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Communiqué final du Forum 2026 des Prévisions Saisonnières des caractéristiques Agro-hydro-climatiques de la saison des pluies pour les zones Soudanienne et Sahélienne de l’Afrique l’Ouest et du Sahel (PRESASS, 2026)

Publié le 25 avril 2026

Pour la saison des pluies 2026, il est attendu des cumuls pluviométriques excédentaires à moyens dans le Sahel Centre et Est et normaux à déficitaires dans la zone soudanienne et le Sahel Ouest, avec des dates de démarrage moyennes à tardives dans le Sahel Ouest et normales à précoces dans le Sahel Centre et Est, des dates de fin tardives à moyennes dans le Sahel Ouest et normal dans le Sahel Centre et Est, des séquences sèches globalement longues à moyennes et des écoulements globalement moyens à excédentaires dans les principaux bassins fluviaux.
Organisée du 20 au 24 avril 2026 à Ndjaména au Tchad, par AGRHYMET Centre Climatique Régional pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (AGRHYMET CCR-AOS) et l’Agence Nationale de la Météorologie (ANAM) et la Direction des Ressources en Eau du Tchad, en collaboration avec le Centre Africain pour les Applications de la Météorologie au Développement (ACMAD), les services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) des 17 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, les organismes des bassins fluviaux et avec la participation des représentants des plateformes d’interface utilisateurs (des secteurs de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, des ressources en eau et réduction des risques des catastrophes et de la sécurité climatique) et des points focaux des actions anticipatoires, l’édition 2026 du PRESASS est parvenue aux conclusions ci-après.

I. Synthèses des prévisions
Les prévisions saisonnières sont basées sur une méthodologie objective de nouvelle génération, l’analyse de la situation actuelle et des évolutions probables des Températures de Surface des Océans (TSO), les prévisions des centres climatiques mondiaux et les analyses statistiques des données des Services Météorologiques et Hydrologiques Nationaux (SMHNs) et la connaissance des experts sur les caractéristiques du climat en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Sur la base de la référence climatologique 1991-2020, les différentes analyses ont permis d’établir les prévisions suivantes :
• Des cumuls pluviométriques globalement déficitaires à moyens sont attendus sur la période de Mai-Juin-Juillet en Afrique de l’Ouest et au Sahel, sauf dans quelques localités du Niger, du Nord-Ouest du Nigéria et des zones côtières des pays du Golfe de Guinée. Sur la période Juin-Juillet-Août 2026, le déficit pluviométrique va encore persister sur les mêmes zones, avec une extension sur le Nigeria (au centre et à l’Ouest) et sur la zone agricole du Tchad. La situation d’excédent pluviométrique va aussi persister sur le Niger, dans certaines localités de l’extrême Nord du Nigeria, le Centre et l’Est du Burkina Faso, le Centre et l’Est du Mali et l’Est de la Mauritanie. Sur la période Juillet-Août-Septembre, la situation de déficit pluviométrique va persister dans le Sahel Ouest (Ouest Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau et sur les parties Centre et Est de la Guinée), en Côte d’Ivoire, au Liberia et dans les parties Sud du Ghana, du Togo, du Bénin, du Nigéria et du Tchad. En revanche, les cumuls pluviométriques seraient plutôt excédentaires à normaux dans les zones du Sahel Centre et Est, couvrant le Centre du Tchad, le Niger, la partie Nord du Nigéria, les parties Centre et Nord du Bénin, le Burkina Faso (excepté l’extrême Sud), les parties Centre et Est du Mali, la partie Est de la Mauritanie et dans les zones littorales de la Sierra Leone et de la Guinée.
• Des dates de début de saison normales à précoces sont prévues sur la bande sahélienne couvrant les zones agricoles du Tchad et du Niger ainsi que le Centre et le Nord du Nigeria, du Bénin et du Togo et la moitié Est du Burkina Faso. Les dates de début de saison seraient plutôt normales à tardives dans le Sahel Ouest couvrant l’Ouest du Burkina Faso, presque toute la zone agricole du Mali, l’extrême Nord de la Guinée, la Guinée-Bissau, le Sénégal, la Gambie, le Cap Vert et la partie Sud de la Mauritanie.
• Des dates de fin de saison tardives à moyennes sont attendues dans le Sahel Ouest (zone agricole du Mali, le Centre et le Nord de la Guinée, Guinée-Bissau, Gambie, Sénégal, le Cap Vert et le Sud Mauritanie). Dans le Sahel Centre et Est, les dates de fin de saison seraient plutôt normales à tardives, notamment dans les zones agricoles du Tchad et du Niger, le Burkina Faso, dans les parties Nord du Nigeria, du Bénin, du Togo, du Ghana et de la Côte d’Ivoire, le Liberia et dans le Sud de la Sierra Leone et de la Guinée.
• Des durées de séquences sèches longues à moyennes sont prévues en début de saison des pluies sur toutes les banes soudaniennes et sahéliennes de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel. Dans la deuxième moitié de la saison des pluies, ces séquences seraient également longues à moyennes dans la zone agricole du Tchad, les parties Centre et Ouest de la bande agricole du Niger, le Nord-ouest du Nigeria, les parties Nord du Bénin, du Togo, et du Ghana, le Burkina Faso et dans l’Est du Mali. Elles seraient plutôt moyennes à longues dans le Sahel Ouest (Nord de la Sierra Leone, Centre et Ouest de la Guinée, Guinée-Bissau, Sénégal, Gambie et Sud de la Mauritanie).
• Des écoulements moyens sont attendus dans le bassin du Sénégal (au Sénégal, en Gambie, au Mali et en Mauritanie), le haut bassin du fleuve Niger (en Guinée, au Mali et en Côte d’Ivoire), le Delta Intérieur du fleuve Niger au (Mali), le Niger moyen (au Mali, au Niger, au Burkina Faso, au Bénin et au Nigeria), la moyenne Bénoué (au Nigeria), le bassin du Sénégal (au Sénégal et en Gambie), le bassin de la Gambie (en Gambie et au Sénégal), le bassin de la Volta, (au Mali, au Burkina Faso, au Bénin, au Togo, au Ghana et en Côte d’Ivoire), ), la Comoé (au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire), les bassins de la Bandama et du Sassandra (en Côte d’Ivoire), le Cavally (en Côte d’Ivoire et au Liberia), le Chari (au Tchad), le Mono (au Togo et au Bénin), l’Ouémé (au Bénin). Il est attendu, des écoulements excédentaires dans les bassins du Logone (au Tchad), la Komadougou Yobé (au Niger et au Nigeria). Enfin, le haut bassin de la Bénoué (au Nigeria et au Tchad), le Delta Inférieur du fleuve Niger (au Nigéria), le Lofa (au Liberia et en Guinée), les bassins du Congo et du Konkouré (en Guinée) connaitraient des écoulements déficitaires.

