Aller au contenu principal

Tchad : Une stratégie de communication validée pour soutenir la résilience alimentaire

Publié le 7 septembre 2025

Une étape importante a été franchie dans le cadre du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel au Tchad (PRSA-TD), avec la validation officielle de sa stratégie de communication et de gestion des connaissances. Ce jalon stratégique a été atteint à l’issue d’un atelier national tenu du 12 au 18 août à Bakara, en présence du Directeur Technique du programme.

L’atelier visait à renforcer la visibilité du PRSA-TD et à encourager l’implication des acteurs locaux dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Durant cinq jours, une trentaine de participants issus du programme, d’institutions partenaires et du secteur de la communication ont collaboré à la relecture et à l’enrichissement du projet de stratégie, élaboré par le consultant Azadine Mahamat, sous la facilitation du Responsable régional de la communication.

Les travaux ont débuté par un rappel des objectifs et fondements du PRSA-TD, programme financé par la Banque mondiale et mis en œuvre dans 11 provinces du Tchad. Ce retour aux origines a permis d’ancrer les discussions dans les réalités du terrain et de recentrer les efforts sur les bénéficiaires finaux : agriculteurs, éleveurs, femmes rurales, jeunes, structures communautaires et partenaires institutionnels.

Une analyse du paysage médiatique national a mis en évidence le rôle essentiel des radios communautaires, des réseaux sociaux et des outils audiovisuels pour toucher efficacement les populations rurales. Une analyse SWOT a, par ailleurs, souligné l’importance d’une communication plus ciblée, adaptée aux réalités locales.

Progressivement, les participants ont affiné le contenu de la stratégie. Plusieurs recommandations clés ont été retenues, notamment la réduction des axes stratégiques de cinq à trois, la reformulation des objectifs selon l’approche SMART, la hiérarchisation des cibles de communication, ainsi que la clarification des messages clés, conformément aux directives de la Banque mondiale. Ces ajustements ont été adoptés à l’unanimité.

Parallèlement aux travaux de validation, une session de renforcement de capacités a été organisée à l’intention des communicateurs impliqués dans le programme. Animée par le Dr Koné, Expert régional de la communication du FSRP au niveau de la CEDEAO, cette formation a permis aux participants d’acquérir des compétences pratiques en rédaction de récits de réussite, en production de contenus numériques et en gestion de communication en situation de crise.

L’atelier s’est achevé sur une série de recommandations visant à assurer une mise en œuvre efficace de la stratégie. Parmi elles figurent le renforcement des partenariats avec les médias communautaires, l’élaboration d’un plan de communication de crise, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation spécifique. Une large diffusion de la stratégie est également prévue afin d’en garantir l’appropriation par l’ensemble des parties prenantes.

En clôturant les travaux, le Directeur Technique du PRSA-TD a salué la qualité des échanges et réaffirmé l’engagement du programme à faire de cette stratégie un levier central de son action. Cette validation marque une étape structurante dans la volonté du PRSA-TD de bâtir une résilience durable face aux multiples chocs qui fragilisent le système alimentaire tchadien.

Togo/Nutrition infantile : 17 coopératives féminines décrochent leurs certificats de salubrité

Publié le 7 septembre 2025

Dans les villages et préfectures du Togo, une évolution silencieuse est en marche : celle d’une alimentation plus saine pour les enfants et d’un avenir meilleur pour les femmes.

Spécialisées dans la production de farine infantiles enrichies au moringa, néré ou encore en patate douce à chair orange (PDCO), dix-sept (17) coopératives féminines de transformation de céréales viennent de recevoir leurs certificats de salubrité et des emballages étiquetés grâce à l’appui du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP-TOGO).

Ces unités de transformation ont été formées par le projet dans le but de contribuer à lutter contre la malnutrition, offrir des produits de meilleure qualité et à moindre coût aux couches les plus vulnérables et surtout de renforcer l’autonomisation économique des femmes rurales comme le souligne la présidente de la coopérative Motoag-Man de Dapaong : « Avec ces nouveaux emballages étiquetés et la reconnaissance de salubrité, nous allons mieux vendre et améliorer nos conditions de vie. C’est une opportunité de sortir de l’informel. »

