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Forum PRESASS 2025 à Bamako : l’édition de tous les records

Publié le 3 juin 2025

Bamako, capitale malienne, a accueilli du 5 au 9 mai 2025 une édition exceptionnelle du Forum PRESASS, consacrée aux prévisions saisonnières pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Cette édition après 20 ans d’exercice, a battu plusieurs records en termes de participation, d’innovation technologique, d’implication communautaire et de diffusion des résultats. Un jalon majeur pour la résilience climatique dans la région, grâce à l’appui du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FRSP) Composante 1 financée par la Banque mondiale.

Une participation historique

Jamais dans l’histoire du Forum PRESASS — initié dans les années 2000 — une édition n’avait rassemblé autant de participants. Avec plus de 280 participants venus des 17 pays membres de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, le rendez-vous de Bamako a dépassé les attentes

Cette affluence record est d’autant plus significative qu’elle traduit une dynamique régionale forte de coopération autour de la gestion des risques climatiques. Experts des services météorologiques et hydrologiques nationaux, chercheurs, représentants d’institutions régionales, organisations paysannes et représentants de la société civile, acteurs humanitaires, journalistes et communicateurs, se sont donnés rendez-vous pour donner corps à une vision commune : anticiper pour mieux agir. « Cette participation massive est le reflet d’une prise de conscience collective que l’information climatique n’est pas un privilège, mais une nécessité », a indiqué Dr. Agali Alhassane, Expert Agrométéorologue et coordonnateur de la composante 1 du FRSP.

Des services numériques innovants au cœur du forum : l’IA pour améliorer les prévisions

L’édition 2025 du Forum PRESASS à Bamako a marqué un tournant décisif dans l’évolution des prévisions saisonnières en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Pour la première fois, l’Intelligence artificielle prend une place majeure au sein de l’arsenal des outils de prévision utilisés dans le forum. Cela a été possible grâce à des sessions de formation intensives organisées avant le forum pour renforcer les capacités des experts nationaux sur une nouvelle génération de prévisions saisonnières, reposant sur des approches objectives, en rupture avec la démarche consensuelle traditionnelle souvent marquée par des jugements d’experts considérés comme subjectifs du fait de non leur reproductibilité par des tierces.

Grâce aux appuis du projet AICCRA (Accelerating the Impacts of CGIAR Climate Research for Africa) et FSRP (Food System Resilience Program), financés par la Banque Mondiale, cette transition vers des prévisions objectives s’est concrétisée par le développement et la mise en œuvre d’outils innovants comme WASS2S (West-African and Sahel Seasonal to Sub-seasonal), qui automatisent les méthodes statistiques classiques tout en intégrant les potentialités de l’intelligence artificielle (IA), notamment du Deep Learning.

Ces nouveaux outils interviennent à la fois dans la correction des biais des sorties des modèles de prévision des centres climatiques mondiaux grâce à des algorithmes d’apprentissage, dans l’élaboration des prévisions spécifiques, mais aussi dans la combinaison des approches traditionnelles et ceux de l’intelligente artificielle. Le processus est désormais automatisé, traçable et reproductible : n’importe quel climatologue, quel que soit son pays, peut appliquer la même méthodologie et obtenir les mêmes résultats. Bien que cette approche ne soit pas encore officiellement lancée, le forum de Bamako a permis son utilisation test par un grand nombre de climatologues. Le lancement officiel est prévu très prochainement avec la participation des directeurs des services météorologiques et hydrologiques nationaux, afin de marquer officiellement l’adoption institutionnelle de cette nouvelle génération de services de prévisions saisonnières.

Ces innovations placent désormais l’intelligence artificielle au cœur du processus de prévision saisonnière en Afrique de l’Ouest et au Sahel, ouvrant la voie à des services climatiques plus fiables, reproductibles, transparents et adaptés aux besoins des utilisateurs finaux. Le Forum PRESASS 2025 marque ainsi l’avènement d’une ère nouvelle où les services climatiques innovants pour renforcer davantage la résilience des populations sahéliennes et ouest-africaines.

Coproduction de l’information climatique : les utilisateurs s’engagent pleinement

L’un des aspects sur lesquels cette édition a particulièrement mis l’accent était l’implication directe des utilisateurs dans le processus de coproduction dans l’interprétation des produits de prévisions saisonnières et de l’élaboration du communiqué final et des recommandations. Agriculteurs, éleveurs, gestionnaires des ouvrages hydrauliques, d’énergie hydroélectrique, agents de développement communautaire et représentants des organisations paysannes, les hommes et les femmes des médias ont participé activement aux groupes de travail aux côtés des scientifiques. « On a enfin senti que notre voix comptait, que les conseils prenaient en compte nos réalités locales », a témoigné un agriculteur malien ayant été le premier à solliciter les informations climatiques à Mali Météo.

