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Togo : 120 femmes transformatrices bénéficient de la formation sur les enjeux et opportunités de la ZLECAF à l’occasion de la 2ème édition de la foire de promotion des produits locaux

Publié le 24 avril 2025

Au Togo, les femmes jouent un rôle essentiel dans la production agricole. Cependant, leur implication dans les activités de transformation, de négoce et d’entrepreneuriat reste marginalisée. Cette sous-représentativité résulte de divers obstacles notamment les normes sociales et culturelles et les barrières structurelles liées à l’accès au financement et aux opportunités économiques. 
En vue de renforcer l’autonomisation économique des femmes, le FSRP Togo a soutenu du 12 au 15 mars 2025, à travers la Coordination Togolaise des Organisations Paysannes (CTOP) et  d’autres femmes issues d’organisations sœurs  que sont la Fédération des Promotrices d'Agro-industrie du Togo (FEPROMAT) et le Réseau National des Femmes Agricultrices du Togo (RENAFAT), l’organisation de la 2ème édition de la foire de promotion des produits locaux et des opportunités commerciales de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF). Cette activité vise à soutenir les femmes par la promotion des produits locaux et le développement de nouvelles opportunités commerciales en lien avec la ZLECAF. 
La cérémonie d’ouverture a été marquée par trois interventions dont celle du Président de la CTOP qui a remercié le Chef de l’Etat et toutes les structures partenaires de la CTOP notamment le FSRP qui a soutenu l’organisation de la foire. Il a invité et encouragé la population à acheter et consommer les produits exposés et dont la qualité n’est plus à douter : « Hier on doutait de la qualité. Mais aujourd’hui avec l’appui et l’accompagnement des différents projets, les femmes mettent sur le marché des produits de bonne qualité, comme vous pouvez le constater. Je vous invite donc à les essayer ! Ils sont produits à 100% par les femmes togolaises. » A-t-il dit.
La représentante du Coordonnateur Délégué du FSRP et le représentant du ministre de l’agriculture, de l’hydraulique villageoise et du développement rural ont salué la présence massive des femmes à cette formation. Ils ont invité et encouragé les femmes à saisir l’occasion pour s’informer davantage sur les opportunités d’accès aux marchés dans le cadre de la ZLECAf et se fournir de la documentation nécessaire pour se préparer à l’exportation de leurs produits dans les pays de la sous-région. 
Mme EDOU Adjovi Dodji, n’a pas caché sa joie de bénéficier de la formation : « Avant on traversait les frontières sans papier ; sans carte d’identité, carte CFE carte d’opérateur économique méconnaissant nos droits et devoirs. Grâce à cette formation, nous avons appris beaucoup de choses. Comment formaliser nos entreprises, nos coopératives ou unités de transformation pour pouvoir traverser la frontière facilement avec nos produits localement transformés au Togo.  Nous avons aussi appris tous les documents qu’il faut pour se formaliser, les dossiers qu’il faut fournir à la douane pour pouvoir traverser les frontières facilement. Après cette formation nous prévoyons créer un groupe WhatsApp à travers lequel nous pouvons nous pouvons relaye la formation, informer sur les actualités du ministère du commerce et solliciter l’accompagnement continue de l’experte pour que nous puissions exporter plus facilement dans les zones de la ZLECAf. »
Il faut noter que la formation a bénéficié à 120 femmes transformatrices et productrices de produits agricoles qui ont exposé leurs produits à la foire organisée pour marquer la journée internationale des droits des femmes célébrée chaque 8 mars.

Résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel : état des progrès du FSRP

Publié le 11 mars 2025

La politique agricole de la CEDEAO (ECOWAP) est mise en œuvre autour de cinq thématiques clés, y compris celle du Renforcement de la Résilience, de la sécurité et souveraineté alimentaires et nutritionnelles. A travers cette thématique, la CEDEAO vise à assurer une agriculture durable et compétitive pour garantir la souveraineté alimentaire de l'Afrique de l'Ouest.

Pour atteindre cet objectif, plusieurs initiatives sont mises en œuvre au profit des populations du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest dont le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP/PRSA).

