Aller au contenu principal

Sénégal : vers un vaste projet d’aménagement de 4700 ha de périmètres irrigués villageois en canaux maçonnés dans la vallée du fleuve

Publié le 3 mai 2025

Dans le cadre de la mise en œuvre de la sous-composante 2.2 du FSRP « Renforcer la sécurité alimentaire régionale par la gestion intégrée des paysages (GIP) », le Food System Resilience Program, en partenariat avec la Société d’Aménagement et d’Exploitation des Terres du Delta du Fleuve Sénégal et des Vallées du Sénégal et de la Falémé (SAED), engage un vaste projet d’aménagement de 4 700 hectares de périmètres irrigués villageois (PIV) en canaux maçonnés dans la vallée du fleuve Sénégal. 
Dans un contexte de changement climatique marqué par des crues récurrentes et des infrastructures d’irrigation souvent vétustes, ce programme d’aménagement de 4700ha de PIV par le FSRP à Saint Louis et à Matam, vise à améliorer la sécurité alimentaire notamment par le développement accru de la riziculture et des productions horticoles grâce à des infrastructures d’irrigation durables et plus efficientes.
La durabilité de ces aménagements réside en effet, dans la modernisation des systèmes d’irrigation et de drainage. Jusqu’ici, les PIV étaient alimentés par des canaux en terre, souvent fragiles et sujets aux inondations. La solution d’irrigation mise en avant dans le cadre du FSRP repose sur la construction de canaux maçonnés en béton armé (radier, poteaux et raidisseurs) pour une meilleure durabilité et efficacité.

Les canaux maçonnés, une solution pour la durabilité des PIV 
Le choix des canaux en maçonnerie comme solution d’irrigation découle de la problématique majeure relative à la nécessité d’entretien des ouvrages au niveau des périmètres irrigués villageois de la vallée. Le FSRP Sénégal a misé sur la réalisation d’un système d’irrigation qui se veut économe et durable.
Ces canaux sont constitués de parpaings en maçonnerie (parois) et d’éléments de consolidation de la structure réalisés en béton armé, tels que : la dalle de fond (radier) ; le chaînage supérieur ; les poteaux intermédiaires et les raidisseurs implantés à des intervalles définis. Sans compter les joints de dilatation pour la prévention des risques de fissuration de la structure, en cas de prévalence de tassements différentiels le long du tracé des canaux. 
Au niveau des PIV, cette solution permet aux bénéficiaires de réduire le temps d’irrigation et les pertes d’eau par infiltration, d’augmenter le débit transporté pour garantir les besoins en eau et lutter ainsi contre le stress hydrique pouvant occasionner de faibles rendements. 
Sur le plan économique, avec les canaux maçonnés, les charges d’entretien et de maintenance sont allégées du fait de la consistance de l’investissement initial, facilitant ainsi la maintenance des ouvrages par les bénéficiaires. Cette innovation avec une durée de vie d’au moins quinze (15) années, permettra également de réduire les frais liés au pompage. 
Outre l’amélioration des réseaux d’irrigation, le FSRP prévoit la sécurisation des périmètres contre les inondations grâce au renforcement des digues et à la mise en place de protections adaptées. Le renouvellement et la modernisation des équipements hydrauliques sont aussi au cœur du projet, avec l’installation de nouveaux groupes motopompes (GMP).
Avec ces 4 700 hectares dont l’étude de faisabilité est en démarrage, la vallée du fleuve Sénégal s’apprête à devenir un modèle de gestion intégrée des ressources hydriques, au service de la sécurité alimentaire et du développement rural.

Centre Régional de Spécialisation en Élevage : les acteurs et partenaires planifient les activités annuelles avec l’appui du CORAF