Cette démarche participative a permis d’enrichir les informations des prévisions avec les perceptions locales, d’adapter les messages aux réalités du terrain, et de co-élaborer des conseils agro-hydro-climatiques basés à la fois sur les sciences modernes et les savoirs endogènes.

Une large diffusion des résultats : la prévision au service de tous

L’une des forces de cette édition a été la qualité et la portée de la communication autour des résultats du forum. Le communiqué final du forum de prévisions saisonnières a été traduit en anglais, puis partagé avec l’ensemble des acteurs à travers via les télévisions, radios, presse écrite, et les plateformes numériques (sites web, réseaux sociaux etc.) au niveau national et régional, ce qui a permis de toucher de multiples bénéficiaires.

Ces résultats ont été relayés par certaines radios communautaires partenaires qui ont traduit les informations dans plusieurs langues nationales. « Le PRESASS 2025 a permis une meilleure appropriation des informations climatiques par les populations. Dans mon pays, presque tout le monde connaît désormais la tendance de la saison à venir », a déclaré un journaliste du Niger.

Cette stratégie de communication inclusive, associée aux ateliers de restitution organisés par les pays (voir tableau) favorise une diffusion large des prévisions climatiques, renforçant la prise de décision à tous les niveaux : des autorités nationales aux ménages agricoles.

 


 

Quelques exemples de pays ayant tenu des ateliers de restitution 
Burkina FasoLe 6 mai 2025 
MaliLe 25 Avril et le 7 mai 2025 
NigerLe 16 mai 2925 
SénégalLe 15 mai 2025 

Le soutien décisif du FSRP : une colonne vertébrale financière et logistique

Si le Forum PRESASS 2025 a atteint ce niveau d’envergure, c’est en grande partie grâce à l’appui stratégique de la Composante 1 du Food System Résilience Program (C1 FSRP) financé par la Banque mondiale. Le FSRP a permis : i) la prise en charge de la participation et de la logistique pour plusieurs délégations nationales ; ii) le financement des plateformes numériques utilisées lors du forum ; iii) la production de supports techniques et de communication. Au-delà du financement, le FSRP s’est aussi positionné comme un moteur de coordination multi-acteurs, facilitant la synergie entre AGRHYMET CCR-AOS, l’ACMAD, les Services Météorologiques et Hydrologiques Nationaux (SMHN) des 17 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, les Organismes des bassins fluviaux et les représentants des plateformes d’interface utilisateurs (des secteurs de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, des ressources en eau et réduction des risques des catastrophes, de la sécurité climatique). Il convient de saluer l’articulation stratégique entre AICCRA et FSRP, deux projets financés par la Banque Mondiale, où le premier assure la promotion et l’appropriation des innovations en matière de services climatiques, afin de créer un catalyseur permettant au second de booster ses investissements.

Conclusion

Le Forum PRESASS 2025 de Bamako a non seulement battu des records de participation, mais il a surtout posé de nouveaux jalons pour la résilience climatique en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Il a démontré que : i) l’intégration technologique (notamment l’IA) dans les services climatiques est un créneau promoteur ; ii) la co-production garantit des prévisions plus pertinentes et utilisables ; iii) le soutien financier bien structuré, comme celui de la Banque Mondiale (travers les projets FSRP et AICCRA) et de la BAD (à travers le projet P2RS), est un levier important pour la mobilisation des acteurs et la durabilité du process ; iv) une communication adaptée, axée sur l’utilisation des services est essentielle pour transformer une prévision en action anticipatoire.

Après le forum régional de Bamako, les pays se sont mobilisés pour prendre le relais en procédant à des sessions de restitutions nationales. Bamako 2025 augure une nouvelle ère pour les prévisions en Afrique de l’Ouest et au Sahel en maximisant sur l’IA et en faisant de la coproduction et la co-diffusion le chemin le plus efficace vers l’impact.

