrique de l'Ouest et plus particulièrement au Togo. Le riz est un aliment de base pour une grande partie de la population togolaise avec une consommation annuelle par habitant estimée à 35 kg. Et pourtant, le pays fait face à un défi majeur : la production nationale ne couvre qu'une partie des besoins, atteignant environ 165 000 tonnes en 2020, loin derrière les 450 000 tonnes nécessaires. Cette situation amène le pays à dépendre des importations pour environ 60 % de sa consommation de riz.

Pour inverser cette tendance, le Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l'Ouest (FSRP) dont le riz est l'une des filières prioritaires, a entrepris avec l'interprofession du riz au Togo, une initiative visant à diffuser largement la technologie Smart Valleys. C'est un système d'aménagement sommaire des bas-fonds conçu pour retenir et gérer les eaux pluviales dans les champs tout en réduisant la perte d'engrais due aux inondations, et elle permet d'augmenter significativement les rendements à la récolte (plus de détails sur le Smart Valleys https://bit.ly/3TM17VT)

Récemment (du 24 au 29 juin 2024), une session de formation d 'un pool de 20 formateurs endogènes s'est tenue pour initier les producteurs à cette technologie. Chaque formateur a ensuite transmis ses connaissances à dix autres producteurs dans vingt villages de la région centrale du Togo. Lors de ces sessions, les participants ont appris non seulement l'approche Smart Valleys, mais aussi son fonctionnement et ses avantages pour maximiser les rendements sur des surfaces limitées.

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En plus de la formation, les producteurs ont reçu des kits outils pour aménager leurs parcelles, incluant brouettes, bottes, cordeaux, coupe-coupe, daba, pioches et autres matériels nécessaires pour mettre en pratique la méthode Smart Valleys. Parmi les bénéficiaires de cette formation, Abdourahim Milbawa, un jeune producteur de riz de Guérin kouka, dans la préfecture de Dankpen, a rapidement partagé ses nouvelles compétences avec d'autres producteurs de sa localité.

 

 

 

"Quand je suis revenu de la formation, j'ai réuni rapidement mes amis producteurs pour leur présenter cette technologie qui est pour moi une vraie innovation. J'ai expliqué sur ma parcelle comment aménager les terres tout en tenant compte de la direction de l'eau de pluie," raconte Abdourahim avec fierté.

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Le Smart Valleys combine des techniques agricoles éprouvées avec des technologies modernes pour optimiser l'utilisation des ressources naturelles et augmenter la productivité des rizières. L'accent est mis sur l'aménagement des vallées inondables avec la construction de digues, de canaux et de systèmes de drainage, pour contrôler l'eau et améliorer la fertilité des sols.

Un des avantages majeurs de cette technologie réside dans la gestion efficace de l'eau et de la semence : "Avant, je semais le riz en jetant la semence sur la plaine. Pour un hectare, il me fallait 50 kg de semences et le rendement avoisinait 3 tonnes. Avec Smart Valleys, je commence avec une pépinière et je fais le repiquage dans les casiers réalisés. J'utilise moins de semences, environ 5 kg par hectare, pour une récolte de près de 6 tonnes à l'hectare. C'est vraiment bénéfique," explique Abdourahim, heureux de maîtriser cette technique de production.

Autre site, autre expérience avec Mme Affi Koutèma, productrice de riz dans le canton de Yaloumbè dans la préfecture de Blitta, région centrale du Togo située à 260 km au nord de la ville de Lomé. Bénéficiaire de la formation comme Abdourahim, Mme Affi applique les connaissances acquises sur une surface de 0,25 ha.

Associée à deux autres productrices de riz, elle construit des casiers, gère l'eau de pluie tout en la canalisant ainsi que la semence pour le repiquage en ligne. Elle indique avec joie, les changements induits sur sa façon de produire le riz : « avant, je semais le riz à la volée et cela demandait 50 kg de semence sur 1 ha et un rendement de 2 tonnes. Aujourd'hui avec le smart valleys, dès que vous construisez les casiers, le reste est facile à faire et on utilise moins de semences. Pour un hectare, on utilise 4 à 5 kg de semences et on est sûr de récolter environ 6 ha. Je voudrais sincèrement remercier la Banque mondiale, la CEDEAO et le Ministère de l'agriculture du Togo pour les appuis multiformes apportés aux producteurs à travers le FSRP. »