Publié le 3 mai 2025

Du 24 au 26 avril 2025, la ville de Niamey a accueilli la réunion annuelle de planification régionale des activités et projets de recherche du Centre Régional de Spécialisation en Élevage (CRS-EL). Cette rencontre stratégique s’inscrivait dans le cadre des efforts de renforcement des centres d’excellence et de spécialisation du Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF), avec l’appui du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA/FSRP), financé par la Banque mondiale.
Le CORAF, en tant qu’organe régional de coordination scientifique, joue un rôle central dans l’opérationnalisation du CRS-EL. Depuis la création du Centre en 2018, le CORAF a assuré un appui technique et institutionnel constant, favorisant l’émergence d’un réseau de recherche composé de onze centres nationaux répartis dans dix pays. Ce dispositif régional permet aujourd’hui de mutualiser les expertises et de co-construire des solutions innovantes pour faire face aux défis multiples du secteur de l’élevage en Afrique de l’Ouest.
La réunion de Niamey a permis aux participants – représentants des gouvernements, chercheurs, enseignants-chercheurs, organisations de producteurs et partenaires techniques – de définir les priorités de recherche pour la période 2025-2026. L’objectif est de concevoir des interventions scientifiques adaptées aux réalités locales, tout en répondant aux attentes des producteurs et des acteurs de la chaîne de valeur bétail-viande-lait.
Dans un contexte où l’élevage occupe une place stratégique pour l’économie ouest-africaine, les débats ont porté sur les grandes thématiques de recherche à privilégier : amélioration génétique, santé animale, alimentation du bétail, transformation des produits, valorisation des cuirs et peaux, entre autres.
La Professeure Yayé Aissatou, Présidente du Comité Scientifique du CORAF, a salué les progrès réalisés dans la structuration du CRS-EL. Elle a souligné l’importance de renforcer l’alignement entre les activités de recherche et les besoins du terrain, en insistant sur la nécessité d’impliquer les utilisateurs finaux dans le processus d’innovation. Selon elle, le soutien du CORAF à travers le PRSA/FSRP est déterminant pour assurer la cohérence régionale et la durabilité des interventions.
Cette rencontre s’inscrit dans une série d’ateliers de planification régionale organisés dans le cadre du FSRP, après ceux tenus au Mali et au Tchad en 2024. Elle sera suivie d’une autre session prévue au Sénégal en septembre 2025, témoignant de la dynamique régionale enclenchée en matière de recherche-développement pour la résilience des systèmes alimentaires.
En définitive, cette réunion annuelle du CRS-EL constitue une étape majeure dans la consolidation des acquis du programme et la promotion d’un élevage résilient, productif et durable, au service de la sécurité alimentaire, de la création d’emplois et du développement économique en Afrique de l’Ouest.

Relance du secteur de l'oignon en Sierra Leone avec les appuis du FSRP

Publié le 3 mai 2025

En Sierra Leone, les femmes et les jeunes jouent un rôle crucial dans la production de légumes, contribuant de manière significative au système alimentaire du pays. Cependant, malgré la demande croissante de légumes, en particulier d'oignons, qui sont un aliment de base de la cuisine locale, les agricultrices se heurtent souvent à des obstacles considérables qui entravent leur potentiel. Le Programme de résilience du système alimentaire (FSRP) est intervenu pour combler ce fossé, en donnant aux agricultrices les moyens de briser le cycle de la pauvreté grâce à des pratiques améliorées de culture des légumes.
Soutenu par des collaborations avec la Banque mondiale, le gouvernement de Sierra Leone et le Programme mondial pour l'agriculture et la sécurité alimentaire, le FSRP fournit des ressources vitales telles que des semences, des engrais, du fumier de compost, des outils, des serres et des infrastructures d'irrigation, ainsi que des formations. Ce soutien vise à stimuler la production et la productivité des agricultrices, qui sont souvent freinées par un accès limité à des semences de qualité, à la terre, au financement et à des installations de stockage adéquates.

Ces difficultés ont été aggravées par les conditions climatiques qui rendent l'agriculture maraîchère coûteuse et imprévisible. Pendant la pandémie de COVID-19, la situation s'est considérablement aggravée. Le prix des oignons étant passé de 17 à 40 dollars les 50 kg, le gouvernement a subi des pertes considérables, dépensant plus de 20 millions de dollars par an pour importer des oignons. Cette crise a mis en évidence la nécessité d'investir d'urgence dans l'agriculture locale afin de stabiliser l'approvisionnement alimentaire et de protéger les consommateurs.
En réponse, le FSRP a mis en œuvre sa composante de réponse d'urgence contingente (composante 4) de 2023 à 2024, offrant un soutien gratuit à 15 580 ménages agricoles de femmes et de jeunes. Cette initiative a permis de faciliter la préparation des terres, de fournir des semences de haute qualité, des engrais, du fumier de compost, des services de vulgarisation et d'établir un accès au marché. Plus de 430 hectares d'oignons et 30 hectares de légumes variés (choux, laitues, tomates, poivrons, etc.) ont été cultivés dans quatre districts : Port Loko, Koinadugu, Western Rural et Moyamba. En conséquence, les prix locaux des oignons ont commencé à se stabiliser, ce qui a permis aux agriculteurs de gagner un revenu et de subvenir aux besoins de leurs familles.