Soutenu par la Banque mondiale et lancé officiellement en juin 2022, le FSRP met œuvre des activités relatives aux services de conseil numérique pour la prévention des crises alimentaires, de durabilité et d’adaptation de la base productive et de facilitation du commerce intrarégional en Afrique de l’Ouest. Ces activités sont coordonnées respectivement par le CILSS, le Conseil Ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) et la CEDEAO qui assure la coordination globale du programme avec huit pays bénéficiaires : le Burkina Faso, le Ghana, le Mali, le Niger, le Sénégal, la Sierra Leone, le Tchad et le Togo.

Pour l’ensemble de ces pays, la région vise  une réduction de 25% du nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire dans les zones ciblées par le FSRP, avec un total de plus 5,5 millions de bénéficiaires dont 40% de femmes.

Malgré un contexte difficile de mise en œuvre des activités sur le terrain résultant des défis socio-politiques et sécuritaires, des réalisations importantes ont été notées. En 2024, un total de 2 344 411 bénéficiaires directs dont 35% de femmes ont été touchés par les actions du FSRP mises en œuvre dans 7 pays que sont : le Burkina Faso, le Ghana, le Mali, le Niger, la sierra Leone, le Tchad et le Togo.  Une réduction du nombre de personnes vivant en insécurité alimentaire de près de 22,2% par rapport à l’année de base 2022 est également constatée dans les zones d’intervention du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Togo.

Concernant l’accès aux services agrométéorologiques, tous les pays dans les zones sahélienne et soudano-sahélienne ont eu accès aux informations sur les prévisions saisonnières agricoles et la gestion des risques du CILSS.

Avec 221 technologies et innovations diffusées, les actions coordonnées par le CORAF permettront aux pays de mettre en place des systèmes durables de production et de productivité pour accroitre les revenus des producteurs.

Sous la coordination de la CEDEAO, un tableau de bord du commerce et des marchés agricoles (EATM-Scorecard) a été développé et opérationnalisé dans cinq pays (Ghana, Niger, Sierra Leone, Tchad et Togo) avec un objectif d’extension dans l’ensemble des pays dès 2025.

Les différentes évaluations, aussi bien dans les pays qu’au niveau régional, ont permis de capitaliser les bonnes pratiques et de favoriser une meilleure intégration des approches innovantes visant à améliorer la sécurité alimentaire, la résilience des systèmes agricoles et l'accès aux marchés.

Ces évolutions montrent que le FSRP progresse vers ses objectifs et contribue durablement à la résilience alimentaire en Afrique de l'Ouest et au Sahel.

Tableau de bord du commerce et des marchés agricoles en Afrique de l’Ouest et au Sahel : validation des données collectées par les acteurs nationaux au Ghana, au Niger, en Sierra Leone, au Tchad et au Togo

Publié le 10 mars 2025

Dans le cadre de la mise en œuvre du Tableau de bord du Commerce et des Marchés Agricoles en Afrique de l’Ouest et au Sahel (EATM-SCORECARD) au Ghana, au Niger, en Sierra Leone, au Tchad et au Togo, sous la coordination de la CEDEAO, les acteurs nationaux se sont réunis afin d’échanger et de valider les données collectées en vue de leur intégration dans la plateforme.

Ces sessions nationales, organisées du 20 au 27 mars 2025 avec l’appui de la CEDEAO et d’AKADEMIYA2063, s’inscrivaient dans le processus d’opérationnalisation du SCORECARD, tant au niveau national que régional, dans le but de faciliter les échanges de produits agricoles au sein des pays et entre les États de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel.

Après l’analyse et l’apurement des données collectées en 2024 lors d’une rencontre régionale tenue en février 2025 à Lomé, les acteurs nationaux composés de commerçants, de producteurs agricoles, de douaniers, de transitaires, de transporteurs et de transformateurs se sont réunis pour valider les données issues des enquêtes menées aux points frontaliers ciblés dans chaque pays.

Au cours des différents ateliers, les responsables des composantes 3 du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) ainsi que les experts techniques des équipes nationales du SCORECARD ont présenté la méthodologie et le fonctionnement du mécanisme régional, en mettant l’accent sur le processus national, notamment la collecte des données primaires et secondaires.