II. Implications possibles des prévisions saisonnières 2026
Les prévisions saisonnières 2026, bien que présageant des caractéristiques globalement favorables dans le Sahel Centre et Est, peuvent avoir des implications négatives dans certaines localités de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel. En effet, dans les zones où il est attendu des cumuls pluviométriques supérieurs aux moyennes, des dates de début de saison normales à précoces, des séquences sèches moyennes à longues et des écoulements supérieurs aux moyennes, il n’est pas exclu d’observer des situations d’excès d'humidité pour les cultures, de ruissellements érosifs et dangereux et de débordement des cours d'eau. Ces situations pourraient entraîner des risques variés selon les zones, notamment des difficultés de déplacement des personnes et des animaux, ainsi que d’accès aux centres d’intérêt vitaux, économiques et sanitaires, en particulier dans les zones d’insécurité civile. Elles présagent également des risques importants d’inondations, de submersion des espaces agricoles et espaces fourragers, de pertes en vies animales et humaines, de destruction d’infrastructures (notamment les routes, les réseaux électriques, les marchés, les écoles, les centres de santé, les lieux de culte, les cimetières et les biens matériels). Elles peuvent en outre favoriser la prolifération des germes de maladies hydriques et diarrhéiques, la prolifération de ravageurs de cultures, la grégarisation des criquets pèlerins, des éboulements, l’ensablement des cours d'eau, la prolifération de mauvaises herbes, des pertes post-récoltes, etc.
Dans les zones où il est attendu des cumuls pluviométriques déficitaires, des dates de début de saison tardives et des séquences sèches longues, il faut s’attendre à une répartition inégale des pluies susceptibles de perturber les calendriers culturaux, la croissance des cultures et des plantes fourragères, ainsi que les mouvements de transhumance. Cette situation pourrait aussi prolonger la période de soudure, exacerber la vulnérabilité des populations et entrainer l’abandon de champs et favoriser le départ des bras valides en exode. Ces zones seraient aussi exposées à des risques de canicules et de vents chauds pouvant entrainer des retards et des pertes de semis, des baisses de rendements agricoles. Cette situation pourrait exacerber l’inflation, la hausse des prix des denrées alimentaires, la dépréciation des prix des animaux et les situations de crises alimentaires et nutritionnelles.
La conjugaison de ces risques climatiques probables avec l’insécurité civile, la pauvreté des populations et la vulnérabilité des ménages pourrait accroître les tensions sociales, les conflits fonciers, les conflits entre éleveurs et agriculteurs, les conflits autour des infrastructures publiques et favoriser le désoeuvrement des populations, le banditisme, les violences, etc.
III. Recommandations
1) Par rapport au risque d’inondations
La situation globalement humide attendue dans le Sahel Centre et Est et les écoulements excédentaires prévus dans certains des bassins fluviaux, comme ceux du Lac Tchad et de la Komadougou Yobé présagent des risques d’inondations. Pour y faire face, il est recommandé de :
• renforcer les actions anticipatoires, la veille opérationnelle et les capacités d’intervention des agences en charge du suivi des inondations et des aides humanitaires ;
• sensibiliser les communautés, notamment celles exposées aux risques afin de réduire les impacts des catastrophes ;
• renforcer les digues de protection et assurer la maintenance des infrastructures routières et des barrages en mettant l’accent sur une gestion basée sur les prévisions;
• curer les carnivaux et assainir les agglomérations afin de faciliter l’évacuation des eaux de pluie ;
• renforcer la collaboration entre les services hydrologiques, météorologiques et ceux de la protection civile, pour une meilleure gestion anticipative des risques d’inondation ;
• éviter le déplacement du cheptel dans les zones à risque d’inondation et de forts ruissellements, sans surveillance adéquate ;
• favoriser la culture des plantes adaptées à des situations d’excès d’eau dans le sol, comme le riz pluvial ;
• veiller à la sécurisation des personnes vulnérables, notamment les enfants, les femmes, les personnes âgées et celles à mobilité limitée ;
•renforcer la communication des prévisions saisonnières et leur utilisation par les communautés, en appuyant les efforts de la presse, des plateformes de réduction des risques de catastrophes, des ONG et des Systèmes d’Alertes Précoce (SAP) des pays.

2) Par rapport aux risques de maladies et d’attaques phytosanitaires
Les zones humides et celles inondées peuvent favoriser le développement des germes de maladies climato-dépendantes (choléra, malaria, dengue, bilharziose, etc). Aussi, les dates de début de saison tardives et les séquences sèches longues attendues pourraient occasionner une persistance de hautes températures, des soulèvements de poussière et la prolifération d’insectes nuisibles et d’autres germes de maladies respiratoires et épidémiques. À cet effet, il est recommandé de :
• renforcer les capacités des systèmes nationaux de santé et des plateformes nationales de réduction des risques de catastrophes ;
• assainir les villes et éviter le contact avec les eaux contaminées ;
• prévenir les maladies, en vaccinant les populations et les animaux ;
• prévenir les épizooties à germes préférant de bonnes conditions humides ou sèches ;
• renforcer la vigilance contre les ravageurs des cultures comme le criquet pèlerin et la chenille légionnaire d’automne, au vu des conditions humides attendues dans le Sahel Centre et Est ;
• renforcer la veille sur la fièvre de la vallée du Rift, au vu du caractère excédentaire des pluies dans le Sahel centre et Est ;
• renforcer la diffusion des informations d’alerte sur les maladies à germes climato-sensibles, en collaboration avec les services de météorologie, d’hydrologie et de la santé des ONGs, des Radios communautaires, etc.

3) Par rapport au risque de sécheresse
Dans les zones où il est prévu des séquences sèches longues et des dates de fin de saison précoces pouvant entraîner des déficits hydriques et affecter la croissance et les rendements des cultures et des plantes fourragères, il est recommandé de :
• prévenir la prolifération de la chenille mineuse de l’épi du mil ;
• assurer une gestion rationnelle des ressources en eau de surface pour satisfaire les différents usages et prévenir les conflits;
• promouvoir le déploiement de techniques climato-intelligentes adaptées à la sécheresse et de stratégies de réduction des risques de baisse de production, notamment : le choix d’espèces ou variétés tolérantes au déficit hydrique, l’irrigation de complément, la grande irrigation, l’utilisation efficiente des conseils agrométéorologiques et le développement d’autres activités génératrices de revenus ;
• favoriser le transfert des risques pour protéger les producteurs contre les pertes de récoltes, à travers la souscription à des assurances agricoles indicielles ;
• assurer une diffusion régulière et à temps opportun des informations météorologiques, climatiques et hydrologiques ainsi que des conseils spécifiques aux utilisateurs et aux décideurs, tout au long de la saison des pluies.
• interagir avec les services nationaux et régionaux de Météorologie, d’Hydrologie et d'Agriculture pour obtenir des informations spécifiques et des conseils adéquats.

4) Par rapport aux risques de conflits
Dans les zones où il est prévu des dates de début de saison tardives, des séquences sèches longues et des dates de fin de saison précoces pouvant entraîner des déficits de production agricole et fourragère, il est recommandé de :
• renforcer les capacités de production à la base, en promouvant l’utilisation de stratégies adéquates d’adaptation, d’augmentation des revenus et de résilience des systèmes agro-sylvo-pastoraux de production;
• créer et entretenir des conditions d’une gestion inclusive, non discriminatoire et équitable des infrastructures publiques et des ressources productives, environnementales et socio-économiques ;
• favoriser la création d’emplois, l’entrepreneuriat privé et promouvoir des activités génératrices de revenus, notamment pour les femmes et les jeunes afin de résorber le désoeuvrement. Ceci renforcera le rattachement des populations à leur terroir et diminuera les migrations et départs massifs en exode ;
• développer des infrastructures de base,
• promouvoir des actions d’amélioration des moyens d’existence des communautés en vue de sécuriser les travaux agro-pastoraux, notamment dans les zones d’insécurité civile.