Thaio Kamara, une agricultrice du district de Koinadugu, a partagé son expérience : "Le COVID-19 m'a beaucoup appris. Avant la crise, je ne comprenais pas l'intérêt d'obtenir des semences de haute qualité et de planter au-delà de ma petite parcelle. Avec le FSRP, j'ai réalisé un grand changement dans ma vie - j'ai obtenu plus de 50 sacs de 50 kg lors de ma première récolte et je les ai vendus pour étendre mes terres agricoles, j'ai maintenant des semences, de l'argent et des connaissances pour développer mon activité agricole".

Lorsque la phase d'urgence s'est achevée au début de l'année 2025, le projet a modifié l'approche de son soutien, en se concentrant sur la création de liens entre les agriculteurs et le secteur privé afin de soutenir la production. Le projet a établi un partenariat avec PC & Son, un important importateur d'oignons, afin d'impliquer les agriculteurs du FSRP en tant que cultivateurs sous-traitants, garantissant ainsi un investissement durable dans le secteur. En outre, un protocole d'accord a été signé avec PC & Sons pour faciliter la formation des bénéficiaires du FSRP et leur permettre de développer leurs exploitations d'oignons pour la consommation et les marchés commerciaux.

Lungi, un centre de production d'oignons dans le district de Port Loko, est un excellent exemple de l'impact du FSRP. Grâce à l'aide apportée à plus de 500 agriculteurs, presque tous les ménages pratiquent l'agriculture maraîchère, principalement pour approvisionner la capitale, Freetown. Mary Mani, une bénéficiaire, nous a raconté son histoire : "Mon mari est à la retraite et nous avons trois enfants. Je suis entrée en contact avec le FSRP en 2023, alors que le pays se relevait de l'impact du COVID-19, le secteur des légumes s'est asséché, l'oignon est devenu un produit de luxe pour la plupart des foyers. Cette année-là, le FSRP m'a fourni des intrants (semences, engrais et fumier de compost) et des services de vulgarisation qui ont considérablement augmenté ma productivité et le revenu de mon ménage. Auparavant, la culture de l'oignon était difficile et j'avais du mal à réaliser des bénéfices. Cette année, j'ai récolté plus de 200 sacs d'oignons grâce au FSRP, au gouvernement de Sierra Leone et à la Banque mondiale. Je suis maintenant propriétaire d'une maison et j'ai les moyens de subvenir aux besoins de base de mon foyer grâce à la culture de l'oignon".

La phase d'urgence devant s'achever en 2025, le Programme mondial pour l'agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP) du FSRP prendra le relais en continuant d'aider les agriculteurs à préparer les terres, à fournir des engrais, des semences et des serres à plus de 16 500 personnes réparties dans huit districts : Bonthe, Pujehun, Koinadugu, Kambia, Western Rural, Moyamba, Tonkolili et Port Loko.

À l'avenir, le projet envisage l'agriculture maraîchère comme une opportunité tout au long de l'année, alimentée par la demande persistante des consommateurs urbains. Les agricultrices

prévoient d'investir dans ce secteur, notamment grâce à un meilleur accès à l'irrigation. Pour ce faire, le FSRP s'est associé à l'UNOPS pour développer des puits solaires, et met également en place 15 stations météorologiques par l'intermédiaire de l'Agence météorologique de Sierra Leone pour fournir des mises à jour météorologiques aux agriculteurs. En outre, des partenariats avec des fournisseurs de télécommunications sont prévus pour fournir des messages d'alerte précoce, ce qui renforcera encore la résilience de ces agriculteurs essentiels.

Le FSRP représente une étape transformatrice vers l'égalité des sexes et l'autonomisation économique en Sierra Leone, permettant aux agricultrices de réaliser leur potentiel et de contribuer à un secteur agricole plus stable et plus durable. Grâce à des efforts de collaboration et à un soutien ciblé, nous pouvons ouvrir la voie à un avenir prospère où les femmes s'épanouissent et où les chaînes de la pauvreté sont brisées pour de bon.
 