A travers des travaux en groupes et plénières, les participants ont pu examiner et valider les valeurs générées pour chacun des 19 indicateurs des profils pays. Par ailleurs, les principales actions de communication à entreprendre autour du SCORECARD et des performances des pays ont été discutées.

Dans l’ensemble des pays concernés, les acteurs et partenaires ont adopté en plénière les données consolidées pour la production des indicateurs du Tableau de Bord. Ils ont également convenu de mécanismes innovants et pérennes visant à assurer une production régulière des informations nécessaires au suivi des performances dans la mise en œuvre des politiques et réglementations régionales. Cette démarche constitue un levier essentiel pour accroître le volume des échanges intrarégionaux en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Enfin, dans chaque pays, les experts de la CEDEAO et d’AKADEMIYA2063 ont activement pris part aux travaux, réaffirmant ainsi leur engagement à accompagner les États dans la réussite de ce processus, qui contribuera au renforcement des échanges commerciaux pour une meilleure sécurité alimentaire dans la région.

Le CORAF et le RESCAR-AOC renforcent la vulgarisation agricole pour une adoption massive des innovations

Publié le 9 mars 2025

Dans le cadre des activités liées à la durabilité et d’adaptation de la base productive du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP), coordonnées par le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF), un atelier de restitution des résultats d’une étude s’est tenu les 20 et 21 mars 2025 à Ouagadougou, Burkina Faso.

Cet événement a été une occasion de partager les résultats d’une cartographie des outils et approches modernes et innovantes de vulgarisation agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre, en collaboration avec le Réseau des Services de Conseil Agricole et Rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (RESCAR-AOC).

Les services de vulgarisation agricole jouent un rôle central dans la diffusion des innovations et des bonnes pratiques agricoles. Toutefois, ces services restent souvent inefficaces, limités dans leur couverture géographique et peu adaptés aux besoins spécifiques des producteurs. Or, face aux défis climatiques et économiques croissants, l’adoption de nouvelles technologies et pratiques agricoles est cruciale pour renforcer la résilience des exploitations agricoles. Cette a contribué à combler ces lacunes par l’identification et la diffusion des meilleures approches de vulgarisation.

Pendant deux jours, responsables des services de vulgarisation des pays membres du FSRP, chercheurs et experts en innovation agricole ; représentants d’ONG et d’organisations de la société civile et acteurs du secteur privé impliqués dans la fourniture de services agricoles ont échangé sur le répertoire des outils et approches de conseil agricole éprouvés : une cartographie détaillée des initiatives ayant démontré un impact significatif dans différents contextes agroécologiques.

Les travaux ont permis d’identifier les cas de succès et de partager les meilleures pratiques en vue de mettre en lumière les expériences réussies et de favoriser leur réplicabilité.

Ensemble, les acteurs et partenaires ont élaboré une feuille de route pour la modernisation des services de vulgarisation qui devront désormais intégrer les outils numériques et les approches participatives pour une extension plus efficace et accessible.

En favorisant le dialogue et la mise en commun des expertises, cette rencontre a permis jeter les bases pour structurer une nouvelle dynamique de conseil agricole, fondée sur des méthodes modernes et adaptées aux réalités des producteurs.

L’initiative portée par le CORAF et le RESCAR-AOC devrait aboutir à une transformation significative des services de vulgarisation agricole. L’intégration des technologies numériques, la formation des agents de vulgarisation aux nouvelles approches et l’implication accrue du secteur privé sont autant de leviers pour garantir un accès élargi et équitable aux services de conseil agricole.

Observatoire du Riz de la CEDEAO : les parties prenantes du riz en Afrique de l'ouest appellent à la mise en place d'une "plateforme des femmes de la CEDEAO dans le secteur du riz"

Publié le 8 mars 2025

La Commission de la CEDEAO, par le biais de son mécanisme de coordination du secteur du riz et de sa plateforme multipartite des acteurs et partenaires, l'Observatoire de la CEDEAO sur le Riz (ERO), en collaboration avec GIZ-MOVE, a organisé une rencontre consultative sur l'équité de genre de deux jours pour le développement du secteur du riz, les 18 et 19 mars 2025 à Abuja. La réunion a rassemblé plus de 90 participants issus des parties prenantes des États membres de la CEDEAO et des représentants des chapitres nationaux de l'ERO, des groupes de femmes et des organisations de jeunes, des points focaux de la Stratégie nationale de développement du riz, des décideurs politiques, des ONG et des acteurs du secteur privé à travers la chaîne de valeur du riz.