Le CORAF outille les acteurs de la vulgarisation agricole pour des services plus Inclusifs et sensibles au Genre en faveur des femmes rurales

Publié le 3 juin 2025

Du 20 au 22 mai, le Conseil d’Afrique de l’Ouest et du Centre pour la recherche et le développement agricoles et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ont coorganisé un atelier régional de formation à Accra, Ghana, dans le cadre du Programme de Résilience du Système Alimentaire (FSRP). L’événement a réuni des acteurs clés de la vulgarisation agricole issus de huit pays d’Afrique de l’Ouest, autour d’un enjeu central mais souvent sous-estimé : l’intégration du genre dans les services de conseil rural. Un levier essentiel pour bâtir des systèmes alimentaires plus inclusifs, équitables et résilients face aux défis climatiques et socio-économiques. Le FSRP est un programme d’investissement régional phare qui vise à renforcer la résilience du système alimentaire de l’Afrique de l’Ouest grâce à une approche régionale stratégique. Le CORAF mène la composante 2 sur la durabilité et l’adaptabilité de la base productive du système alimentaire, en mettant l’accent sur les pratiques agroécologiques et la gestion durable des terres et des bassins hydrographiques. Des interventions axées sur le genre sont intégrées dans ce cadre pour aider à combler les écarts persistants entre les genres qui entravent la sécurité alimentaire et le développement rural. Depuis 2023, la FAO collabore avec le CORAF pour fournir un soutien technique, y compris des méthodologies, des outils et des formations de renforcement des capacités sur l’intégration de la dimension de genre. Cette formation actuelle sur les services consultatifs ruraux sensibles au genre est le dernier produit de la série de collaborations entre le CORAF et la FAO dans le cadre du FSRP.

Les femmes représentent environ 50 pour cent des agriculteurs en Afrique de l’Ouest et du Centre et 60 pour cent de ceux qui travaillent dans les secteurs non agricoles des systèmes agroalimentaires, mais peu d’agricultrices que d’hommes sont accessibles par les services de conseil rural conçus pour soutenir les agriculteurs. La plupart des systèmes de vulgarisation agricole continuent de s’adresser principalement aux hommes en raison de plusieurs problèmes systémiques. Les prestataires de services de vulgarisation ne considèrent pas les femmes comme des clientes des services de conseil rural, et les agriculteurs dans leurs propres droits, les considérant plutôt comme des aides agricoles. Les services qu’elles offrent ne tiennent pas compte des défis auxquels les femmes rurales sont souvent confrontées, notamment le fardeau des soins non rémunérés et du travail domestique, la mobilité limitée, les faibles niveaux d’alphabétisation et les normes sociales restrictives.

La formation dispensée par Bethel Terefe Gebremedhin, Senior Gender Expert au bureau régional de la FAO pour l’Afrique au Ghana, s’est concentrée sur l’identification des obstacles structurels à l’accès des femmes aux services consultatifs agricoles et l’exploration de stratégies pour les surmonter. Au moyen d’outils tels que les calendriers saisonniers et le profil des activités quotidiennes, des participants du Bénin, du Mali, du Niger, du Togo, du Ghana, du Tchad, du Nigéria et du Sénégal ont procédé à des analyses de la situation dans leur pays. Une tendance commune a émergé : les services de vulgarisation ciblent souvent les hommes en tant que chefs de ménage et propriétaires fonciers, excluant les femmes de la formation malgré le fait qu’un nombre important d’activités de production agricole sont réalisées par des femmes. Les exercices ont également montré que les femmes travaillaient des heures plus longues sur des activités de soins productives et non rémunérées avec un temps limité pour le repos et les loisirs par rapport aux hommes. L’exercice a montré aux participants le manque de temps des femmes, l’importance de s’attaquer au fardeau du travail non rémunéré dans les soins en introduisant des technologies permettant d’économiser du temps et de la main-d’œuvre et la nécessité d’encourager la redistribution du travail de soin au sein du ménage. Surtout, il a montré la nécessité d’organiser des services consultatifs de vulgarisation en tenant compte des responsabilités du travail de soins non rémunéré des femmes.

L’atelier s’est notamment concentré sur la conception de services consultatifs tenant compte des sexospécificités dans toute la chaîne de valeur agricole, depuis les intrants jusqu’à la production, la transformation et la commercialisation. Les participantes ont comparé l’analyse traditionnelle de la chaîne de valeur avec des approches sexospécifiques qui tiennent compte de l’accès des femmes au crédit, à l’information sur le marché, à la formation et au pouvoir décisionnel.

Les participants ont élaboré des plans d’action pour renforcer l’intégration de la dimension de genre dans les services de vulgarisation agricole de leurs pays respectifs et ont créé des indicateurs pour suivre les progrès. 