Burkina Faso : les travaux de réhabilitation du périmètre irrigué de Bama officiellement lancés

Publié le 3 mai 2025

Les travaux de réhabilitation et de modernisation du périmètre irrigué de Bama ont été officiellement lancés le vendredi 11 avril 2025. Cette activité s’inscrit dans le cadre du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest, composante Burkina Faso (PRSA-BF), et vise à relancer durablement la production agricole dans cette zone stratégique. 
Il s’agit d’assurer la réhabilitation complète de 1 260 hectares de rizière et 70 hectares de périmètres maraîchers à travers des travaux de planage du terrain pour garantir une meilleure distribution gravitaire de l’eau sur l’ensemble du périmètre. Cette réhabilitation représente un investissement global estimé à plus de 15 milliards de FCFA mobilisés avec l’implication directe du Ministre d’État, qui avait donné dès octobre 2023 des instructions pour faire de ce dossier une priorité. 
La cérémonie de lancement des travaux selon les acteurs et les bénéficiaires marque l’aboutissement d’un long processus d’échanges et de consultations avec les producteurs locaux.
Sanou Soumana, Président de l’Union des coopératives rizicoles de Bama (UCRB), a exprimé l’enthousiasme des producteurs : « C’est un projet que nous attendons depuis des années. Nous serons enfin en mesure de produire trois fois par an sur l’ensemble des 1260 hectares, ce qui permettra d’augmenter considérablement la production de riz et de blé pour nourrir les Burkinabès ». 
Après les travaux, l’ensemble du périmètre sera utilisable toute l’année. L’introduction de méthodes modernes de culture, de variétés plus adaptées et de fertilisants appropriés est également prévue, pour améliorer durablement la productivité et la qualité des récoltes. 
Cette initiative s’inscrit aussi dans un plan plus large, qui prévoit d’ici fin 2025 l’aménagement de 10 000 hectares de périmètres irrigués en maîtrise totale d’eau et 30 000 hectares de bas-fonds. 

Pour le PRSA-BF, ce lancement constitue une étape décisive pour la sécurité alimentaire nationale et le développement économique local de la région. Les 1085 producteurs de Bama se préparent désormais à augmenter considérablement la production rizicole au Burkina Faso.
 

Ghana : le FSRP et Women in Poultry Value Chain unissent leurs forces pour promouvoir le poulet local dans le pays

Publié le 3 mai 2025

Le Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) et l’organisation Women in Poultry Value Chain (WIPVaC) se sont associés pour promouvoir la consommation de poulet local au Ghana à l'occasion du 8ᵉ anniversaire de WIPVaC.
L'événement phare de cette collaboration s’est tenu le mardi 29 avril 2025 à Accra. Il a offert une ambiance festive, agrémentée de dégustations gratuites de savoureux morceaux de poulet grillé accompagnés de kenkey et de piment, d’une vente promotionnelle de poulets locaux frais et congelés à prix cassés, de musique entraînante, d’invités surprises et d’animations variées.
Créée pour regrouper les femmes actives dans l’ensemble de la chaîne de valeur avicole, WIPVaC a fédéré éleveuses, commerçantes, distributrices, transformateurs de produits avicoles ainsi que fournisseurs de maïs, de soja et de poussins d’un jour. L’organisation s’est donnée pour ambition de créer des opportunités économiques pour ses membres, en renforçant leur participation au développement du secteur avicole et en stimulant une croissance inclusive et durable.
Dans le cadre du Programme d’Intensification Avicole (PIS), mis en œuvre par le Ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture (MOFA) avec l’appui du FSRP, les membres de WIPVaC ont bénéficié de crédits en nature (poussins, aliments, vaccins) ainsi que de formations techniques. Leur premier cycle de production, lancé l’an dernier, est arrivé à son terme, prêt à approvisionner le marché en poulets de chair locaux de qualité.
« Nous sommes fières d’avoir marqué notre 8ᵉ anniversaire en mettant à l'honneur notre travail, et surtout en renforçant la visibilité du poulet local, produit par des femmes dynamiques et innovantes », a souligné une responsable de WIPVaC.
Ce partenariat s’inscrit pleinement dans l’objectif du FSRP de renforcer la sécurité alimentaire régionale en promouvant des pratiques agricoles intelligentes face au climat (CSA), en améliorant la biosécurité et en intégrant pleinement les femmes dans les chaînes de valeur commerciales.
Le FSRP a soutenu 60 éleveurs de volailles dans les régions du Centre, du Grand Accra, de l'Est, de la Volta et d'Ashanti, leur fournissant des crédits pour 50 000 poussins, de l'alimentation et des vaccins. À ce jour, 25 000 poussins ont été distribués, permettant aux bénéficiaires de compléter leur premier cycle de production de poulets de chair. 
Au cours de la cérémonie, M. John Dumelo, vice-ministre ghanéen de l'Agriculture a insisté sur la nécessité de développer une stratégie de marketing efficace pour améliorer la disponibilité du poulet local sur le marché, répondant ainsi à une demande croissante. Il a également évoqué des projets de construction d'installations de transformation modernes pour renforcer la chaîne de valeur de la volaille. 