Pour Elikplim, une coopérative établie à Nyamassila, cette reconnaissance ouvre la voie à de nouvelles perspectives porteuses d’espoir et de possibilités :« Avec ces certificats, nous avons désormais la preuve que notre farine est sûre et répond aux normes. Nous pouvons aujourd’hui amener notre farine à l’hôpital de l’ordre de malte de Elavagnon qui est un grand centre de santé ». Même enthousiasme à Kpalimé, où la responsable de FEMME SOLIDARITE souligne l’impact transformateur du programme : « Grâce à l’appui du projet, nous avons appris à renforcer nos pratiques d’hygiène et de transformation. Ce certificat, c’est une fierté pour toutes les femmes de notre coopérative, qui voient leur travail valorisé. Recevoir ce certificat et emballage est une victoire pour nous tous. »

Pour rappel, le chemin vers la certification a été rigoureux. D’abord, 720 femmes issues de 60 coopératives ont été formées aux bonnes pratiques de production et d’hygiène. Ensuite, un suivi rapproché a permis de sélectionner les 30 meilleures unités de transformation, parmi lesquelles 17 ont vu leurs produits validés par l’Institut National d’Hygiène (INH), après les analyses menées sur la base des prélèvements de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA).

En plus de la certification, les coopératives bénéficient d’un soutien pour améliorer la présentation et l’écoulement de leurs farines. Ainsi, plus de 30 000 emballages étiquetés ont été acquis et distribués. Ces nouveaux packagings visent à améliorer la visibilité des produits dans les pharmacies, supermarchés et centres de santé ; des lieux jusqu’ici peu accessibles à ces productrices.

Pour marquer l’étape, une mission conjointe CTOP – FSRP – ITRA a sillonné les six régions agricoles du pays du 19 au 25 août 2025 pour remettre officiellement lesdits certificats et emballages aux coopératives bénéficiaires.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie du FSRP-TOGO visant à promouvoir une agriculture intelligente sur le plan nutritionnel, tout en renforçant la sécurité alimentaire et l’autonomisation des femmes.

Togo : Lancement de l’opération de reboisement avec 4 100 plants fruitiers à Yanda dans le canton de Badin

Publié le 7 septembre 2025

À Yanda, localité située à 280 km au nord-est de Lomé, s’est tenu le lancement d’une opération de reboisement initiée dans le cadre de la mise en œuvre de la Gestion Intégrée du Paysage (GIP), promue par le Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP).

Au total, 4 100 plants fruitiers certifiés dont des baobabs (greffés et non greffés), tamariniers (greffés et non greffés), nérés et jujubiers ont été mis en terre sur les sites pilotes de Nakpatongou (Kpendjal Ouest), Mangokoura (Plaine de Mô) et Badin (Est-Mono), situés dans les zones GIP du FSRP. Ces plantations couvrent une superficie d’au moins 41 hectares.

Cette initiative portée par le ministère de l’agriculture, de l’hydraulique villageoise et du développement rural, en collaboration avec le ministère de l’environnement et des ressources forestières s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre de la feuille de route gouvernementale Togo 2025Elle contribue aux efforts nationaux de lutte contre le changement climatique en cohérence avec les priorités stratégiques du Gouvernement en matière de développement rural, de sécurité alimentaire et de gestion durable des ressources naturelles.

La réussite de l’opération repose sur une approche participative exemplaire : les autorités locales, les ONG partenaires et surtout les communautés rurales bénéficiaires ont été pleinement associées à l’identification des sites et s’engagent désormais à entretenir les plants.

Le témoignage de Kodjo ODJILO, chef du village de Yanda, illustre cet engagement : « Dès que nous avons été sensibilisés sur les bienfaits du reboisement, j’ai aussitôt mobilisé ma communauté. Et comme on dit, la charité bien ordonnée commence par soi-même : je me suis personnellement engagé à assurer l’entretien des plants », a-t-il affirmé avec conviction.

Au-delà de l’enjeu environnemental, l’initiative ouvre également des perspectives économiques, notamment pour les femmes. Madame Agnès, bénéficiaire du projet, confie : « Grâce à ces arbres, nous pourrons produire du jus de tamarin, vendre les feuilles, les graines et la farine de baobab, ou encore les fruits du néré. Cela représente un vrai coup de pouce économique pour nous. Nous sommes reconnaissantes au FSRP. »

Le lancement officiel, tenu à Yanda le 28 août 2025, a été marqué par la présence d’une délégation composée du représentant du gouverneur de la région des Plateaux et du Sénat, des représentants des ministres de l’Agriculture et de l’Environnement, du secrétaire général de la préfecture de l’Est-Mono, du maire de la commune Est-Mono 2, du directeur régional de l’agriculture, du coordonnateur opérationnel délégué du FSRP, ainsi que d’autres autorités locales qui ont sensibilisé la communauté bénéficiaire aux avantages de l’agroforesterie, à l’importance du reboisement, et ont surtout insisté sur la nécessité d’assurer le suivi et l’entretien des plants.