5) Recommandations pour mieux tirer profit de la saison des pluies
Au regard de la configuration globalement hétérogène de la saison en Afrique de l’Ouest et au Sahel, il est recommandé aux agriculteurs, éleveurs, gestionnaires des ressources en eau, projets, ONG et aux décideurs politiques de:

valoriser les situations d’excès d’eau, à travers l’exploitation adéquate des plaines inondables et des eaux de surface ;
• mettre en place des dispositifs de collecte et de conservation des eaux de pluie pour la continuité des usages agricoles et domestiques en saison sèche ;
• investir davantage dans les cultures à hauts rendements adaptées aux conditions d’humidité et aux dates de démarrage et de fin de saison prévues notamment dans le Sahel Centre et Est (riz, canne à sucre, tubercules, etc.) ;
• soutenir le déploiement de techniques agrométéorologiques permettant d’augmenter les rendements des cultures et des plantes fourragères;
• renforcer les dispositifs d’information, d’encadrement et d’assistance agro-hydro-météorologiques aux producteurs ;
• renforcer les actions de veille sur le criquet pèlerin, notamment dans les pays de la ligne de front ;
• faciliter aux producteurs l’accès à des semences améliorées et à des intrants agricoles adaptés à leurs besoins, pour une meilleure valorisation de la saison des pluies ;
• motiver les producteurs et productrices à mieux exploiter les superficies cultivables, notamment les zones à accès difficile;
• sécuriser les revenus des producteurs agricoles, en promouvant la souscription à des assurances agricoles indicielles.
• renforcer les mécanismes de coordination interministérielle afin de répondre plus efficacement aux impacts liés aux conditions Agro-hydro-climatiques.
Enfin, il est recommandé aux utilisateurs des différents secteurs d’être attentifs aux mises à jour de ces prévisions saisonnières qui seront faites par AGRHYMET CCR-AOS et les services météorologiques et hydrologiques nationaux, tout au long de la saison des pluies.

Togo : des équipements modernes à près de 200 femmes transformatrices de riz en vue de renforcer leur autonomisation

Publié le 30 mars 2026

Face à une demande en riz en constante progression, le Togo accélère la modernisation de sa filière rizicole, encore marquée par des insuffisances au niveau de la transformation locale. Longtemps confrontées à des équipements rudimentaires et à des conditions de travail pénibles, les femmes transformatrices amorcent aujourd’hui un tournant décisif grâce à l’introduction de technologies adaptées.

Près de 200 femmes, organisées en cinq coopératives réparties dans les régions Centrale, Kara et des Savanes, ont récemment bénéficié de kits modernes d’étuvage du riz dans le cadre du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP). Ces équipements comprennent notamment des cuves de trempage d’une capacité allant de 800 kg à une tonne, des étuveuses de 120 kg munies de tamis en inox et alimentées par des foyers améliorés, ainsi que des bâches de séchage. Cet appui matériel est complété par des formations techniques et entrepreneuriales destinées à renforcer les capacités de gestion et à améliorer la rentabilité des activités.

L’introduction de ces équipements permet non seulement d’accroître les volumes de production, mais aussi de réduire significativement les pertes post-récolte et d’améliorer la qualité du riz étuvé. Les conditions de travail des transformatrices s’en trouvent également améliorées, avec des procédés plus sûrs et moins pénibles. Le riz ainsi transformé, plus nutritif et mieux valorisé sur le marché, offre de nouvelles perspectives économiques, contribuant à l’augmentation des revenus et à l’autonomisation des bénéficiaires.

La remise officielle des équipements, organisée le 25 mars 2026 à Tchamba, s’inscrit dans une dynamique nationale de modernisation de l’agriculture et de promotion de l’entrepreneuriat féminin en milieu rural. Cette initiative met en avant le rôle stratégique de la transformation locale du riz dans la réduction de la dépendance aux importations et dans le renforcement de la sécurité alimentaire.

Au-delà de la dotation en matériel, l’approche adoptée repose sur un accompagnement global incluant un suivi technique rapproché, afin de garantir une appropriation durable des technologies par les coopératives. Sur le terrain, cette action est perçue comme un levier important pour dynamiser l’économie locale, améliorer les conditions de vie des populations et consolider la résilience des systèmes alimentaires.

À travers cette initiative, le Togo confirme son engagement à faire de la filière rizicole un moteur de développement inclusif, en plaçant les femmes au cœur de la transformation agricole.

Sénégal : Fermes agricoles modernes, les travaux d’aménagement officiellement lancés à Taif, Mbayenne et Niakhène

Publié le 14 mars 2026

Dans le cadre du programme d’aménagement de 1 000 hectares de fermes agricoles modernes dédiées aux coopératives agricoles communautaires, le FSRP-SN a procédé en Février, à la remise officielle des sites aux entreprises en charge des travaux d’aménagement dans les communes de Taif (région de Diourbel) et Mbayenne et Niakhène (région de Thiès).

La remise des sites aux entreprises s’est tenue en présence des autorités administratives et territoriales, des services techniques déconcentrés, des bénéficiaires et des représentants des coopératives, qui ont contribué à la mobilisation et à la sécurisation foncière des sites.

Réparties en 50 fermes de 20 hectares, elles sont subdivisées en parcelles de 1ha, principalement destinées aux jeunes et aux femmes agripreneurs, afin de promouvoir l’entrepreneuriat agricole et dynamiser l’économie rurale.

Les travaux d’aménagement prévoient notamment la réalisation de forages, l’installation de systèmes d’irrigation modernes (pivot, goutte-à-goutte et aspersion), la construction de bassins de stockage d’eau, de serres agricoles, ainsi que de bâtiments multifonctionnels pour les coopératives. Les sites seront également sécurisés par des clôtures et équipés d’infrastructures destinées à l’élevage (aviculture, embouche ovine et caprine).

Le système de pompage reposera principalement sur l’énergie solaire et thermique (groupe électrogène en appoint), réduisant les coûts d’exploitation et l’empreinte carbone.

En parallèle, un dispositif d’appui à la mise en valeur sera déployé, avec la mise à disposition de conseillers agricoles et des sessions de formation pour accompagner les bénéficiaires vers une exploitation performante et durable.

Portée par le Ministère de l’Agriculture, de l’Équipement rural et de la Souveraineté alimentaire, cette initiative vise à moderniser la production agricole, créer des emplois pour les jeunes et les femmes et renforcer la souveraineté alimentaire du Sénégal.

Un vent d’espoir pour les producteurs

Lors de la remise des sites, les représentants des coopératives et les producteurs ont exprimé leur enthousiasme et leur espoir face à ces investissements structurants qui devraient transformer durablement les conditions de production agricole dans ces localités.

Pour de nombreux jeunes et femmes ruraux, ces fermes modernes représentent une opportunité concrète d’accès à la terre, aux équipements modernes et à des revenus durables.

La mise en œuvre de ces infrastructures sera assurée par l’ANIDA, en étroite collaboration avec les autorités administratives et territoriales, les services techniques déconcentrés (DRDR, ANCAR, SDDR, DREEC, etc.) et les organisations de producteurs.