Niger : empoissonnement de la mare de Tcherassa, région de Tahoua

Publié le 3 mai 2025

Au Niger, la pèche est une activité économique importante qui touche directement ou indirectement plus de 50 000 personnes. Le pays possède une grande diversité de poissons, avec plus de 112 espèces recensées et la production de poisson a augmenté ces dernières années, atteignant 50 000 tonnes en 2023. Les activités de la pêche sont développées dans le lac Tchad (dans la région de Diffa), la vallée du fleuve et de nombreux points d’eau. De nos jours, avec le problème d’insécurité (vallée du Fleuve et à Diffa) et d’autres défis comme les effets du changement climatique (ensablement des points d’eau et la colonisation des plans d’eau par les plantes envahissantes), cette filière connait des difficultés à tous les niveaux : la production, la conservation, la transformation et la commercialisation des produits de la pêche.
Dans la perspective de créer les conditions favorables à l’exploitation durable des ressources halieutiques afin de contribuer à la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle et à l’amélioration des revenus  en milieu rural, le PRSA Niger à travers la Direction de la Pêche et de l’Aquaculture (DPA) du Ministère de l’Hydraulique, de l’Assainissement, de l’Environnement et de la lutte contre la Désertification a procédé à l’empoissonnement de la mare de Tcherassa commune située dans le département de Konni dans la région de Tahoua .
Cette activité qui vise à renforcer la productivité halieutique s’inscrit dans le cadre de l’amélioration de la nutrition des populations notamment les enfants, mais également l’augmentation des revenus des pêcheurs, des mareyeurs et autres acteurs de la chaine de la filière avec l’introduction des espèces à haute valeur marchande. Cette opération d’empoissonnement est suivie d’une période de fermeture de six (6) mois pour permettre la reproduction et l’adaptation des poissons au milieu des poissons introduits. 
Le 14 avril 2025 les autorités ont procédé à la réouverture de la mare empoissonnée au grand bonheur de la population.
Il est important de noter que 9 villages environnants de la commune de Tcherassa bénéficient des produits de la pêche de la mare soit plus de 10 000 bénéficiaires directes et indirects et des mesures ont été prises pour assurer la surveillance de la mare empoissonnée et lutter ainsi contre les éventuelles pêches clandestines dans la perspective d’une gestion concertée des ressources de la mare. 

Sénégal/FSRP : un lancement officiel porteur d’espoir pour la souveraineté alimentaire