À travers cette action concrète, le FSRP illustre sa vision de faire de la transition agroécologique, une opportunité pour améliorer la résilience des communautés tout en créant de la richesse dans les ménages ruraux.

AGRHYMET CCR-AOS : lancement d’une Salle de veille régionale pour 17 pays de l’Afrique de l’Ouest et le Sahel

Publié le 4 août 2025

AGRHYMET Centre Climatique Régional pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (AGRHYMET CCR-AOS) a officiellement lancé, ce 30 juillet 2025, la Salle de veille régionale sur les Extrêmes climatiques, hydrologiques et environnementaux, baptisée « Dr Mahalmoudou Hamadoun », en hommage au regretté Directeur Général de l’institution (2021-2024).

La cérémonie de lancement officiel s’est déroulée dans les locaux d’AGRHYMET (Niamey) sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre de la République du Niger et sous la tutelle du Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage. Elle a réuni plusieurs invités de marque dont les 34 directeurs des services météorologiques et hydrologiques des 17 pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, les représentants des six organisations des bassins de la région, des représentants des organisations intergouvernementales, les représentants des partenaires techniques et financiers du CILSS, etc. Le Conseiller technique, Représentant le Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, M. Yacouba Bouda, avant de procéder à l’inauguration officielle de la Salle de veille régionale, a insisté sur son importance en ce sens qu'elle sera « un œil vigilant permettant à nos pays de détecter, d’analyser et d’anticiper pour des alertes précoces efficaces face aux risques de catastrophes hydrologiques, climatiques et environnementaux, sur la base des prévisions de qualité. »

Le Secrétaire Exécutif du CILSS a salué l’aboutissement de la salle de veille régionale permettant de renforcer les capacités de la région sahélienne et ouest-africaine à faire face aux défis climatiques émergents. Pour Dr Abdoulaye Mohamadou, ce nouvel outil renforcera le lien entre la science et la prise de décision pour une meilleure connaissance des risques et des réponses coordonnées et efficaces. Il a souligné que la salle de veille est dotée d’équipements de pointe, animée par une expertise technique et scientifique de haut niveau et arrimée à des plateformes digitales modernes alimentées en temps réel par des données de très haute qualité. La salle de veille régionale fournira les données et produits nécessaires aux dispositifs nationaux pour renforcer la prise de décision éclairée par des informations crédibles.

L’inauguration de la Salle de veille régionale d’AGRHYMET CCR-AOS constitue un tournant décisif dans la gestion anticipative des risques climatiques et permettra de promouvoir le partage des données et des expertises. La mise en place de la salle de veille a bénéficié de l’appui de la Banque Mondiale dans le cadre de la mise en œuvre de la Composante 1 du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) et du projet « Accelerating Impacts of CGIAR Climate Research for Africa » (AICCRA), deux projets régionaux en faveur de la recherche et l’action climatique.

Le riz hybride en SRI pour booster la production rizicole au Sénégal, au Burkina-Faso et au Mali avec l’appui du CORAF à travers le FSRP

Publié le 4 août 2025

Alors que le changement climatique et la baisse des rendements mettent à mal la production rizicole dans plusieurs régions d’Afrique de l’Ouest, le CORAF mise sur une solution audacieuse : la diffusion de variétés hybrides de riz irrigué combinée à la pratique du Système de Riziculture Intensive (SRI). Commissionné par le CORAF, le consortium constitué par l'IER (Mali), l'INERA (Burkina-Faso) et l'ISRA (Sénégal) met en oeuvre cette initiative régionale avec l'appui de la Banque mondiale, dans le cadre du Programme de Résilience des Systèmes Alimentaires (FSRP). Elle vise à répondre au double défi de l’insécurité alimentaire et de la baisse des rendements agricoles dans des pays de mise en œuvre du projet.

Des solutions locales pour intensifier la production rizicole

Le projet intervient dans trois zones clés à savoir la zone de Niono au Mali, la zone du Delta du fleuve Sénégal au Sénégal et la zone de Farako-Bâ au Burkina Faso. Il combine les démonstrations en milieu paysan, la production de semences de riz hybride et la formation technique, avec pour ambition de transformer la production rizicole dans la région ouest-africaine.