À travers cette initiative, le PRSA/FSRP-SN contribue activement à moderniser l’agriculture, renforcer la résilience des systèmes alimentaires et accélérer l’atteinte de la souveraineté alimentaire au Sénégal.

Sierra Leone : les agriculteurs obtiennent des résultats immédiats grâce à la recherche sur le terrain soutenue par le FSRP

Publié le 14 mars 2026

Pendant de nombreuses années, les petits exploitants agricoles des communautés rurales ont eu du mal à augmenter leurs rendements malgré leur travail acharné et leur expérience. L'accès limité à la recherche pratique et aux technologies modernes les a contraints à s'en remettre à des pratiques agricoles traditionnelles qui ne produisaient plus de résultats optimaux. Grâce au programme FSRP, ce défi est désormais relevé grâce à des solutions adaptatives issues de la recherche sur le terrain financée par le projet.

Dans le cadre du soutien à la recherche adaptative du FSRP, six chercheurs de l'Institut de recherche agricole de Sierra Leone (SLARI) ont reçu des subventions pour travailler en étroite collaboration avec les agriculteurs, testant des pratiques de production améliorées sur des parcelles agricoles réelles plutôt que dans des laboratoires éloignés. Les agriculteurs ont participé activement à la sélection des variétés de cultures, à l'essai de techniques de gestion de la santé des sols et des plantes, et à l'affinement des calendriers de plantation en fonction des conditions climatiques locales. Cette approche pratique leur a permis de constater les résultats de leurs propres yeux et de comparer les nouvelles méthodes avec leurs pratiques traditionnelles.

Afin de garantir un impact immédiat sur les petits exploitants, le FSRP a collaboré avec les chercheurs pour affiner l'orientation de leurs recherches. Les domaines prioritaires comprenaient la réduction de la contamination par l'aflatoxine, l'amélioration de la santé des plantes, l'optimisation de l'efficacité des engrais et la promotion de pratiques agricoles intelligentes face au climat. L'objectif était simple : augmenter la productivité tout en réduisant les coûts de production.

Pour Mohamed Kamara, un agriculteur dont les produits ont été rejetés il y a deux ans en raison de niveaux élevés d'aflatoxine, ces nouvelles connaissances lui ont redonné espoir. « Mes récoltes ont été rejetées et j'ai perdu mes revenus », a-t-il déclaré. « Maintenant, je comprends comment prévenir l'aflatoxine. Cela signifie de meilleurs prix, plus de nourriture pour ma famille et un avenir sûr. »

Le manioc étant la deuxième denrée de base du pays et pouvant être transformé en énergie, Ibrahim Boa, un producteur de manioc, a qualifié cette recherche de transformatrice. Il a acquis les compétences nécessaires pour convertir les déchets de manioc en énergie, réduisant ainsi les déchets et créant une source d'énergie alternative pour la transformation. « Ce que nous jetions auparavant peut désormais nous aider à économiser de l'argent et à améliorer la production », a-t-il déclaré.

À la fin de la saison des récoltes 2025, le FSRP a rendu visite à cinq des communautés participantes et a constaté des améliorations notables. Environ 10 000 agriculteurs ont adopté ces techniques jusqu'à présent, réduisant leurs dépenses de production et augmentant leurs rendements de 1,5 %. Plus important encore, les agriculteurs ont fait confiance à ces innovations, car elles ont été développées sur leurs propres champs et sont en phase avec leurs connaissances indigènes.

L'approche du FSRP démontre que l'augmentation de la production ne nécessite pas toujours des interventions complexes ou coûteuses. En soutenant la recherche adaptative et en encourageant l'appropriation des résultats de la recherche par les communautés, le FSRP obtient des résultats pratiques, immédiats et durables pour les petits agriculteurs de toute la Sierra Leone.

Sierra Leone : Construire des communautés résilientes aux inondations grâce à un système d'alerte précoce efficace

Publié le 14 mars 2026

Il y a deux ans, les communautés agricoles riveraines de Sierra Leone ont perdu environ 15 % de leur production de riz en raison des inondations, ce qui a entraîné une baisse des rendements, une perte de revenus et une insécurité alimentaire accrue pour les petits exploitants agricoles. À l'époque, le système d'alerte précoce (SAP) du ministère de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire (MAFS) n'était pas pleinement opérationnel, ce qui limitait la capacité des agriculteurs à se préparer aux chocs climatiques.

Dans le cadre de son mandat visant à renforcer les systèmes alimentaires de la Sierra Leone, le Programme de résilience des systèmes alimentaires (FSRP) a relancé et renforcé le système national d'alerte précoce afin de mieux protéger les agriculteurs contre les risques climatiques. En étroite collaboration avec des partenaires clés, notamment l'Agence météorologique de Sierra Leone (SLMeT), l'Autorité nationale de gestion des ressources en eau (NWRMA) et l'Autorité nationale de gestion des catastrophes (NDMA), le programme a fourni des infrastructures essentielles, produit des bulletins et renforcé les capacités techniques afin d'améliorer la disponibilité et l'utilisation d'informations climatiques fiables et actualisées.

Le projet a permis d'acheter et d'installer 15 stations météorologiques pour la SLMeT, de construire des stations hydrologiques pour la NWRMA dans tout le pays, de fournir des gadgets modernes de collecte de données et de renforcer les capacités des techniciens et des agents de vulgarisation à collecter, analyser et diffuser les données d'alerte précoce. Ces investissements se traduisent désormais par des avantages tangibles pour les communautés agricoles.

Pour Mabinty Conteh, petite exploitante agricole du village de Robere, dans le district de Port Loko, l'accès à des prévisions météorologiques précises et à des calendriers agricoles a véritablement changé la donne. « Avant, je semais les graines au hasard », explique-t-elle. « Maintenant, je sais quand les pluies vont commencer et combien de temps elles vont durer. » En ajustant ses dates de semis et ses choix de cultures, Mabinty a augmenté ses rendements et réduit ses pertes de production.

De même, Isata Sesay, qui a perdu toute sa ferme lors des inondations de 2023, a retrouvé l'espoir grâce au soutien du FSRP. Ayant perdu ses semences, ses économies et ses revenus, elle n'a pas pu cultiver la saison suivante. En 2024-2025, le FSRP l'a aidée en lui fournissant des intrants pour cultiver un hectare de riz. Au moment de la récolte, Isata a déclaré : « Les inondations m'ont tout pris, et ma famille avait du mal à se nourrir. Grâce au FSRP, je cultive à nouveau et je suis une femme indépendante. »

À la fin de l'année 2025, lors d'une visite conjointe sur le terrain dans l'une des communautés riveraines, Jounah Kamara, bénéficiaire du NWRMA, a témoigné de l'impact du soutien au renforcement des capacités. « Le FSRP m'a fourni les connaissances et les outils dont j'avais besoin pour fournir aux agriculteurs des informations précises, en reconnaissant que l'eau joue un rôle essentiel dans la production alimentaire. Avant le FSRP, je disposais de compétences et d'équipements limités pour surveiller les niveaux d'eau et partager les données en temps utile. Aujourd'hui, je suis convaincu que notre travail protège directement des vies et des moyens de subsistance. »

Lors de la célébration de la Journée mondiale de l'alimentation 2025, le ministre de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire, le Dr Henry Musa Kpaka, a fièrement reconnu la contribution du FSRP au renforcement du système d'alerte précoce en tant qu'infrastructure essentielle soutenant l'initiative Feed Salone. « En transformant les données climatiques en conseils pratiques pour les agriculteurs, a-t-il déclaré, nous réduisons les pertes, augmentons la productivité et préservons la sécurité alimentaire nationale. »

Grâce à ce système d'alerte précoce renforcé, le FSRP construit des communautés résilientes aux inondations et veille à ce que les chocs climatiques ne détruisent plus les gains durement acquis par les agriculteurs.