Publié le 3 mai 2025

Présidée par le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne, la cérémonie de lancement du Programme de Résilience du Système Alimentaire (FSRP) à Diamniadio a été marquée par une vision claire, tournée vers l’action pour la transformation de l’agriculture. Pour le Sénégal, intégré la phase 3 du FSRP se présente comme une opportunité pour bâtir un avenir agricole plus solide et durable.
Dans un contexte ouest-africain souvent fragilisé par les aléas climatiques et les tensions économiques, une lueur d’espoir a brillé avec le lancement officiel du Programme de résilience du système alimentaire (FSRP) à Diamniadio. Dans son allocution de lancement, le Ministre de l’agriculture a posé un diagnostic sur les maux qui minent le secteur agricole sénégalais tels que la dépendance aux importations alimentaires, le chômage des jeunes, et les effets du changement climatique. Le FSRP représente ainsi une réponse structurée et régionale pour moderniser l’agriculture sénégalaise et renforcer la résilience des systèmes alimentaires.
Le programme vise à accroître la préparation à l’insécurité alimentaire et améliorer la résilience des systèmes alimentaires au Sénégal, tout en contribuant à la préparation et à la gestion des crises agricoles et alimentaires, au renforcement de la résilience des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux et à faciliter le commerce de biens et d’intrants agricoles à l’intérieur et au-delà des frontières nationales en Afrique de l’Ouest. 
Pour y parvenir, le programme de résilience se déploie selon une approche multidimensionnelle, embrassant tous les aspects de la chaîne de valeur agricole. Il s’agira, entre autres, de stimuler la recherche et l’innovation, de faciliter l’accès au financement pour les producteurs, de promouvoir des pratiques agroécologiques, de renforcer les infrastructures rurales, et de favoriser l’intégration des marchés agricoles.
Le ministre a aussi souligné l’importance de « l’écoute et de la flexibilité » dont ont fait preuve la Banque mondiale et le Fida au cours des 12 derniers mois, permettant d’aligner le projet sur les nouvelles orientations du Président de la République et de mieux répondre aux besoins des acteurs du secteur agricole et de l’élevage. 
La représentante de la Banque mondiale, Aïfa Fatimata Ndoye Niane, a d’emblée souligné « l’immense potentiel » transformateur de cette entreprise collective. « Le FSRP n’est pas qu’un projet, c’est une vision partagée pour une Afrique de l’Ouest résiliente », a-t-elle déclaré avec conviction. Cette vision, portée par la CEDEAO, le CORAF et le CILSS, ambitionne de renforcer la sécurité alimentaire face aux crises récurrentes.
L’espoir suscité par le FSRP au Sénégal se nourrit également de sa récente restructuration, visant un alignement précis avec les priorités nationales, notamment la « Vision Sénégal 2050 », axée sur la souveraineté et la prospérité. « Nous avons intégré le financement des coopératives agricoles, car elles sont au cœur de la modernisation du secteur ». 
Les coopératives agricoles communautaires au cœur de la stratégie
Le succès de la transformation de l’agriculture réside dans le développement de coopératives agricoles communautaires. Ces coopératives seront des unités de base pour mutualiser les moyens de production, améliorer l’accès au financement, faciliter la formation, la formalisation, la transformation et la commercialisation des produits agricoles, tout en créant des emplois massifs.
Le FSRP prévoit l’équipement de ces fermes avec des infrastructures modernes telles que des forages, des systèmes d’irrigation performants et des groupes électrogènes, ainsi que leur connexion au réseau électrique national. L’objectif est de faire de ces coopératives des « agri-innovation hubs » pour moderniser l’agriculture et l’élevage.
En ciblant également les corridors de transhumance, le programme ambitionne de développer des coopératives agricoles communautaires orientées vers l’élevage, contribuant ainsi à l’autosuffisance en viande rouge et à la transformation locale des produits, afin de freiner l’exode rural. 
Pour concrétiser cette vision, le Sénégal s’engage à développer 1.000 hectares de fermes agricoles modernes et inclusives. « J’engage tout mon département à faire de ces 1.000 hectares une vitrine de l’agriculture moderne inclusive et durable », a affirmé Mabouba Diagne qui a réitéré sa gratitude envers les partenaires financiers et techniques, soulignant leur écoute, leur réactivité et leur accompagnement stratégique. 
Prenant la parole au nom de la coordination nationale, Dr Mohamadou Lamine Dia, a mis en lumière les enjeux et les leviers d’une mise en œuvre réussie : « Ce que nous lançons aujourd’hui, ce n’est pas seulement un programme ; c’est une dynamique collective pour la transformation du secteur agricole. 
Le FSRP ne réussira que si chaque acteur, à chaque niveau, prend part à cette mission de manière responsable et coordonnée. » Il a insisté sur l’importance d’une gouvernance participative, transparente et ancrée dans les territoires, tout en saluant la flexibilité dont ont fait preuve les partenaires pour adapter le programme aux priorités nationales, en lien avec la Vision Sénégal 2050.

Tchad : lancement d’une campagne de distribution de kits agricoles dans trois provinces avec l’appui du PRSA