« Les pratiques de systèmes de riziculture intensive (SRI), combinées aux variétés hybrides de riz irrigué apparaissent comme une solution pour renforcer la résilience des systèmes agricoles au Sénégal, au Mali et au Burkina-Faso. Nous voulons booster les rendements et nous diffusions actuellement deux variétés hybrides de riz – ISRI 9 et Mayun 1 – en combinant repiquage espacé, compost et irrigation maîtrisée.» explique Dr Omar NDAO FAYE, directeur du Centre de Recherche Agricole de Saint-Louis au Sénégal.

Conduite des démonstrations en milieu paysan

Au Sénégal, des équipes du CORAF, de l’ISRA, des chercheurs et des producteurs se sont retrouvés du 14 au 17 juillet 2025 à Fanaye  et Savoigne dans le Nord du Sénégal pour suivre cette approche novatrice. Les premiers résultats sur les parcelles de démonstration sont encourageants : un tallage nettement supérieur par rapport à la pratique habituelle, une meilleure vigueur des plants, une réduction de l’usage des semences et des intrants chimiques, et une résistance accrue au stress hydrique.

« Le tallage a été plus important dans les parcelles sous SRI combinée avec des variétés hybrides. Cette technique a permis d’économiser sur l’achat des semences et des fertilisants. A Savoigne, la salinité des sols constitue un facteur limitant à prendre en compte dans le déploiement des pratiques de SRI. Ainsi, les variétés tolérantes au sel et/ou résistantes à la verse seront ajoutées au paquet de technologie SRI. » précise Dr Omar NDAO FAYE.

« Nous comptons sur l’ISRA et les services associés pour renforcer les capacités pour que les producteurs puissent maîtriser et mettre en œuvre efficacement cette pratique agricole » insiste Mamadou Niang, producteur de riz à Savoigne.

Production de semences et adoption à grande échelle

Au-delà des résultats agronomiques, ce projet s’inscrit dans une dynamique de transformation systémique. La production de semences constitue un autre pilier important de cette initiative. Des compagnies semencières locales sont associées à cette initiative pour la multiplication des semences des variétés hybrides, dans le respect de la réglementation régionale harmonisée sur les semences. L’objectif final étant de garantir un accès à des semences de qualité adaptées aux réalités agroclimatiques locales.

«Cette initiative de diffusion de variétés hybrides de riz irrigué par la pratique du système de riziculture intensive (SRI) au Sénégal, au Burkina-Faso et au Mali est un levier d’adaptation aux changements climatiques mais aussi un espoir pour les jeunes ruraux. » affirme Dr Fatou DIENG GUEYE, Spécialiste en suivi-évaluation du CORAF.

Le système de riziculture intensive repose sur des pratiques simples mais efficaces : utiliser moins de semences, espacer davantage les plants, enrichir le sol avec du compost avec comme résultat des plantes plus vigoureuses, plus de talles et des rendements accrus avec moins de ressources. L’utilisation combinée des pratiques de SRI et de variétés de riz hybride devrait permettre d'améliorer les rendements qui vont se situer entre 8 et 10 tonnes par hectare comparé à des rendements de 4 à 6 tonnes par hectares pour la pratique habituelle. Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large du CORAF à travers le FSRP de mise à la disposition des producteurs de variétés performantes et d’augmentation des rendements agricoles au Burkina-Faso, Mali et Sénégal.  Il devient essentiel de renforcer les capacités des producteurs et des compagnies semencières locales, et de structurer durablement la filière semencière de riz hybride en Afrique de l’Ouest pour une diffusion et adoption à grande échelle de ces innovations.

Validation du premier rapport d’opérationnalisation du Tableau de Bord du Commerce et des Marchés Agricoles de la CEDEAO

Publié le 4 août 2025

Le 10 juillet 2025, plus de cinquante acteurs et partenaires spécialisés dans le commerce et les marchés agricoles issus du Ghana, du Niger, du Sénégal, de la Sierra Leone, du Tchad, du Togo, ainsi que des institutions de la CEDEAO et de ses partenaires ont pris part, en ligne, à une session consacrée à la présentation des principales conclusions et recommandations du rapport régional sur l’opérationnalisation du Tableau de Bord du Commerce et des Marchés Agricoles de la CEDEAO (ECOWAS Agricultural Trade and Market Scorecard), en vue de sa validation.