Togo : des données agro-hydro-météorologiques qui améliorent la productivité agricole

Publié le 14 mars 2026

Pendant longtemps, les producteurs ont vécu au rythme d’un ciel imprévisible et la météo relevait presque d’une énigme. Fallait-il semer maintenant… ou attendre la pluie ?

Dans les villages, cette incertitude entraînait parfois des pertes et obligeait à recourir au crédit pour poursuivre la saison.

À Gadjagan, dans la préfecture d’Agou, AGBAKLA Véronique connaissait bien cette réalité. « Avant nous produisions sans tenir compte des données météorologiques. Souvent on semait et il ne pleuvait pas. Nous cultivions dans l'incertitude (…)

Aujourd’hui, les producteurs apprennent à anticiper. Grâce au numérique, les informations agro-hydro-climatiques ne sont plus lointaines ou incertaines : elles sont accessibles, compréhensibles et utiles au quotidien. Cette innovation introduite par le Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l'Ouest (FSRP TOGO) et ses partenaires permet aux producteurs de faire les bons choix, au bon moment, augmentant ainsi les chances de réussite des campagnes agricoles.

« Depuis que nous recevons les informations météorologiques, nous savons maintenant quand il faut semer. Nous savons également des semaines à l'avance, s'il va pleuvoir ou pas. Cela améliore nos rendements ».

Les comités de relais mis en place au sein des Zones d'Aménagement Agricole Planifiées (ZAAP), jouent un rôle clé. Ces acteurs de terrain transmettent à leurs pairs exploitants et en langues locales, les prévisions pluviométriques produites par l’Agence Nationale de la Météorologie du Togo (ANAMET), diffusées à travers des solutions numériques. A Gadjagan, le comité de relais se réunit une fois par mois et partage les informations météorologiques reçues avec les 178 producteurs membres de la ZAAP. À l’instar de la ZAAP de Gadjagan, 39 sous-comités météo ont été mis en place pour relayer les informations climatiques dans les six régions agricoles du Togo. Chaque message, chaque alerte, leur permet de mieux planifier les semis, d’organiser la campagne et de protéger les récoltes.

Tout commence par des prévisions météorologiques produites par l’Agence Nationale de la Météorologie du Togo (ANAMET). Mais pour être utiles, ces informations doivent atteindre les producteurs, au bon moment. Grâce à la plateforme SIHAM, une solution numérique innovante qui améliore la diffusion des prévisions pluviométriques, les messages sont diffusés en message et appel en français et en langues locales directement aux producteurs agricoles organisés autour des ZAAP.

Derrière cette initiative du projet, un partenariat public-privé dynamique, porté par le FSRP, l’ANAMET, l’IFDC, les services de télécommunications (Moov, Yas togo) et d’autres structures partenaires (ICAT, CTOP) qui réunissent expertise et technologie pour faire de la météo un véritable allié des producteurs.

Par ailleurs, la réhabilitation et l’équipement des stations météorologiques ont modernisé la collecte des données climatiques. Le FSRP Togo a permis l’acquisition de pièces de rechange ayant facilité la remise à niveau des stations météorologiques automatiques, renforçant ainsi son réseau sur le plan mondial. Avec les nouveaux équipements d’interconnexion et de transmission, les informations circulent mieux et sont analysées de façon plus fluide. Pour tirer le meilleur parti de ces innovations, le FSRP a soutenu la formation des cadres de l’ANAMET en agrométéorologie, changement climatique et développement durable à l’Agrhymet

Aujourd’hui, ces compétences renforcées leur permettent de transformer ces données en prévisions fiables, directement utiles aux producteurs sur le terrain.

« Avant le taux de réussite de nos prévisions tournait autour de 40%. Avec la formation, nous avons contribué à l'amélioration de nos bulletins jusqu'à un taux de 85 %». Indique un bénéficiaire de la formation en changement climatique

À travers cette initiative, 123 598 producteurs dont 41,28 % de femmes ont désormais accès aux informations agro-hydrométéorologiques.

Synthèse régionale des missions d’appui du FSRP : des progrès significatifs dans la mise en œuvre du programme

Publié le 7 mars 2026

Du 2 au 3 mars 2026, à Lomé/Togo, plus 80 participants venus du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Sénégal, de la sierra Leone, du Tchad et du Togo ainsi que du CILSS, du CORAF, de la CEDEAO et de la Banque mondiale se sont retrouvés pour faire le bilan des missions d'appui des pays et des institutions régionales dans la mise en œuvre du Programme. La rencontre de Lomé a permis de renforcer la coordination des activités régionales et nationales, de favoriser les échanges d'expériences et de renforcer les synergies entre tous les acteurs et partenaires du programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP/PRSA).

 

Après Accra au Ghana, où s’est tenue en mars 2025 la réunion régionale de synthèse des missions d’appui, les acteurs et partenaires de mise en œuvre du FSRP, au cours de la rencontre de 2026 à Lomé au Togo, ont examiné les progrès accomplis et opéré les ajustements nécessaires pour l’atteinte des objectifs du programme.

Les activités relatives aux services de conseil numérique pour la prévention des crises alimentaires, de durabilité et d’adaptation de la base productive et de facilitation du commerce intrarégional en Afrique de l’Ouest ont été passées en revue aussi bien au niveau régional que dans les pays. Les échanges ont porté également sur la consolidation de la coordination entre les niveaux régional et national, afin de maximiser les synergies et renforcer l'apprentissage mutuel entre les parties prenantes du FSRP.

Dans l’ensemble, il ressort que les actions menées dans les pays et au niveau régional ont atteint en 2025, un total de 3 528 5743 bénéficiaires directs dont 35% de femmes, depuis sa mise en œuvre dans l’ensemble des huit (08) pays bénéficiaires que sont le Burkina Faso, le Ghana, le Mali, le Niger, le Sénégal, la sierra Leone, le Tchad et le Togo.

Malgré un contexte difficile de mise en œuvre des activités sur le terrain résultant des défis socio-politiques et sécuritaires, des réalisations majeurs ont été notés en termes d’accessibilité des populations aux informations climato-agricoles, à la création et la diffusion des technologies et innovations résilientes, à la facilitation du commerce transfrontalier et à l’accompagnement des acteurs pour le développement des réserves agricoles.  Ces résultats ont été salués par les partenaires à tous les niveaux, qui ont réitéré la nécessité renforcer les échanges entre les acteurs nationaux et les acteurs régionaux, une spécificité du programme comme l’ont souligné, au cours de la cérémonie d’ouverture de la rencontre, le Directeur Exécutif de l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA), le Directeur Exécutif du CORAF, le représentant du CILSS, la Chargée du programme  (TTL) du FSRP au niveau de la Banque mondiale et le Directeur de Cabinet du Ministre de l’agriculture, de la pêche, des ressources animales et de la souveraineté alimentaire du Togo. 