Publié le 3 mai 2025

Dans un contexte marqué par des crises alimentaires récurrentes et les effets croissants du changement climatique, le Programme de Résilience des Systèmes Alimentaires en Afrique de l’Ouest et au Sahel au Tchad (PRSA-TD) a lancé, du 17 au 25 avril 2025, une importante opération de distribution de kits agricoles dans trois provinces du pays. Cette initiative, pilotée en collaboration avec le gouvernement tchadien et divers partenaires techniques, vise à renforcer les capacités des producteurs maraîchers dans les zones rurales, parmi les plus vulnérables du pays.
Les provinces ciblées par cette première phase de la campagne sont le Chari-Baguirmi, Hadjer-Lamis et le Lac, trois régions où l’insécurité alimentaire reste un défi majeur. Les bénéficiaires, composés essentiellement d’organisations de producteurs locaux, ont reçu des kits aratoires, des engrais de types NPK et urée, ainsi que des pesticides destinés à stimuler la production agricole. L’objectif est clair : soutenir la relance de l’activité maraîchère et améliorer durablement la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.
L’opération s’est déroulée en étroite coordination avec les services techniques du Ministère de la Production et de l’Industrialisation Agricole, notamment l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER) et la Direction de la Production Végétale et des Cultures (DPVC). Les autorités administratives et locales ont également joué un rôle de premier plan, facilitant la logistique et la mobilisation communautaire sur le terrain.
Pour le Coordonnateur Provincial du PRSA-TD, cette première distribution marque le début d’un processus plus vaste. « Il s’agit d’une étape initiale dans une stratégie progressive. D’autres localités de la zone d’intervention du programme bénéficieront très prochainement de ces appuis », a-t-il assuré. Le programme ambitionne en effet de couvrir à terme l’ensemble des zones rurales prioritaires afin de doter les producteurs des outils nécessaires pour faire face aux chocs climatiques et économiques qui affectent le secteur agricole.
Sur le terrain, les réactions des bénéficiaires ne se sont pas fait attendre. Plusieurs producteurs ont exprimé leur gratitude et salué un appui qualifié de « salvateur ». Pour beaucoup, cette aide redonne espoir à des familles rurales confrontées à une précarité grandissante. « Ce soutien viendra soulager les efforts des membres de nos organisations paysannes et relancer l’espoir dans les campagnes », a témoigné Mbodou Mahamat, producteur de la région du Lac.
Avec cette opération, le PRSA-TD confirme sa volonté d’inscrire ses actions dans la durée, au service d’un développement agricole résilient et inclusif. Reste à espérer que la dynamique engagée saura s’intensifier et se pérenniser dans l’ensemble du pays.

Togo : le FSRP promeut l’élevage de la chèvre rousse de Maradi pour une meilleure autonomisation des femmes rurales

Publié le 3 mai 2025

L’élevage de petits ruminants constitue une source vitale de revenus pour de nombreuses femmes en milieu rural. Dans un contexte de lutte contre la pauvreté, de quête de sécurité alimentaire et de résilience face aux effets du changement climatique, l’introduction de races plus performantes apparaît comme une priorité pour créer des activités génératrices et améliorer les revenus des femmes vulnérables à travers un élevage de caprins plus productif et durable.
Avec l’appui technique de l’Institut Togolais de recherche agronomique (ITRA), le FSRP Togo, a lancé la vulgarisation pilote de la chèvre rousse de Maradi dans douze (12) localités réparties dans les six régions agroécologiques du pays avec pour objectif d’améliorer les revenus des femmes vulnérables par l’élevage de la chèvre de Maradi, surnommée « la vache laitière du pauvre » grâce à sa bonne production laitière.
Originaire du département de Maradi au Niger, cette race de chèvre d’une solidité remarquable présente plusieurs acquis dont sa grande rusticité et sa bonne capacité de production de lait riche en vitamine A. Fort de ces atouts, la chèvre rousse de Maradi s’est révélée être le pilier du développement économique des ménages ruraux.
Cette initiative du FSRP dédiée à l’introduction de races prolifiques dans les systèmes de production animale repose sur une méthodologie rigoureuse, comme l’explique Dr. DJABA Atouga, chef programme ovin caprin au centre de recherche agronomique de l’ITRA à Kolokopé : Les chèvres rousses de Maradi que vous voyez sont arrivées au centre le 9 Octobre 2024 et ont observé une période de quarantaine de deux mois avant d’être accouplées. Pour s’assurer que les accouplements organisés ont bien réussi, nous avons observé une nouvelle période d’environ quatre mois afin de voir les premiers signes dont le développement des mamelles. C’est à la suite de ces apparitions que nous avons procédé à la distribution des chèvres aux femmes vulnérables identifiées dans les six régions agricoles du pays. Chaque femme a bénéficié d’au moins de deux (2) chèvres gestantes et d’un kit d’alimentation adapté.
Après quelques jours de mise à disposition des chèvres gestantes, des naissances de chevreaux ont été signalées par endroit. C’est le cas de madame Kossiwa Yao, bénéficiaire basée à Langabou qui témoigne de son vécu avec les animaux : « Ces chèvres sont tout ce que j’ai aujourd’hui et je prends soin d’elles comme si elles étaient mes enfants. Aussitôt reçu, elles ont donné un chevreau mâle et vigoureux dans la semaine suivante. Malgré qu’elle allaite bien le petit, elle a encore beaucoup de lait dans ses mamelles. J’envisage d’en extraire pour faire des fromages et les vendre au marché. » 
Par cette action, le FSRP Togo pose les fondations d’une amélioration structurelle de la filière caprine, tout en plaçant la femme rurale au cœur de la dynamique de développement agricole. Cette première phase pilote ouvre la voie à une extension progressive, fondée sur des résultats concrets, en faveur d’une agriculture familiale plus résiliente, inclusive et économiquement viable.
Il faut rappeler qu’un suivi vétérinaire et technique de ces animaux, est assuré de manière régulière par les services techniques de l’ICAT auprès des douze femmes qui ont chacune bénéficié d’au moins deux (02) chèvres gestantes dans les six régions agricoles du pays.       