Le Smart Valleys s'inscrit dans une stratégie plus large de développement agricole durable au Togo, en se concentrant sur des solutions locales pour améliorer la production alimentaire et renforcer la résilience des communautés face aux défis climatiques et économiques

Collaboration entre la CEDEAO et AKADEMIYA 2063 : une synergie pour le renforcement des politiques agricoles en Afrique de l’Ouest

Publié le 5 octobre 2024

En marge du Forum africain sur les systèmes alimentaires tenu du 2 au 6 septembre à Kigali, une rencontre s’est tenue entre le Directeur de l’Agriculture et du Développement Rural de la CEDEAO, Alain Sy Traoré, et le Président Exécutif d’AKADEMIYA 2063, Dr Ousmane Badiane. Accompagné de Konlani Kanfitin, Chef de la Division des Opérations Techniques de l’ARAA (Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation), Alain Sy Traoré a engagé des discussions stratégiques sur la collaboration entre la CEDEAO et AKADEMIYA 2063, avec un focus particulier sur la mise en œuvre de l’outil SCORECARD dans le cadre du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP).

L’outil SCORECARD, déjà déployé dans sept pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, est un instrument crucial visant à faciliter le commerce intra-régional des produits agricoles, et ainsi renforcer la sécurité alimentaire régionale. « Cet outil permet aux États de mieux suivre et évaluer leurs progrès en matière de politiques agricoles, tout en facilitant une meilleure intégration régionale », a souligné Alain Sy Traoré.

Les échanges ont également porté sur la possibilité de formaliser cette collaboration à travers un protocole d’accord entre la CEDEAO et AKADEMIYA 2063. Cet accord viserait à renforcer les capacités des États membres dans le développement de la nouvelle politique agricole de la CEDEAO 2025-2035, un chantier stratégique pour l’avenir de l’agriculture en Afrique de l’Ouest.

AKADEMIYA 2063, dont le siège est basé à Kigali, s’est donné pour mission de soutenir les efforts des États membres de l’Union africaine dans la réalisation de l’Agenda 2063. L’objectif est de transformer les économies africaines pour stimuler la croissance et la prospérité. L’institution fournit des données et analyses de pointe, indispensables pour orienter les politiques publiques des pays africains, tout en promouvant l’apprentissage mutuel entre les États.

Le renforcement de la collaboration entre la CEDEAO et AKADEMIYA 2063 s’avère stratégique pour l’Afrique de l’Ouest, une région en quête de politiques agricoles robustes et adaptées aux défis contemporains. En unissant leurs forces, ces deux institutions visent à promouvoir une meilleure gouvernance des politiques agricoles, fondée sur des données actualisées et des analyses pertinentes, tant au niveau des États membres que sur le plan régional.

Sierra Leone : Renforcement des capacités des prestataires de services de pulvérisation pour stimuler la gestion des mauvaises herbes dans le cadre de l’initiative Feed Salone

Publié le 5 octobre 2024

Dans le cadre du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest(FSRP), l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) a apporté un soutien essentiel à l’Institut de recherche agricole de Sierra Leone (SLARI) pour la mise en œuvre efficace de l’initiative Feed Salone.

Un aspect essentiel de cette collaboration consiste à relever les défis auxquels sont confrontés les agriculteurs locaux, la gestion des mauvaises herbes apparaissant comme l’un des problèmes les plus urgents. Les mauvaises herbes constituent une menace importante pour la production agricole, car elles entrent en concurrence avec des ressources vitales telles que la lumière, l’eau et les nutriments. Conscients de ce défi, l’IITA et le SLARI, avec le soutien du FSRP et du Ministère de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire, ont organisé un atelier de renforcement des capacités de deux jours visant à responsabiliser les fournisseurs de services de pulvérisation (SSP). Tenu à Taiama Resort dans le district de Moyamba du 18 au 19 septembre 2024, l’atelier de formation a ciblé 75 participants des régions de l’Est, du Sud et du Nord de la Sierra Leone.

La formation s’est attachée à doter les SSP des compétences, des connaissances et des technologies nécessaires à une gestion efficace des mauvaises herbes et à d’autres pratiques agricoles. Les sujets clés comprenaient les bonnes pratiques agronomiques, la gestion des mauvaises herbes dans le manioc, l’utilisation du calculateur d’herbicides de l’IITA et la sécurité et l’utilisation des herbicides. Ces outils sont essentiels pour améliorer la productivité, assurer la création d’emplois dans les communautés rurales et renforcer la sécurité alimentaire dans tout le pays.