Cette rencontre a permis aux experts d’AKADEMIYA2063 de partager leur analyse des performances et des insuffisances des pays dans le domaine du commerce agroalimentaire, tout en examinant l’état d’avancement de la mise en œuvre des politiques commerciales et le renforcement des cadres réglementaires existants au niveau national.

En effet, la région ouest-africaine, riche de son potentiel économique, représente un vaste marché susceptible de stimuler la croissance et la prospérité, pourvu que les obstacles au commerce intrarégional soient levés et que les échanges commerciaux soient facilités. La libéralisation du commerce agricole régional permettrait aux producteurs d’écouler leurs produits à de meilleurs prix, d’améliorer leur compétitivité et leur productivité, notamment grâce à un accès facilité à des intrants de production à moindre coût.

Cependant, malgré cet enjeu stratégique, l’Afrique de l’Ouest demeure confrontée à d’importants défis en matière de collecte et d’analyse des données relatives au commerce et aux marchés agricoles, limitant ainsi la capacité des États et de la CEDEAO à prendre des décisions éclairées, à formuler des politiques adaptées et à promouvoir un développement économique durable.

C’est pour répondre à ces enjeux que la CEDEAO, avec le soutien de la Banque mondiale et l’expertise technique d’AKADEMIYA2063, a conçu un outil d’analyse : le Tableau de Bord du Commerce et des Marchés Agricoles. Cet outil vise à mieux documenter les flux commerciaux intra-africains des produits agroalimentaires, à identifier les lacunes des politiques commerciales existantes et à renforcer la mise en œuvre des cadres régionaux tels que le Schéma de Libéralisation des Échanges de la CEDEAO (SLEC), le Tarif Extérieur Commun (TEC), l’ECOWAP, le PDDAA et la ZLECAf.

« En facilitant un suivi rigoureux et une meilleure compréhension des dynamiques commerciales, le Scorecard offre à la CEDEAO un levier essentiel pour promouvoir une intégration économique régionale plus efficace et soutenir la transformation des systèmes agroalimentaires en Afrique de l’Ouest » a souligné M. Alain SY Traoré, Directeur de l’Agriculture et du Développement Rural de la CEDEAO

Le déploiement du Tableau de Bord a débuté en février 2024 à Abuja/Nigeria par une formation régionale des formateurs, suivie de sessions d’accompagnement technique dans chacun des pays bénéficiaires du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA/FSRP), afin de constituer des équipes techniques chargées de son opérationnalisation sur le terrain.

Ces activités ont conduit à la collecte, à l’analyse et à la validation des données au niveau de cinq (05) pays (Ghana, Niger, Sierra Leone, Tchad, Togo), donnant lieu à l’élaboration de rapports nationaux, avant la consolidation des résultats dans un rapport régional présenté pour validation lors de cette session.

Ce rapport est le fruit d’un processus collectif et collaboratif, associant acteurs nationaux et régionaux, mobilisés à toutes les étapes : de l’élaboration de la méthodologie du tableau de bord à la collecte, la validation et l’analyse des données, jusqu’à la rédaction des rapports sur l’état de mise en œuvre des politiques et réglementations commerciales régionales dans les cinq (05) pays bénéficiaires — le Tchad, le Ghana, le Niger, la Sierra Leone et le Togo.

« Les résultats de cette phase pilote indiquent que les pays de la CEDEAO ne commercialisent pas suffisamment les uns avec les autres. La réduction de la dépendance à l'égard des importations alimentaires nécessite des efforts concertés de la part de tous les pays pour mettre pleinement en œuvre les politiques et réglementations communautaires afin de faciliter le commerce transfrontalier et de favoriser l'intégration du marché régional », a déclaré le Dr Ousmane Badiane, Président d'AKADEMIYA2063.

Selon lui, « le déploiement du Tableau de Bord du Commerce et des Marchés Agricoles de la CEDEAO permettra de combler les lacunes en matière de données, de connaissances et de politiques, de renforcer la responsabilité mutuelle et d'inciter davantage les pays à mettre en œuvre de manière efficace et cohérente les stratégies régionales déjà en place ».

À moyen et long termes, les recommandations formulées dans ce rapport régional devraient contribuer à l’amélioration de l’environnement commercial et au renforcement du commerce intrarégional des produits agroalimentaires, dans le but de renforcer la résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l’Ouest.

À l’issue de cette validation régionale, le rapport finalisé sera soumis au Conseil des Ministres du Commerce de la CEDEAO, avant d’être présenté pour adoption au Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, prévu en décembre 2025.