Sénégal : Vers un vaste projet d’aménagement de 4700 ha de périmètres irrigués villageois en canaux maçonnés dans la vallée du fleuve

Publié le 24 avril 2025

Dans le cadre de la mise en œuvre de la sous-composante 2.2 du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) relative au renforcement de la sécurité alimentaire régionale par la gestion intégrée des paysages (GIP), le FSRP en partenariat avec la Société d’Aménagement et d’Exploitation des Terres du Delta du Fleuve Sénégal et des Vallées du Sénégal et de la Falémé (SAED), engage un vaste projet d’aménagement de 4 700 hectares de périmètres irrigués villageois (PIV) en canaux maçonnés dans la vallée du fleuve Sénégal. 
Dans un contexte de changement climatique marqué par des crues récurrentes et des infrastructures d’irrigation souvent vétustes, ce programme d’aménagement de 4700ha de PIV par le FSRP à Saint Louis et à Matam, vise à améliorer la sécurité alimentaire notamment par le développement accru de la riziculture et des productions horticoles grâce à des infrastructures d’irrigation durables et plus efficientes.
La durabilité de ces aménagements réside en effet, dans la modernisation des systèmes d’irrigation et de drainage. Jusqu’ici, les PIV étaient alimentés par des canaux en terre, souvent fragiles et sujets aux inondations. La solution d’irrigation mise en avant dans le cadre du FSRP repose sur la construction de canaux maçonnés en béton armé (radier, poteaux et raidisseurs) pour une meilleure durabilité et efficacité.

Les canaux maçonnés, une solution pour la durabilité des PIV 
Le choix des canaux en maçonnerie comme solution d’irrigation découle de la problématique majeure relative à la nécessité d’entretien des ouvrages au niveau des périmètres irrigués villageois de la vallée. Le FSRP Sénégal a misé sur la réalisation d’un système d’irrigation qui se veut économe et durable.
Ces canaux sont constitués de parpaings en maçonnerie (parois) et d’éléments de consolidation de la structure réalisés en béton armé, tels que : la dalle de fond (radier) ; le chaînage supérieur ; les poteaux intermédiaires et les raidisseurs implantés à des intervalles définis. Sans compter les joints de dilatation pour la prévention des risques de fissuration de la structure, en cas de prévalence de tassements différentiels le long du tracé des canaux. 
Au niveau des PIV, cette solution permet aux bénéficiaires de réduire le temps d’irrigation et les pertes d’eau par infiltration, d’augmenter le débit transporté pour garantir les besoins en eau et lutter ainsi contre le stress hydrique pouvant occasionner de faibles rendements. 
Sur le plan économique, avec les canaux maçonnés, les charges d’entretien et de maintenance sont allégées du fait de la consistance de l’investissement initial, facilitant ainsi la maintenance des ouvrages par les bénéficiaires. Cette innovation avec une durée de vie d’au moins quinze (15) années, permettra également de réduire les frais liés au pompage.

Outre l’amélioration des réseaux d’irrigation, le FSRP prévoit la sécurisation des périmètres contre les inondations grâce au renforcement des digues et à la mise en place de protections adaptées. Le renouvellement et la modernisation des équipements hydrauliques sont aussi au cœur du projet, avec l’installation de nouveaux groupes motopompes (GMP).
Avec ces 4 700 hectares dont l’étude de faisabilité est en démarrage, la vallée du fleuve Sénégal s’apprête à devenir un modèle de gestion intégrée des ressources hydriques, au service de la sécurité alimentaire et du développement rural.

S'abonner à