Pour la Commission de la CEDEAO et ses partenaires, comprendre le niveau d'inclusion des femmes et des jeunes dans le secteur du riz est crucial. À cette fin, une revue de l'équité de genre a été réalisée, révélant que divers projets, programmes et politiques prenaient en compte l'équité de genre, ainsi que la promotion de l'inclusion des femmes et des jeunes dans l'espace agricole.

Cette revue a relevé qu’il n'existe pas de stratégies et d'actions spécifiques qui abordent les problèmes des femmes dans le secteur du riz. En outre, l'inégalité de genre persiste, avec une représentation significativement faible des femmes dans toute la chaîne de valeur, et leur fort potentiel reste inexploité. Cela est dû à des barrières et des défis systémiques tels qu'un accès limité à la terre, aux intrants, au crédit et à la technologie pour ceux qui sont impliqués dans la production et la transformation du riz.

A l’issue des deux jours d’échanges, les résultats clés obtenus sont entre autres : la validation réussie du rapport de revue de l'équité de genre avec des recommandations claires pour l'action ;  l’identification des éléments clés pour la stratégie d'équité de genre dans le secteur du riz à travers une approche participative lors des sessions de travail ; l’élaboration d'un plan d'action avec des activités concrètes pour promouvoir l'équité de genre dans le secteur du riz et enfin l’ engagement des parties prenantes à soutenir la mise en œuvre des activités proposées.

Les principales recommandations de la réunion ont été l'appel conjoint à développer une stratégie d'équité de genre pour le secteur du riz et à mettre en place la Plateforme des Femmes de la CEDEAO dans le secteur du riz (PFRC), qui se concentrera sur le renforcement de la participation des femmes le long de la chaîne de valeur du riz et plaidera pour des politiques/programmes qui soutiennent strictement l'inclusion des femmes par une voix unique. En amplifiant la participation des femmes, la PFRC vise à stimuler la croissance économique et à contribuer à la sécurité alimentaire dans toute la région. Cette plateforme sera reproduite au niveau national et fonctionnera dans le cadre de l'Observatoire de la CEDEAO sur le Riz, plutôt que comme une entité autonome.

Les discussions et l'enthousiasme des parties prenantes ont démontré que lorsque les femmes ont un accès égal aux ressources, la production agricole augmentera, bénéficiant à l'ensemble de la communauté.

Burkina Faso/Succès des parcelles de démonstration sur la fertilisation organo-minérale de l’oignon : des visites commentées pour une large diffusion des résultats dans le cadre du FSRP

Publié le 7 mars 2025

La filière oignon est en plein essor au Burkina Faso et principalement dans les régions cibles du Programme de résilience du système alimentaire au Burkina Faso (PRSA-BF). Mais dans l’ensemble, on constate la prédominance des mauvaises pratiques agricoles, notamment l’utilisation de variétés non adaptées et l’usage abusif des intrants chimiques, ce qui dégrade fortement la qualité des bulbes et engendre beaucoup de pourritures pendant la conservation.

C’est fort de ce constat que le PRSA-BF est passé à l’action en accompagnant les acteurs de la plateforme d’innovation oignon bulbe à travers un plan d’action triennal qui a permis la diffusion de pratiques culturales climato-intelligentes et la sensibilisation à l’utilisation de semences de qualité.

A l’heure du bilan, plusieurs parcelles de démonstrations ont été visitées aussi bien par les autorités que les producteurs dans différentes localités. Afin de partager les résultats prometteurs issus de ces expérimentations, des visites commentées ont été organisées pour sensibiliser et convaincre les producteurs des avantages de ces pratiques culturales innovantes.