Ces derniers ont également souligné la spécificité du FSRP, qui aborde une large gamme de thématiques dont l’agrométéorologie, le changement climatique, l’employabilité des femmes et des jeunes, la sécurité sanitaire des aliments, le commerce des produits agricoles, la libre circulation des produits agricoles, la gestion durable des terres, la gestion rationnelle des ressources naturelles, les crises alimentaires.

Au regard de ces réalisations majeures enregistrées tant au niveau des pays qu’à l’échelle régionale, le FSRP s’inscrit dans une dynamique soutenue visant à contribuer efficacement à la prévention et à la gestion des crises agricoles et alimentaires dans la sous-région, pour renforcer la résilience des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux et pour faciliter le commerce de biens et d'intrants agricoles à l'intérieur et au-delà des frontières nationales en Afrique de l'Ouest.

Les discussions approfondies ont permis de capitaliser les bonnes pratiques et de favoriser une meilleure intégration des approches innovantes visant à améliorer la sécurité alimentaire, la résilience des systèmes agricoles et l'accès aux marchés.

Une session spéciale consacrée à une compétition de vidéos sur les cas de succès a permis de visionner onze (11) productions mettant en lumière des résultats concrets obtenus tant au niveau des pays qu’à l’échelle régionale, autour de thématiques variées. À l’issue de l’évaluation du jury, les vidéos du Mali, du CORAF et du Niger ont été respectivement classées troisième, deuxième et première, et ont été récompensées par des trophées.

La session de l’année 2026 de la synthèse des missions d’appui aux pays et aux institutions régionales dans la mise en œuvre du programme été l’occasion de rendre un hommage appuyé à Mme Maty BADIAO, Coordonnatrice régionale du FSRP, qui a fait le choix de se retirer de ses fonctions afin de prendre un repos bien mérité, après plus de quarante (40) années consacrées au développement agricole de la sous-région. À l’unanimité, les participants ont salué son engagement exemplaire, sa rigueur professionnelle ainsi que son sens élevé du travail bien accompli, qui ont marqué l’ensemble de sa carrière. Ils lui ont exprimé leur profonde reconnaissance pour sa contribution remarquable aux avancées du secteur agricole et au renforcement des initiatives régionales en faveur de la résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l’Ouest.

La commercialisation des denrées alimentaires en Afrique de l'Ouest : les avantages, les inconvénients et les perspectives

Publié le 17 février 2026

Le commerce intra-régional des produits agricoles et alimentaires est essentiel à la résilience du système alimentaire en Afrique de l'Ouest, mais des difficultés persistantes entraînent une baisse des flux commerciaux officiels par rapport à d'autres régions d'Afrique. Plusieurs politiques ont été élaborées pour faciliter et renforcer les flux commerciaux dans toute la sous-région. Il s'agit notamment du Programme de libéralisation des échanges de la CEDEAO (ETLS), de la Politique agricole commune de la CEDEAO (ECOWAP) et de la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA). Si l'adoption de ces politiques et cadres peut être saluée, les faits montrent que les États membres de la CEDEAO ont du mal à mettre en œuvre ces politiques normatives.

Par la suite, grâce au Programme de résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l'Ouest (FSRP) financé par la Banque mondiale à hauteur de 1,2 milliard de dollars américains, la CEDEAO a conçu et mis en place la carte de pointage du commerce et des marchés agricoles de la CEDEAO (EATM-S) comme initiative phare, afin de surveiller et d'améliorer la conformité des États membres aux normes convenues.

Les avantages

L'Afrique de l'Ouest est une région intégrée et bien établie depuis le début du VIIIe siècle. Elle a abrité les premiers empires africains connus, tels que l'empire du Ghana et l'empire du Mali (également connu sous le nom de Mandé) au XIIIe siècle, qui comprenaient les territoires de plusieurs pays actuels d'Afrique de l'Ouest. Ces deux empires entretenaient de solides relations commerciales avec leurs voisins. Ils disposaient d'importantes réserves d'or et se trouvaient au carrefour des routes commerciales provenant du nord (région du Maghreb) et du sud (région du Soudan). Outre l'or, le cuivre et le sel, les produits agricoles faisaient l'objet d'un commerce intense dans la région (Source : Niane, 1987). Le commerce était facilité par la présence de groupes ethnolinguistiques homogènes établis dans plusieurs pays, qui ont ensuite été fragmentés pendant la période coloniale. Il s'agissait notamment du groupe mandingue, présent au Mali, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, en Guinée, en Guinée-Bissau et en Gambie, ainsi que du groupe peul, présent au Mali, au Sénégal, au Burkina Faso, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Ghana, au Bénin, au Niger et au Nigeria. (Source : Bouet et al, 2024).

Créée en 1975, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a été mise en place pour assurer la stabilité et l'intégration régionale en Afrique et, au fil du temps, elle a élargi son mandat pour inclure des dimensions politiques. Une étape importante a été franchie peu après, avec le lancement de l'ETLS en 1979 afin de favoriser le commerce régional. L'ETLS couvrait initialement les produits agricoles et non transformés (pour des raisons de sécurité alimentaire) et l'artisanat, avant d'être étendu aux produits industriels en 1990.

Dans cette optique, le Ghana, membre éminent de la CEDEAO, continue de participer aux efforts d'intégration régionale de la CEDEAO par son engagement en faveur de la ratification et de l'harmonisation de plusieurs politiques et initiatives commerciales telles que l'ETLS, l'ECOWAP et la mise en place de l'AfCFTA au Ghana.

Les inconvénients

Malgré tous ces progrès régionaux, l'harmonie espérée n'est qu'un mirage dans toute la sous-région. À l'heure actuelle, rien n'indique que cette situation ait changé au cours de la période considérée. Les barrières, les points de contrôle, les interpellations incessantes et les inspections routières existent toujours. Les droits de douane élevés et autres frais mineurs, les exigences documentaires quasi intimidantes aux frontières, les obstacles administratifs, les longues heures d'attente et les retards, les restrictions et interdictions, ainsi que la mauvaise qualité des infrastructures routières dans tous les pays persistent, sans parler des vols, des harcèlements et des abus dont sont victimes les commerçantes, et des guerres civiles qui continuent de nuire aux activités commerciales dans la sous-région.

Pour les commerçants de produits alimentaires et agricoles, les conséquences sont encore plus graves. Imaginez que vous transportiez des tomates d'un pays à un autre et que vous deviez passer par de nombreux barrages, être arrêté et immobilisé pendant des heures, exposant ainsi les denrées alimentaires aux aléas climatiques. Cela entraîne inévitablement une perte de valeur nutritionnelle des denrées alimentaires, à supposer qu'elles parviennent à destination dans un état commercialisable. Cela réduit la marge bénéficiaire du commerçant, d'où la tendance à augmenter légèrement les prix des quelques produits qui parviennent au marché, afin de compenser les pertes. Cela décourage également d'autres commerçants de se lancer dans cette activité, laissant le commerce entre les mains d'une poignée de commerçants qui dictent leurs conditions sur le marché. Le bétail n'est pas épargné non plus. Les longs trajets sur des routes souvent cahoteuses les désorientent, sans compter la déshydratation sous un soleil de plomb à travers les fuseaux horaires. Certains finissent par ne pas survivre au voyage.