7ème édition du Salon International de l'Agriculture et des Ressources Animales (SARA) : la CEDEAO partage les principaux résultats de ses programmes et projets à ce rendez-vous agricole ouest-africain

Publié le 3 juin 2025

Acteurs et partenaires du secteur agrosylvopastoral et halieutique se sont réunis du 23 mai au 1er juin 2025 à Abidjan pour la 7ème édition du Salon International de l'Agriculture et des Ressources Animales d'Abidjan (SARA) qui a été officiellement ouverte par le Premier Ministre de Côte d’Ivoire, SEM Beugré Mambé au Parc des Expositions d'Abidjan.

Invitée à ce rendez-vous agricole par le Gouvernement de Côte d’Ivoire, la Délégation de la CEDEAO a été conduite par Mme Massandjé TOURE-LITSE, Commissaire aux affaires économiques et à l’Agriculture de la Commission de la CEDEAO. Au sein du pôle « Institutionnels et sponsors », la CEDEAO a partagé avec le public ses acquis dans le domaine agricole à travers l’animation d’un stand, l’organisation de onze side-events. 

Placée sous le thème “Quels systèmes de transformation agro-alimentaire pour la souveraineté alimentaire en Afrique ?”, la 7ème édition du SARA a été une plateforme de rencontres et d'échanges d'expériences entre les acteurs des secteurs agricoles, des ressources animales et halieutiques en Afrique de l'Ouest.

Participant pour la deuxième fois au SARA après l’édition de 2023, la CEDEAO a saisi l’occasion pour renforcer sa visibilité et sensibiliser sur les politiques et initiatives de la CEDEAO en matière d’intégration régionale, en lien avec l’agriculture tout en promouvant les initiatives régionales en lien avec les systèmes de transformation agricole pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

La CEDEAO, au SARA, a fait aussi un bilan de la mise en œuvre de sa Politique agricole (ECOWAP) au cours des 20 dernières années et a valorisé les résultats des programmes et projets contribuant à la mise en œuvre de ladite Politique comme l’a souligné Mme la Commissaire aux affaires économiques et à l’Agriculture de la CEDEAO : « Notre participation à cet événement majeur traduit la volonté politique forte de la CEDEAO d’accompagner les États membres dans la transformation durable de leurs systèmes agricoles et alimentaires. Elle illustre aussi notre détermination à faire de l’agriculture un moteur de développement économique, de création d’emplois décents, notamment pour les jeunes et les femmes, et un levier essentiel de sécurité alimentaire et nutritionnelle ».

« Piloter l'agenda de la souveraineté alimentaire en Afrique de l'Ouest : 20 ans de mise en œuvre de l'ECOWAP » a été le thème de la deuxième participation de la CEDEAO au SARA. À travers des expositions, panels de haut niveau et événements parallèles, la CEDEAO, en collaboration avec son Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA), le Centre régional de santé animale (CRSA) et ses partenaires techniques et financiers, a mis en lumière les efforts déployés pour garantir la sécurité alimentaire, nutritionnelle, la résilience climatique et la durabilité des systèmes agricoles, en phase avec les ambitions de souveraineté alimentaire du continent.

Le CORAF forme les acteurs de mise en œuvre du FSRP à l’évaluation l’intelligence climatique des technologies et innovations agricoles

Publié le 3 juin 2025

Face à l’urgence climatique qui bouleverse les systèmes agricoles d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, renforcer la résilience des filières agricoles n’est plus une option, mais une nécessité stratégique. Sécheresses prolongées, inondations, irrégularités des saisons, dégradation des sols, insécurité alimentaire… autant de défis qui appellent à des réponses concrètes, basées sur des technologies éprouvées et adaptées aux réalités des producteurs.

C’est dans cette dynamique que le CORAF en collaboration avec l’Alliance de Bioversité Internationale et du Centre International d'Agriculture Tropicale (CIAT), a organisé du 12 au 16 mai 2025 à Lomé, Togo, un atelier régional de formation sur l’évaluation et la priorisation des technologies agricoles climato-intelligentes. Cette initiative s’est inscrite dans le cadre du Programme de Résilience des Systèmes Alimentaires et du projet AICCRA, avec le soutien de la Banque mondiale.

Pendant cinq jours, des experts issus des unités nationales de mise en œuvre du FSRP/PRSA et des instituts nationaux de recherche des huit pays bénéficiaires (Burkina Faso, Ghana, Mali, Niger, Sénégal, Sierra Leone et Tchad) ont renforcé leurs compétences à l’utilisation d’une méthodologie robuste (analyses multicritères) pour évaluer l'intelligence climatique des T&I agricoles existantes avant de procéder à leur vulgarisation auprès des producteurs agricoles.