L’atelier a été conçu non seulement pour fournir des connaissances théoriques, mais aussi pour s’assurer que les participants peuvent appliquer ces techniques directement sur le terrain. En utilisant des stratégies avancées de gestion des herbicides et en adhérant aux meilleures pratiques agronomiques, les agriculteurs devraient voir une augmentation significative du rendement de leurs cultures cette saison.

Grâce à l’intervention de l’IITA et du SLARI, les agriculteurs locaux devraient bénéficier grandement de ce partenariat. Le soutien continu de l’initiative Feed Salone continue de démontrer comment la collaboration internationale peut répondre aux besoins du secteur agricole de la Sierra Leone, en assurant une croissance durable et une résilience face aux défis.

Cette initiative promet un avenir meilleur pour les agriculteurs de la Sierra Leone, ainsi que pour les communautés qui dépendent de leur succès.

Sénégal : Les bases d’une collaboration renforcée avec les structures de mise en œuvre du FSRP au centre d’une rencontre à Dakar

Publié le 5 octobre 2024

Une étape importante vient d’être franchie dans la mise en œuvre du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA ou FSRP en anglais) au Sénégal. Quelques mois après son opérationnalisation, l’Unité de gestion du FSRP a mobilisé les structures de mise en œuvre et divers partenaires clés autour d’un atelier du 24 au 25 septembre à Dakar, pour plancher sur les conventions et les protocoles d’accord devant encadrer l’exécution des activités prévues pour renforcer la résilience du système alimentaire face aux défis climatiques et économiques au Sénégal.

Cette rencontre représente une étape cruciale dans le processus de mise en œuvre du projet au Sénégal. Elle a permis de partager des informations essentielles sur les origines et les objectifs du FSRP qui consiste à « Accroître la préparation à l’insécurité alimentaire et améliorer la résilience des systèmes alimentaires dans les pays participants ».

Face aux structures de mise en œuvre (SMO) du FSRP au Sénégal, le Coordonnateur national du FSRP Sénégal, Dr Mouhamadou DIA a expliqué la structuration et les modalités d’exécution du projet avant d’insister sur les résultats et impacts attendus à savoir, la réduction du nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire et le renforcement de la résilience des systèmes alimentaires.

Le projet FSRP, financé par la Banque mondiale et le FIDA, vise à renforcer la sécurité alimentaire à travers la modernisation des pratiques agricoles et la gestion durable des ressources naturelles. A ce titre, l’élaboration des conventions et protocoles d’accord avec les structures de mise en œuvre reste nécessaire pour mettre en place un cadre de travail structuré, qui permettra de coordonner efficacement, les efforts en vue d’un système alimentaire plus résilient au Sénégal.

Parmi ces structures, se trouvent des institutions publiques et privées telles que l’Agence Nationale d’Aviation Civile et de la Météorologie (ANACIM), le Secrétariat Exécutif du Conseil National de Sécurité Alimentaire (SE-CNSA), le Centre de Suivi Ecologique (CSE), la Direction de l’Horticulture (DHORT), la Direction de l’Agriculture (DA), la Direction de la Protection des Végétaux (DPV), l’Institut National de Pédologie (INP), etc.

Les interventions concerneront également des institutions académiques et de recherche telles que l’École Nationale Supérieure d’Agriculture (ENSA), et des fonds de soutien aux petites et moyennes entreprises agricoles, comme le Fonds National de Recherche sur l’Agriculture et l’Agroalimentaire (FNRAA) et le Fonds d’Appui à la Stabulation (FONSTAB).

A travers une convention avec le FONSTAB, il est prévu dans le cadre de la mise en œuvre des activités de la sous-composante 3.3, le financement de 1268 sous-projets de petite taille dont 708 pour les jeunes et les femmes, 576 sous-projets de taille moyenne et 9 sous-projets de grande taille.

Ces conventions et protocoles qui ont ainsi fait l’objet de discussions permettront de formaliser et de renforcer les collaborations entre le FSRP et les SMO et de garantir une mise en œuvre efficace des actions sur le terrain. Il s’agit donc là d’une démarche inclusive qui assurera la cohérence et l’efficacité des actions à mener dans le cadre du FSRP pour garantir la sécurité alimentaire et la résilience du système agricole sénégalais.

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