Burkina Faso : le Comité de pilotage valide le budget révisé pour l’année 2025

Publié le 4 août 2025

Le Comité de pilotage du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest – Composante Burkina Faso (PRSA-BF) a tenu, ce lundi 28 juillet 2025 à Ouagadougou, sa première session statutaire de l’année. Présidée par Monsieur Moussa ZIDA, Directeur général des Aménagements agropastoraux et du Développement de l’Irrigation, cette rencontre a permis de valider plusieurs documents stratégiques essentiels à la bonne conduite du programme.

Les membres du Comité ont examiné l’état de mise en œuvre des recommandations de la session précédente, passé en revue les missions de supervision réalisées par les partenaires techniques et financiers, et adopté le rapport annuel 2024. Un point d’étape sur l’exécution physique et financière du Plan de travail et de budget annuel (PTBA) 2025, à mi-parcours (au 30 juin), a également été présenté. À cette date, les taux d’exécution physique et financière s’élevaient respectivement à 40 % et 43,76 %.

Parmi les principales réalisations figurent : (i) le lancement des travaux de réhabilitation de 1 260 hectares sur la plaine irriguée de Bama ; (ii) l’aménagement de 70 hectares de périmètres maraîchers ; (iii) l’achèvement des travaux sur 395 hectares de bas-fonds, avec 399 hectares supplémentaires en cours de finalisation ; (iv) la réalisation de 151 forages à grand débit ; (v) la mise en œuvre de 304 microprojets pour un montant de plus de 3,5 milliards de FCFA.

Tenant compte des nouvelles priorités opérationnelles, le Comité a procédé à la validation du PTBA révisé, dont le budget est désormais arrêté à 15 661 865 334 francs CFA. L’accent est mis, pour le second semestre, sur la finalisation des infrastructures de production et de post-récolte, indispensables au renforcement de la résilience des producteurs ruraux.

Saluant les résultats atteints, Monsieur Moussa ZIDA a félicité l’ensemble des acteurs du Programme pour leur engagement. Il a souligné que ces efforts ont permis d’atteindre un taux de décaissement global de 65,73 % et un taux de couverture de 81 % par rapport aux objectifs fixés. « L’exécution conséquente de ce PTBA permettra au Programme de mettre à disposition des infrastructures structurantes au profit des producteurs et de les accompagner pour leur mise en valeur », a-t-il déclaré en clôture des travaux.

Ghana : le FSRP a remis 150 motos à des agents de vulgarisation agricole dans 10 régions du pays

Publié le 4 août 2025

Le ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture, par l'intermédiaire du Programme de résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l'Ouest (FSRP), a remis 150 motos à des agents de vulgarisation agricole dans 10 régions du pays. Il s'agit des régions du Nord, d'Ashanti, du Nord-Est, du Haut-Est, de Bono, de Bono-Est, de l'Est, du Centre, du Grand Accra et de la Volta. Ces motos constituent le premier lot d'une commande de 500 motos qui seront distribuées par le ministère.

Lors de la remise des motos au bureau des projets du MoFA, à Cantonments, Accra, M. Eric Opoku, ministre de l'Alimentation et de l'Agriculture et député d'Asunafo South, a réitéré l'engagement du gouvernement à moderniser l'agriculture grâce à un soutien logistique et à la mise en place de services de vulgarisation axés sur la technologie dans le cadre du programme FEED GHANA. Il a annoncé que les 150 motos étaient remises aux AEA, dont 30 spécialement conçues pour les agentes de vulgarisation, reflétant ainsi la volonté du ministère des Affaires étrangères de promouvoir l'égalité des sexes.

Le ministre a salué le rôle essentiel de la Banque mondiale dans le financement de cette initiative dans le cadre du FSRP et a applaudi son partenariat continu dans la construction d'un secteur agricole résilient. Il a en outre révélé que 41 355 coopératives communautaires de producteurs de produits de base ont été officiellement enregistrées et les a encouragées à élire démocratiquement leurs dirigeants, à ouvrir des comptes bancaires et à soumettre leurs coordonnées à leurs directeurs régionaux et de district de l'agriculture afin de pouvoir bénéficier d'un soutien futur.