Concrètement, les travaux ont permis aux participants de savoir si les technologies qui sont en train d’être déployées dans les zones d'intervention du projet répondent aux trois piliers de l’agriculture climato-intelligente, notamment la productivité, l'adaptation et l’atténuation de l’emprunte carbone.

L’ambition du CORAF et de ses partenaires à travers cet atelier régional a été de faciliter l'utilisation adéquate des technologies et innovations pour une mise à l’échelle de l’agriculture intelligente face au climat (AIC).

La formation des experts issues des unités nationales de mise en œuvre du FSRP et des chercheurs des instituts nationaux de recherche sur l’évaluation des T & I, a permis davantage de confirmer le positionnement du CORAF comme un acteur clé dans le développement et la mise à l’échelle des innovations et technologies agricoles climato-intelligentes.

Mali : 235 motoculteurs remis aux producteurs des régions de Ségou, Sikasso et Koutiala

Publié le 3 juin 2025

En pleine saison préparatoire des cultures, les coopératives agricoles des régions de Ségou, Sikasso et Koutiala viennent de bénéficier d’un important appui logistique dans le cadre du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA-Mali).

Le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, a présidé le mercredi 16 avril 2025, la cérémonie de remise de 235 motoculteurs et de leurs accessoires aux producteurs de ces régions, en présence de plusieurs personnalités du secteur agricole.

Le don, financé par la Banque mondiale, vise à améliorer la productivité agricole dans un pays où l’agriculture reste le pilier de l’économie nationale, mobilisant plus de 70 % de la population active.

Les trois zones bénéficiaires Ségou, Sikasso et Koutiala représentent des bassins agricoles majeurs pour la culture du riz et du maïs, deux denrées essentielles dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Pour le ministre Kelema, cette dotation marque une étape significative dans la politique de mécanisation agricole : « Le motoculteur représente un compromis entre la traction animale et le tracteur. Il est plus accessible financièrement et plus maniable, ce qui en fait un outil adapté aux exploitations familiales qui dominent notre paysage agricole. »

Le ministre a rappelé que ce geste s’inscrivait dans la vision du président de la Transition, qui a fait de la modernisation du secteur agricole un axe central de la Loi d’orientation agricole et de la Politique de développement agricole.

Le gouvernement mise sur la mécanisation pour accroître la production, améliorer les rendements et réduire la pénibilité du travail agricole. Le PRSA-Mali est un programme d’envergure régionale appuyé par la Banque mondiale à hauteur de 60 millions de dollars, sur une durée de cinq ans. Il vise à renforcer la résilience des systèmes alimentaires dans plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine, tout en répondant aux menaces croissantes liées aux chocs climatiques et aux crises alimentaires. Au-delà de l’équipement, le PRSA-Mali déploie un ensemble d’initiatives structurantes : restauration mécanique de 4 000 hectares de terres dégradées, aménagement de 1 000 hectares de bas-fonds, création de 50 hectares de périmètres maraîchers, sans oublier la distribution gratuite de 4 360 tonnes de semences agricoles et la vente subventionnée de 15 000 tonnes d’engrais chimiques (DAP et NPK), ainsi que 8 564 tonnes d’engrais organiques Le choix du motoculteur s’explique également par sa capacité à transformer rapidement le quotidien des agriculteurs. Moins coûteux qu’un tracteur, plus maniable dans des parcelles exigües, le motoculteur répond aux besoins des exploitations rurales maliennes, souvent familiales et de petite taille. Il facilite le travail du sol, accélère les opérations culturales, et améliore la réactivité face aux aléas climatiques. La cérémonie du 16 avril ne fut pas seulement la remise d’un lot d’équipements. Elle symbolise une volonté affirmée de rompre avec une agriculture de subsistance pour entrer dans une ère de production durable, résiliente et mieux intégrée aux dynamiques économiques régionales.

Niger : Construction de deux unités de traitement de la viande en kilichi équipées de séchoirs solaires à Saléwa (Tahoua) et Zinder Commune (Zinder)

Publié le 3 juin 2025

Au Niger, la viande constitue un produit phare d’exportation à l’ère de la création de la Zone de Libre Echange continentale africaine (ZLECAF). Ce qui constitue une opportunité pour les acteurs investis dans la production et la vente de Kilichi.