La promesse

Compte tenu de ces éléments, le mécanisme de mesure et de suivi des performances de l'EATM-S de la CEDEAO vise à identifier les lacunes dans la mise en œuvre nationale des politiques régionales en matière d'agriculture et de commerce alimentaire.

Grâce à l'EATM-S, la CEDEAO surveille et évalue les progrès réalisés ou non par les pays membres pour éliminer les obstacles, accélérer les échanges, réduire les coûts et augmenter de manière significative les volumes d'échanges de produits alimentaires et agricoles (en particulier le maïs et le riz dans toute la sous-région, de 20 % à 30 % d'ici 2028). Dans le cadre du processus d'évaluation, les autorités publiques et les organismes de réglementation de la sous-région, tels que les autorités douanières et les organismes de normalisation, les chambres de commerce, les experts/praticiens du commerce et les groupes de défense des entreprises, ont été interrogés afin d'obtenir des informations essentielles pour suivre la mise en œuvre nationale des politiques et réglementations régionales. Les fabricants, les grossistes, les détaillants, les commerçants transfrontaliers, les transitaires, les entreprises de logistique/expédition et de transport ont également divulgué certaines informations cruciales.

L'enquête de la CEDEAO s'est concentrée sur une série de protocoles et de processus administratifs transfrontaliers, tels que l'ampleur et la valeur des importations et des exportations intra-régionales de produits et d'intrants agricoles, les restrictions, le temps passé, les coûts, les interdictions et les exigences en matière de documentation, les droits de douane ou autres frais, ainsi que la qualité des infrastructures de transport et la fréquence des inspections routières et des points de contrôle. Les résultats de cette évaluation permettront d'accroître encore la transparence et la responsabilité du commerce agricole dans la sous-région. Les résultats des scores de cette année devraient être publiés au cours du troisième trimestre 2025, lorsque les performances de chaque pays membre en matière de renforcement ou d'entrave au commerce transfrontalier seront connues de tous.

La stratégie du Ghana

Au début de son deuxième mandat, le président Mahama a entrepris une série de « tournées de bon voisinage » visant à renforcer les relations diplomatiques et économiques avec les pays voisins du Ghana. Lors de sa visite au Mali, il a souligné le rôle essentiel que jouent les chauffeurs routiers longue distance dans l'économie des deux pays. Il a reconnu les difficultés auxquelles sont confrontés ces transporteurs, notamment les procédures douanières fastidieuses, les barrages routiers, les retards aux postes-frontières et les frais non officiels imposés le long du trajet. Le président a exprimé l'engagement indéfectible de son administration à renforcer le commerce régional en veillant à ce que tous les obstacles entravant la fluidité du transport des marchandises entre le Ghana et le Mali soient supprimés. De même, au Burkina Faso, le président Mahama a annoncé que des discussions étaient en cours pour mettre en place des vols quotidiens directs entre Accra et Ouagadougou. Cette initiative vise à stimuler le commerce, la connectivité et les relations transfrontalières entre le Ghana et le Burkina Faso, renforçant ainsi les liens bilatéraux.

Ces mesures prises par le Ghana sont en effet cruciales pour favoriser le commerce intra-régional et la croissance économique, et pour améliorer les relations entre le Ghana et ses voisins.

Grâce au financement de la Banque mondiale, le FSRP Ghana modernise déjà des installations telles que les laboratoires et les bureaux appartenant à la Direction des services de protection et de réglementation des végétaux (PPRSD) du ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture (MoFA) dans quatre postes frontaliers situés à Paga, Hamile, Sampa et Aflao. Le projet prévoit également la modernisation de certains marchés de gros – Bolga, Abofour, Ejura, Agogo et Denu – où se déroulent d'importants échanges intra-régionaux de riz, de maïs, entre autres. Ces interventions faciliteraient non seulement l'amélioration des activités sanitaires et phytosanitaires (SPS), mais stimuleraient également le commerce agricole entre le Ghana et ses voisins.

L'ombre de l'ECOMOG

« FSRP Ghana » estime que là où le commerce et les échanges font défaut, les conflits et la faim s'installent ! Dans le passé, la CEDEAO était principalement reconnue pour ses activités de maintien de la paix dans la sous-région, notamment par le biais du Groupe de contrôle du cessez-le-feu de la CEDEAO (ECOMOG). Le Ghana a joué un rôle central dans ces efforts visant à promouvoir et à consolider la paix et la stabilité régionales, grâce à sa contribution en troupes, en munitions, en renseignements, en financement et en diplomatie. Mais aujourd'hui, l'ECOWAS, la Banque mondiale, le Ghana et les pays frères du FSRP prennent les armes contre la faim, les dangers climatiques et l'insécurité alimentaire. Du point de vue du « FSRP Ghana », les efforts de maintien de la paix menés par l'ECOWAS ont offert au Ghana une plateforme pour mettre en avant ses GÉNÉRAUX. De la même manière, une campagne menée par l'ECOWAS contre l'insécurité alimentaire devrait produire des « généraux de l'agriculture » pour le Ghana !

Lancement de l’assistance technique et de l’alignement stratégique pour le Hub numérique des sols en Sierra Leone avec l’appui du FSRP

Publié le 2 février 2026

Le mardi 27 janvier 2026, un consortium composé du Hub régional pour les engrais et la santé des sols en Afrique de l’Ouest et au Sahel, de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), du Programme de résilience des systèmes alimentaires (FSRP), du ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire (MAFS), de l’Institut de recherche agricole de la Sierra Leone (SLARI) et de leurs partenaires a officiellement lancé une initiative d’assistance technique pour le Hub numérique des sols en Sierra Leone. La cérémonie s’est tenue à l’hôtel Radisson Blu à Freetown.

L’initiative vise à assurer un alignement stratégique entre les institutions nationales, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les organismes de recherche régionaux et internationaux. Elle porte sur la validation du périmètre du projet, la priorisation et la séquence des activités, ainsi que le renforcement des dispositifs de gouvernance à travers un cadre RASCI clair (Responsable, Redevable, Appui, Consulté, Informé) afin d’orienter les rôles, les responsabilités et les processus décisionnels. Cette approche doit permettre une mise en œuvre coordonnée et l’aval formel d’une feuille de route commune pour le Hub numérique des sols.

Le lancement a réuni de hauts responsables gouvernementaux, des partenaires au développement, des chercheurs et des représentants de l’IITA, du MAFS, du SLARI et de l’Université de Njala, ainsi que d’autres parties prenantes clés. Les échanges ont porté sur la promotion de la santé des sols comme levier pratique et durable pour réduire les coûts de production et accroître la productivité agricole des petits exploitants à travers la Sierra Leone. Les participants ont souligné que l’amélioration des informations et de la gestion des sols est essentielle pour renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur agricole, depuis les fournisseurs d’intrants et les services de vulgarisation jusqu’aux producteurs et aux agrotransformateurs.

Au cours des travaux, l’ISRIC a mis en avant sa contribution à travers l’appui technique et le renforcement des capacités fournis via l’IITA. Cette collaboration vise à développer l’expertise locale, améliorer l’accès à des données modernes sur les sols et garantir que les connaissances et outils internationaux soient adaptés de manière efficace au contexte sierra-léonais, avec des impacts durables pour les agriculteurs et les institutions.