Le coordinateur du projet FSRP, M. Osei Owusu Agyeman, a souligné l'importance de doter les AEA des moyens nécessaires pour garantir la fourniture aux agriculteurs d'outils numériques, de technologies agricoles intelligentes face au climat et de services de conseil agricole adaptés aux besoins locaux. Il a mis en avant les piliers du FSRP, à savoir « la durabilité, l'appropriation et le partenariat public-privé », afin de garantir que l'intervention du FSRP continue de porter ses fruits au-delà du projet.

Les directeurs régionaux des zones d'intervention du FSRP étaient présents pour recevoir les motos au nom des AEA : Haut-Est (Zalcana Fuseini), Nord-Est (Edward Masara), Bono (Dela Newman), Bono Est (James Adu), Est (Haija Habiba Yusuf), Centre (Peter Omega), Grand Accra (Eric Hudson), Volta (William), Nord, Hawa Musa (représentant Fatawu Abdul), Ashanti, Godfrey Acheampong (représentant Benjamin Ninoni).

Andrea Akl, directeur général adjoint de « Qualiplast », a présenté certains produits Qualiplast qui soutiennent la pratique d'une agriculture intelligente face au climat.

Le ministère des Affaires étrangères, par l'intermédiaire du FSRP, encourage la diffusion d'informations et de conseils agrométéorologiques opportuns et spécifiques à chaque région, ainsi que la promotion de l'accès aux technologies et l'échange de technologies grâce à la fourniture de technologies CSA, de programmes technologiques adaptés à la nutrition et au genre, et de programmes de gestion des terres et de l'eau. Le projet coordonne également des activités visant à partager les connaissances sur les pratiques de manipulation des aliments après la récolte et les liens avec la commercialisation.

Ces activités sont menées et facilitées par des visites régulières sur le terrain, des événements, des démonstrations et des écoles pratiques d'agriculture organisées par des agents de vulgarisation agricole (AEA) dans des endroits stratégiques du pays.

Sierra Leone : les agriculteurs misent sur la production de tomates pour accroitre la production nationale à 27 000 tonnes en 2026

Publié le 4 août 2025

La tomate, l'un des légumes les plus consommés en Sierra Leone, fait l'objet d'une attention particulière dans le cadre du Programme de résilience des systèmes alimentaires (FSRP), le pays visant une production de 27 000 tonnes d'ici 2026, en augmentation constante par rapport aux 25 000 tonnes produites en 2021.

Sous l'effet d'une demande croissante pour les tomates fraîches et transformées, le secteur a connu une croissance annuelle de 2,8 % depuis 2017. Cependant, des défis tels que le changement climatique, le manque d'infrastructures post-récolte et les conséquences de la COVID-19 ont freiné les progrès. Malgré cela, le ministère de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire (MAFS), avec le soutien de la Banque mondiale et du GAFSP, mise sur la résilience des petits exploitants agricoles, en particulier les femmes et les jeunes, pour moderniser la chaîne de valeur de la tomate.

«Le secteur de la tomate est largement tiré par les femmes », a déclaré le Dr Henry Musa Kpaka, ministre de l'Agriculture. « Cela montre à lui seul le potentiel dont nous disposons pour transformer l'agriculture en une activité qui autonomise les familles et les communautés. Grâce au FSRP, nous nous engageons à moderniser ce secteur afin d'attirer les investissements et d'atteindre la souveraineté alimentaire. »

En 2024, le FSRP a donné une impulsion significative à la production de tomates en distribuant des semences de tomates, du compost, des engrais et des services de vulgarisation aux agriculteurs. Vingt jardins potagers modernes (MVG) ont été créés sur 17 sites dans 8 districts, équipés de serres et d'installations de stockage des légumes. Ce soutien a bénéficié à 4 488 ménages agricoles (environ 26 928 personnes), dont 47 % de femmes.

Un protocole d'accord stratégique avec le Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS) permet également la construction de forages alimentés à l'énergie solaire pour irriguer les MVG, garantissant ainsi une production tout au long de l'année malgré les changements climatiques.

Parmi les exemples de réussite, citons Emma Bangura, une femme handicapée qui a retrouvé un but dans la vie grâce au FSRP.

« Avant, je mendiais dans la rue. Mes enfants ont même dû abandonner l'école parce que je ne pouvais pas payer les frais de scolarité », raconte Emma avec émotion. « Mais quand le FSRP m'a tendu la main en 2025, ma vie a changé. Grâce à la serre, aux semences et au soutien, j'ai transformé mon fauteuil roulant en outil agricole. Aujourd'hui, mes enfants sont de retour à l'école. L'agriculture n'est pas une œuvre de charité, c'est une source d'autonomie. »

Mary Mani, productrice commerciale de tomates à Lungi, est une autre pionnière. Engagée par le FSRP pour encadrer les petits exploitants agricoles, elle utilise sa serre comme centre de formation.