Le Kiichi qui est une collation populaire au Niger, appréciée lors des cérémonies, des fêtes et des réunions familiales. Apprécié pour son goût épicé et sa texture tendre, il est souvent préparé avec soin pour offrir une variété de saveurs épicées aux amateurs de snacks.

Produit extrêmement prisé tant au niveau national qu'à l’extérieur du pays, principalement dans les corridors Central et Est (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Bénin, Togo, Ghana, Nigéria et Tchad), le Kilichi du Niger a obtenu son certificat d’enregistrement auprès de l’OAPI en Avril 2023 et suite à l‘obtention de ce label, l’état a engagé des actions d’accompagnement en garantissant l’hygiène et la sécurité sanitaire du kilichi, ainsi que l’augmentation de la capacité de production.

Dans le cadre de cet accompagnement, le PRSA Niger a financé la construction de deux unités de transformation de la viande en kilichi équipées de séchoirs solaires.

Ces unités de traitement de la viande en Kilichi vont contribuer à améliorer la production du kilichi à travers :

  1. l’amélioration de la technique de séchage du kilichi
  2. la mise en place d’un champ de séchoirs solaires ;
  3. la mise au point d’une technologie innovante de production de kilichi, respectueuse de l’environnement, réplicable dans la sous-région à travers des investissements publics et/ou privés ;

Tout ceci contribuera à améliorer la qualité nutritive et hygiénique de kilichi ; à augmenter la capacité de production de kilichi au Niger et également à augmenter les revenus des opérateurs du kilichi à travers la création d’emploi en particulier pour les jeunes et les femmes.

Selon Mr Moustapha Ismaël, président de la coopérative Kilichi de Salewa, cette unité de production financée par le PRSA Niger est exploitée par plus de 300 producteurs et cela leurs à permis pour une première fois de s’organiser en groupement afin d’augmenter leur production dans des conditions hygiéniques.

Cette action du PRSA s’inscrit dans le cadre de l’augmentation des revenus des opérateurs du Kilichi à travers la création d’emploi en particulier pour les jeunes et les femmes.

Sénégal/Renforcement du commerce intrarégional : les acteurs transfrontaliers outillés sur le certificat phytosanitaire harmonisé pour promouvoir la libre circulation des produits agro-sylvo-pastoraux

Publié le 3 juin 2025

Face à la faiblesse persistante du commerce intrarégional en Afrique de l’Ouest – qui ne représente qu’environ 15 % de la valeur des échanges totaux dans l’espace CEDEAO – les acteurs régionaux multiplient les efforts pour lever les barrières non tarifaires qui entravent la fluidité des échanges. C’est dans ce contexte qu’un atelier de sensibilisation sur le certificat phytosanitaire harmonisé (CPH) et les autres instruments communautaires a été organisé à Dakar par la CEDEAO, avec l’appui du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) au Sénégal.

L’atelier tenu du 20 au 23 mai et qui a réuni commerçants, inspecteurs phytosanitaires, autorités frontalières et partenaires institutionnels, visait à vulgariser l’usage du CPH, pierre angulaire de la libre circulation des produits agricoles dans l’espace communautaire. Il s’inscrit dans la dynamique régionale portée par le FSRP à travers sa composante dédiée à l’intégration des marchés alimentaires.

« Plusieurs obstacles entravent le commerce intrarégional, notamment les procédures administratives complexes, les exigences d’inspection redondantes et les réglementations incohérentes. Le certificat phytosanitaire harmonisé vise à simplifier et sécuriser ces échanges », a souligné Mouhamadou Lamine Dia, coordonnateur national du FSRP-Sénégal.

Un outil stratégique pour l’intégration régionale

Le certificat phytosanitaire harmonisé, élaboré selon les normes internationales, répond à un double enjeu : protéger la santé des consommateurs et faciliter la circulation des produits agricoles à travers les corridors commerciaux de la région. Il constitue une réponse aux entraves liées à la non-reconnaissance mutuelle des documents sanitaires entre États membres.

« Ce certificat, couplé à un guide régional d’inspection sanitaire, permettra d’unifier les pratiques entre inspecteurs, d’assurer la qualité des produits et de garantir leur libre circulation », a expliqué Justin Bayili, consultant à la Commission de la CEDEAO.

Au-delà de cet outil, le FSRP accompagne également la mise en place d’un tableau de bord régional du commerce agricole, destiné à améliorer le suivi des flux commerciaux et à orienter les décisions stratégiques. L’ambition affichée est claire : réduire les coûts, raccourcir les délais aux frontières et renforcer la compétitivité des filières agro-sylvo-pastorales.