Le village de Zigla (commune de Manga) a accueilli les autorités et les producteurs, le 27 mars 2025 pour une visite commentée régionale d’une parcelle de démonstration sur la culture de l’oignon. Placée sous l’égide de Madame Massadalo Yvette NACOULMA/SANOU, Gouverneur de la région du Centre-Sud, la visite commentée a été une occasion de faire découvrir les bonnes pratiques culturales promues à travers la parcelle de démonstration, notamment la fertilisation organo-minérale, l’utilisation de la semence améliorée et des pesticides biologiques. En termes de résultat, le constat est clair : la parcelle de démonstration a présenté le meilleur rendement avec des oignons bulbes de meilleure qualité comparée à la parcelle paysanne.

Avant le village de Zigla, la commune de Tchériba située dans la province du Mouhoun, le vendredi 21 mars 2025, a accueilli une visite commentée provinciale. Présidée par le Haut-Commissaire de la province du Mouhoun, cette activité a mobilisé plusieurs acteurs de la plateforme d’innovation. Lors de cette rencontre, les producteurs ont pu constater de visu les effets positifs de la fertilisation organo-minérale sur le rendement et la qualité de l’oignon. Convaincus des bénéfices observés, ils se sont engagés à promouvoir l’adoption de cette technologie pour améliorer non seulement la productivité, mais aussi la conservation de l’oignon.

A la veille de cette visite, une autre rencontre a eu lieu le jeudi 20 mars à Nioniongo, dans la province du Passoré. Organisée par l’Unité de gestion régionale du Nord du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) dans le cadre des activités de la Plateforme d’innovation oignon du Nord, cette visite commentée régionale visait à diffuser les résultats obtenus grâce à la mise en œuvre de la parcelle de démonstration sur la fertilisation organo-minérale de l’oignon. L’événement a été présidé par Madame la Présidente de la Délégation spéciale de Gompossom, représentant Monsieur le Gouverneur de la région du Nord. À cette occasion, les acteurs et partenaires présents ont pu échanger sur les bonnes pratiques agricoles et les perspectives de vulgarisation de cette technique auprès d’un plus grand nombre de producteurs.

Ces visites commentées illustrent l’engagement des parties prenantes à promouvoir des pratiques agricoles durables et adaptées aux réalités locales. Grâce à ces initiatives, la fertilisation organo-minérale se positionne comme une solution efficace pour accroître les rendements et renforcer la résilience des producteurs face aux défis liés à la culture de l’oignon en campagne sèche.

Sierra Leone : transition vers une agriculture commerciale par la mécanisation et le partenariat privé avec l’appui du FSRP

Publié le 6 mars 2025

Plus de 70 % de la population agricole de la Sierra Leone se trouve dans les zones rurales, principalement engagée dans l'agriculture de subsistance pluviale avec moins d'un hectare de terres. Compte tenu de cette échelle d'exploitation, il n'y a eu que peu ou pas d'excédents pour répondre aux besoins de consommation des aliments de base du pays, ce qui fait de la Sierra Leone un importateur net de denrées alimentaires. Le problème de la faible productivité résulte de la mauvaise qualité des intrants, tandis que la variabilité du climat a contribué de manière significative à des réductions supplémentaires de la production agricole. Par conséquent, les conditions socio-économiques des agriculteurs de Sierra Leone sont déplorables, ce qui les rend vulnérables face aux chocs et aux menaces qui pèsent sur la sécurité alimentaire.

Malgré les investissements substantiels réalisés par le gouvernement au cours des dernières décennies pour résoudre les problèmes liés à l'écosystème de la production agricole, ces efforts n'ont pas conduit à des améliorations notables dans le secteur. L'inadéquation des voies d'intervention avec les priorités du système alimentaire du pays et l'inefficacité des stratégies de mise en œuvre ont été des inconvénients majeurs. Comprenant l'ensemble des problèmes liés à la situation agricole du pays, le Programme de résilience du système alimentaire (FSRP-SL), une initiative financée par la Banque mondiale et mise en œuvre par le ministère de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire (MAFS) du gouvernement de la Sierra Leone, a introduit une approche innovante visant à orienter les petits exploitants agricoles vers la commercialisation. Il s'agit d'établir des partenariats stratégiques avec des acteurs du secteur privé pour fournir des services de mécanisation, y compris le labourage, le hersage, la préparation des semences et la récolte dans les vastes écologies de plaine, ainsi que la distribution de semences de riz améliorées, d'engrais et d'autres produits agrochimiques dans quatorze districts agricoles à travers la Sierra Leone. Cet effort a permis de faciliter la culture du riz sur plus de 16 500 hectares de bas-fonds en 2024.