« Les tomates sont très sensibles au changement climatique », explique Mary. « Grâce au FSRP, nous avons commencé avec une seule serre et, grâce aux revenus générés par les ventes, nous en avons ajouté une autre.

Les agriculteurs ont désormais la garantie d'avoir accès aux intrants et au marché. Notre avenir semble plus prometteur que jamais.

Bien que le secteur ait atteint son pic de production en 2022 avec 20,2 tonnes, les fluctuations restent un problème majeur qui empêche le secteur d'atteindre son plein potentiel. Cependant, les experts s'accordent à dire qu'avec des investissements ciblés, des infrastructures adaptées au climat et des partenariats stratégiques, la Sierra Leone est en bonne voie pour atteindre, voire dépasser, ses prévisions de demande en tomates pour 2026.

« Lorsque les efforts du gouvernement s'associent aux investissements des bailleurs de fonds et à l'appropriation par les communautés, nous ne nous contentons plus de cultiver des produits agricoles, nous cultivons l'avenir », a déclaré le Dr Kpaka.

Alors que le FSRP continue de mettre en place des systèmes alimentaires résilients à travers la Sierra Leone, le secteur de la tomate se distingue comme un modèle de transformation, sortant les ménages de la pauvreté, favorisant une croissance inclusive et apportant de l'espoir à chaque récolte.

Sierra Leone : formation d'une trentaine de prestataires de services de pulvérisation et d'agents de vulgarisation sur le système semencier du manioc et les six étapes de la gestion des mauvaises herbes du manioc

Publié le 4 août 2025

La formation sur le renforcement des capacités des prestataires de services de pulvérisation et des agents de vulgarisation, organisée par l'Institut international d'agriculture tropicale (IITA) et le ministère de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire dans le cadre du Programme de résilience du système alimentaire (FSRP), s'est achevée le 25 juillet 2025 au Taiama Resort, dans le district de Moyamba. Cet événement a mis en évidence la nécessité de moderniser l'agriculture en Sierra Leone grâce au développement des compétences et à une participation inclusive.

La cérémonie d'ouverture, présidée par le Dr Isata Kamanda de l'Institut de recherche agricole de Sierra Leone (SLARI), a souligné le rôle crucial de l'agroalimentaire dans la transformation des moyens de subsistance ruraux. Le Dr Abdul R. Conteh, directeur général par intérim du SLARI, s'est déclaré satisfait de la diversité des participants et a indiqué que la formation était axée sur les compétences pratiques nécessaires à l'amélioration de l'application des engrais et des pratiques agronomiques. Il a souligné que cette initiative visait à créer des emplois pour les jeunes en tant que prestataires professionnels de services de pulvérisation.

Travaux pratiques sur le site de démonstration du Centre de recherche agricole de Njala

M. Sahr D. Koroma, représentant le ministère de l'Agriculture, a reconnu les défis posés par le manque d'opérateurs de terrain formés, qui a affecté la vulgarisation agricole et entraîné de mauvais rendements et la contamination des sols. Le Dr Janatu V. Sesay, de l'Agence de certification des semences de Sierra Leone (SLeSCA), a souligné la participation des femmes et l'importance de comprendre les mesures techniques pour une pulvérisation efficace.

Dans son discours liminaire, le Dr Alfred O. Dixon, représentant national de l'IITA, a exhorté les participants à saisir cette opportunité de formation, soulignant la modernisation de l'agriculture, la nécessité de disposer de systèmes semenciers de qualité et d'une gestion efficace des mauvaises herbes et des ravageurs pour mener à bien l'initiative « Feed Salone ». Le Dr Prince E. Norman a ensuite mis en avant l'amélioration de la gestion des mauvaises herbes pour accroître la production et la productivité.

Les experts nigérians, le professeur Ekeleme Friday et le Dr Godwin Atser, ont animé les sessions de formation qui ont couvert divers sujets essentiels tels que le système de semences de manioc, l'utilisation sûre des pesticides et des démonstrations pratiques. La formation, axée sur le secteur privé et les agents de vulgarisation, a combiné théorie et connaissances pratiques, ouvrant la voie à des systèmes alimentaires durables, à l'emploi des jeunes et à la modernisation de l'agriculture en Sierra Leone.

S'abonner à