Mobilisation des parties prenantes : une condition de réussite

La réussite de cette initiative repose sur l’appropriation des outils par les premiers concernés : commerçants, transporteurs, inspecteurs, autorités frontalières. Pour Mbaye Chimère Ndiaye, secrétaire général de la Chambre de commerce de Dakar, « l’harmonisation des documents sanitaires est un levier de compétitivité majeur pour les opérateurs économiques ». Il appelle à une mobilisation collective pour faire du CPH un véritable catalyseur du commerce régional.

Le FSRP poursuit ainsi sa mission de renforcement de la résilience des systèmes alimentaires par l’intégration régionale. En levant les obstacles à la circulation des produits agricoles, le programme contribue à accroître l’accès aux marchés, améliorer la sécurité alimentaire et stimuler la croissance économique inclusive dans l’espace CEDEAO.

Sierra Leone : le FSRP soutient le ministère du Commerce et de l'Industrie pour renforcer le commerce régional

Publié le 3 juin 2025

Le Programme de résilience des systèmes alimentaires (FSRP) financé par la Banque mondiale a aidé le ministère du Commerce et de l'Industrie à organiser un atelier pour le Comité de facilitation des échanges (NTFC). Ce comité est composé des principales parties prenantes des secteurs public et privé. L'atelier avait pour objectif de discuter des initiatives en cours en matière de facilitation des échanges, d'évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l'accord sur la facilitation des échanges et les performances du programme de libéralisation des échanges de la CEDEAO, et de renforcer la coordination entre les institutions impliquées dans le commerce transfrontalier.

L'événement a été organisé sur deux jours, les 29 et 30 mai, au Country Lodge, à Freetown. Il visait à recueillir les points de vue des parties prenantes sur l'amélioration de l'environnement commercial national, la rationalisation des procédures et le renforcement de la collaboration dans le cadre du NTFC. M. Emmanuel Billy Konjoh, Directeur général du ministère du Commerce et de l'Industrie, a exprimé sa gratitude à la Banque mondiale et au ministère de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire, par l'intermédiaire du FSRP, pour leur soutien au NTFC dans la discussion de questions qui bénéficieront aux commerçants transfrontaliers. Il a assuré aux parties prenantes que la réalisation de cet objectif renforcerait l'initiative Feed Salone en améliorant l'accès au marché et en favorisant les partenariats stratégiques, ce qui, à terme, garantirait de meilleurs revenus aux agriculteurs et leur permettrait de produire davantage. Le Dr Kepifri Lakoh, chef de projet du FSRP, a confirmé l'engagement du projet à soutenir le MTI dans l'harmonisation et la promotion des politiques régionales visant à améliorer l'efficacité du commerce.

Cette initiative renforcera les capacités des fonctionnaires, rapprochera les marchés du secteur privé en leur permettant d'accéder à des informations pertinentes sur la facilitation des échanges afin de participer au programme Feed Salone et améliorera la facilité de faire des affaires en Sierra Leone.

Tchad/Abeché : plus de 2 300 producteurs agricoles reçoivent du matériel et des intrants agricoles dans le cadre du PRSA

Publié le 3 juin 2025

Dans une dynamique de renforcement de la résilience des communautés rurales face aux défis alimentaires croissants, la ville d’Abeché a été, ce dimanche, le théâtre d’une importante opération de distribution d’intrants agricoles. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRSA-TD), mis en œuvre en partenariat avec l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER).

Au total, 2 380 producteurs ont bénéficié de cet appui stratégique. Parmi eux, 950 femmes et 714 jeunes ont été spécifiquement ciblés, dans une volonté affirmée d’encourager l’inclusion et l’autonomisation des groupes souvent marginalisés dans le secteur agricole. En outre, 129 responsables d’organisations de producteurs ainsi que sept coopératives locales ont également reçu un soutien, renforçant ainsi la structuration du tissu agricole dans la province du Ouaddaï.

Les bénéficiaires ont reçu divers intrants agricoles essentiels, notamment des sacs de 50 kg d’urée, des engrais de type MPK (azote-phosphore-potassium), ainsi que des pesticides, tous destinés à améliorer la productivité des cultures vivrières et maraîchères locales. Ces produits, vitaux pour les campagnes agricoles à venir, sont accompagnés de kits aratoires complets. Chaque kit comprend un ensemble d’outils agricoles : pelles, pioches, houes, brouettes, arrosoirs, râteaux, bâches et cordes — du matériel de base mais indispensable pour les travaux agricoles manuels.