Le Coordonnateur du projet FSRP, Dr Kepifri Lakoh, a rappelé que le Hub numérique des sols est né d’une demande formelle introduite deux ans plus tôt par le Dr Henry Musa Kpaka au nom du MAFS. Il a expliqué que l’initiative a été conçue pour répondre aux contraintes persistantes liées à la fertilité des sols, combler les lacunes en matière d’information et renforcer la prise de décision fondée sur des données probantes dans la planification et la production agricoles. Il a également souligné que le projet contribuera de manière significative au renforcement des compétences des jeunes scientifiques sierra-léonais en gestion de la santé des sols, tout en soutenant les objectifs nationaux de recherche et de développement à long terme.

Dr Lakoh a par ailleurs annoncé que le FSRP a signé deux protocoles d’accord avec l’IITA pour appuyer l’agenda phare de transformation agricole du Gouvernement de la Sierra Leone, l’initiative Feed Salone. Ces accords établissent un cadre de coopération technique durable, de transfert de technologies et de renforcement institutionnel au bénéfice des agriculteurs, des chercheurs et des décideurs publics.

La réunion de démarrage a également marqué l’engagement officiel du Hub numérique des sols, financé par le FSRP et mis en œuvre grâce à une collaboration entre l’IITA, le MAFS, le SLARI et l’Université de Njala. Dans le cadre du protocole d’accord signé entre l’IITA et le FSRP, l’IITA procédera à la mise à niveau du Hub numérique des sols existant, développé par le SLARI et l’Université de Njala, en intégrant des technologies avancées afin d’améliorer la production, l’analyse et l’utilisation des données pédologiques. Cette modernisation permettra de renforcer les services de conseil aux agents de vulgarisation, aux fournisseurs d’intrants et aux producteurs, grâce à des recommandations plus précises et spécifiques aux sites.

S’adressant aux participants, le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire a salué l’initiative pour sa contribution à la résolution du problème de longue date de l’application uniforme des engrais par les agriculteurs en Sierra Leone. Il a expliqué que l’intégration de l’intelligence artificielle et de l’analyse des mégadonnées dans le Hub numérique des sols permettra de produire des recommandations de fertilisation spécifiques aux conditions locales des sols. Selon le ministre, cette innovation aidera les agriculteurs à appliquer les intrants appropriés aux doses adéquates, à réduire les coûts inutiles, à améliorer les rendements et à accroître les revenus agricoles, tout en favorisant des pratiques respectueuses de l’environnement.

Le ministre a également reconnu la contribution des spécialistes des sols de l’Université de Njala impliqués dans l’Enquête nationale complète sur les sols, qui constitue la base de données de référence pour la mise en œuvre du Hub numérique des sols. Il a qualifié l’initiative d’étape majeure vers la modernisation du secteur agricole, le renforcement de la résilience des systèmes alimentaires et l’amélioration de la coordination entre les institutions publiques, les organismes de recherche et les partenaires au développement.

En conclusion des échanges, Dr Lakoh a exhorté les parties prenantes à adopter des dispositifs pilotés par le gouvernement afin d’assurer la durabilité du Hub numérique des sols au-delà de la période de financement du FSRP. Il a insisté sur l’importance de l’appropriation nationale, de l’intégration institutionnelle et de mécanismes de financement à long terme pour maintenir et développer la plateforme.

Dans l’ensemble, l’initiative du Hub numérique des sols constitue un investissement stratégique dans la science, la technologie et le développement des capacités humaines. En renforçant la collaboration entre l’IITA, le FSRP, le MAFS, le SLARI et leurs partenaires, elle devrait générer des bénéfices concrets pour les acteurs du secteur agricole — réduction des coûts de production pour les agriculteurs, amélioration des services de conseil, renforcement des systèmes de recherche et appui à des décisions politiques mieux informées — contribuant ainsi à une agriculture fondée sur les données et à la réussite de l’initiative Feed Salone en Sierra Leone. 

Remise de serres à la communauté de Njala pour soutenir les producteurs Sierra-Léonais

Publié le 2 février 2026

Le ministre de l’agriculture et de la sécurité alimentaire a lancé les activités de prestation de services du ministère pour l’année 2026 à travers une récolte symbolique de piments doux et la remise de quatre serres irriguées à la communauté de Njala. Cette initiative marque une étape concrète dans le renforcement de la production alimentaire nationale et l’appui aux producteurs locaux à travers la Sierra Leone.

Les serres ont été mises à disposition dans le cadre du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l'Ouest (FSRP), financé par la Banque mondiale, avec pour objectif d’améliorer la recherche agricole, l’innovation et les systèmes de production intelligents face au climat. Au-delà de leur usage académique, ces infrastructures visent à générer des bénéfices directs et indirects pour les producteurs sierra-léonais en testant des pratiques de production améliorées susceptibles d’être adoptées à l’échelle nationale.

Lors de la cérémonie de remise, le ministre a souligné que les investissements dans la production maraîchère sous abri sont particulièrement pertinents pour les petits exploitants. Les technologies de serre permettent de produire des légumes toute l’année, de réduire les pertes liées à la variabilité climatique, d’augmenter les rendements par unité de surface et d’assurer un approvisionnement plus régulier des marchés locaux. Ces avantages devraient se traduire par des revenus agricoles plus élevés et plus stables, tout en améliorant la disponibilité d’aliments nutritifs pour les consommateurs.

Le ministre a également indiqué que la production maraîchère offre des opportunités accessibles aux femmes et aux jeunes, en raison de cycles de production relativement courts et de besoins en main-d’œuvre inférieurs à ceux de certaines cultures de base. Les enseignements tirés des serres de Njala devraient alimenter les services de vulgarisation, notamment en matière de sélection variétale, de gestion de l’eau et de lutte contre les ravageurs, et être adaptés aux différents écosystèmes agricoles du pays.

Le Coordonnateur du projet FSRP a expliqué que l’implantation d’infrastructures modernes à l’Université de Njala permet de créer un lien direct entre la recherche, la formation et les besoins des agriculteurs. Les données et l’expérience générées par les serres serviront à formuler des recommandations fondées sur des données probantes à l’intention des producteurs, notamment sur les variétés résilientes au climat, les techniques d’irrigation efficaces et l’amélioration de la gestion post-récolte. Cette approche vise à renforcer la capacité d’adaptation des agriculteurs face aux chocs climatiques tout en améliorant leur compétitivité sur les marchés nationaux.

En recevant les infrastructures, le Vice-Chancelier de l’Université de Njala a mis en avant leur importance pour le renforcement de l’enseignement, de la recherche appliquée et des activités de vulgarisation communautaire. Il a souligné que l’université travaillera étroitement avec les communautés agricoles environnantes afin de garantir que les connaissances et technologies développées sur le campus soient effectivement transférées aux producteurs et contribuent au développement agricole national.

À l’entrée du Programme de résilience des systèmes alimentaires dans sa quatrième année de mise en œuvre, celui-ci continue de privilégier des investissements concrets au bénéfice des producteurs sierra-léonais, en vue d’accroître la productivité, de réduire la vulnérabilité aux risques climatiques, d’améliorer la nutrition et de soutenir une croissance économique durable.

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