Cette action de distribution s’inscrit dans les efforts continus du PRSA-TD, un programme régional visant à renforcer la sécurité alimentaire et à promouvoir l’agriculture familiale. Dans un contexte où le changement climatique, les conflits et la volatilité des marchés menacent les systèmes agricoles traditionnels, le programme entend offrir aux producteurs les moyens d’augmenter leurs rendements et de sécuriser leurs revenus.

Pour de nombreux bénéficiaires, cette intervention est perçue comme un véritable coup de pouce. « Ces intrants vont nous permettre de mieux préparer la saison agricole. Nous avions des terres, mais pas toujours les moyens de les exploiter convenablement », témoigne Halima Mahamat, une productrice de légumes d’Abeché.

À travers ce type d’actions, les autorités et leurs partenaires entendent relancer durablement la production locale et atteindre à terme une autosuffisance alimentaire dans les zones concernées. Le PRSA-TD prévoit d’étendre ce type de soutien à d’autres localités dans les mois à venir, consolidant ainsi un réseau de petits producteurs plus résilients, mieux équipés et capables de faire face aux aléas économiques et climatiques.

Échanges fructueux entre une mission conjointe de la Banque mondiale et de la Coopération néerlandaise et des bénéficiaires du FSRP au Togo

Publié le 10 mai 2025

Le 7 mai 2025, une mission conjointe de la Banque mondiale et de la Coopération néerlandaise, partenaires financiers majeurs du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP), a effectué une visite de terrain au Togo, notamment dans les régions Centrale et des Plateaux. Trois coopératives ayant bénéficié des appuis du FSRP, sous forme de formations et de dons d’équipements, ont été visitées à Yaloumbè (région Centrale), Nyamassila (région des Plateaux-Est) et Kpélé Tutu.
À Yaloumbè, une coopérative de 13 membres spécialisée dans la riziculture a été formée à la technologie Smart Valleys, développée par AfricaRice et promue par le FSRP au Togo. Après une année d’expérimentation, les producteurs ont mis en évidence les avantages de cette approche, notamment une gestion optimisée de l’eau grâce à l’aménagement de casiers dans les bas-fonds, une réduction significative des semences utilisées (1 kg/ha contre 3 kg/ha auparavant) et un triplement des rendements, passant de 1,5 tonne à 5 tonnes par hectare. Toutefois, les échanges ont permis de souligner certaines contraintes, dont l’insuffisance d’accès permanent à l’eau en raison de l’absence d’un système d’irrigation.
À Nyamassila, la coopérative féminine spécialisée dans la transformation de farines enrichies à base de moringa et de néré a bénéficié, en 2023, d’une formation organisée par le FSRP sur les techniques de transformation des farines locales. Grâce à cet appui, les membres de la coopérative ont commencé à améliorer leurs conditions de vie en devenant de véritables entrepreneures, fournissant désormais ces produits enrichis à l’hôpital local ainsi qu’aux personnes âgées.
La coopérative de Kpélé Tutu, forte de 85 membres, se consacre à la production de compost et de biopesticides et contribue activement à l’accroissement de la productivité agricole dans la Zone d’Aménagement Agricole Planifiée (ZAAP) de la région des Plateaux-Est. Les coopérateurs, formés à la fabrication de ces intrants biologiques, utilisent un composteur de grande capacité pour transformer des déchets organiques (feuilles de plantes, épluchures, déchets de jardin, etc.) en compost, un fertilisant naturel particulièrement bénéfique pour les cultures maraîchères et le maïs.
Les échanges entre les membres de la mission de la Banque mondiale composée de Mme Ashwini Sebastian, Chef d’équipe régionale du FSRP et M. Nouhoun Traoré, responsable de la gestion du FSRP au Bureau de la Banque mondiale du Togo et la coopération néerlandaise constituée de Messieurs Jeroen Rijniers et Dominic van Asseldonk et les bénéficiaires ont permis de constater les premiers impacts positifs des interventions du programme sur les conditions de vie des populations ciblées. Néanmoins, les discussions ont également mis en lumière des besoins supplémentaires, notamment en matière d’irrigation, de transformation agroalimentaire, ainsi que de stockage.
Cette mission conjointe s’inscrivait dans le cadre des activités de suivi et de revue des résultats du FSRP, financé par l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale, avec le soutien financier complémentaire de la Coopération néerlandaise à travers le Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP).
Les échanges se sont poursuivis le 8 mai 2025 à Lomé avec les représentants des structures de coordination du FSRP au sein de la CEDEAO, du CILSS et du CORAF.

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