L'élément central de cette approche est la mise en place du modèle d'agriculture groupée dirigée par la communauté, qui promeut des pratiques agricoles durables et encourage les agriculteurs de diverses communautés voisines à consolider leurs efforts en vue d'une agriculture à grande échelle. Ce modèle rend le transfert de technologie plus efficace et plus productif, tout en favorisant la cohésion communautaire et l'utilisation efficace des ressources. Ces investissements ont conduit à des transformations significatives, comme en témoignent les bénéficiaires du projet.

Mohamed Sankoh, un agriculteur de 30 ans du district de Tonkolili, a partagé son expérience : "Je n'aurais jamais cru pouvoir obtenir un tel rendement de mon exploitation - 30 sacs de 50 kg de riz décortiqué nettoyé pour mon ménage - après avoir cultivé pendant 10 ans. Lorsque le FSRP est entré en contact avec la communauté, y compris avec mon ménage, il nous a encouragés à rejoindre une communauté voisine disposant de terres agricoles plus vastes, de 500 hectares. Ils nous ont informés que des machines prépareraient gratuitement nos terres et nous fourniraient des semences, des engrais et des herbicides. Au début, j'ai hésité à quitter ma petite parcelle pour un autre site, mais j'ai réalisé par la suite que le programme visait à nous permettre de produire plus de riz pour nos familles, soit dix fois plus que ce que nous cultivions individuellement".

En fait, le FSRP a non seulement fourni des intrants et un soutien à la mécanisation à ces agriculteurs, mais il a également facilité la transformation des connaissances pour des réponses adaptatives aux effets du changement climatique. Pour ce faire, il a organisé des visites de vulgarisation afin d'offrir des services de conseil et de diffuser des messages d'alerte précoce, qui sont au cœur de son effort de gestion intégrée des paysages. Cette initiative a prouvé sa pertinence lors des inondations généralisées qui ont touché les principales terres agricoles du pays au cours de la saison agricole 2024, entraînant une perte moyenne d'environ 15 % des exploitations. Comme l'a fait remarquer l'un des agriculteurs soutenus dans le district de Port Loko, cet effort a eu un impact considérable sur la résolution des problèmes de perte de récoltes pour les agriculteurs.

Isatu Sesay-Taklaneh, agriculteur à Magbota, dans le district de Port Loko, explique : "Des inondations majeures se produisent ici tous les cinq ans. Des inondations similaires se sont produites cette année et ont affecté les exploitations rizicoles, dont la mienne. Cependant, avant cela, notre capacité à répondre à ce problème était faible. Lorsque le FSRP a commencé à nous soutenir, nous avons demandé à la fourniture rapide de semences et d'engrais afin que le riz puisse être implanté avant toute inondation. Le programme a réagi rapidement en fournissant des services de mécanisation, des semences, des engrais et un soutien à la vulgarisation, y compris des messages d'alerte précoce. Cependant, la pénurie de main-d'œuvre a retardé l'ensemencement dans certaines parties du champ, qui ont davantage souffert des inondations.

Les contributions du FSRP sont cruciales pour la réalisation du programme Feed Salone du gouvernement de la Sierra Leone. Le projet continue de renforcer la résilience de la production alimentaire locale, en donnant aux agriculteurs les moyens de s'adapter au changement climatique et de résister aux chocs, tout en garantissant la sécurité alimentaire du pays. 

Tchad : le PRSA officialise son partenariat avec ses acteurs de mise en œuvre opérationnels

Publié le 5 mars 2025

Le 17 mars 2025, le Ministère de la Production et de l’Industrialisation Agricole du Tchad a été le théâtre d'un événement d'une grande importance pour l’avenir agricole et alimentaire de la région. La salle de réunion a accueilli la cérémonie de signature des conventions dans le cadre du Programme de Renforcement de la Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRSA-TD). Ce programme ambitieux vise à renforcer la sécurité alimentaire et à améliorer la résilience des systèmes agricoles dans une zone particulièrement vulnérable aux défis climatiques et économiques.

Au cours de cet événement, les principaux acteurs du développement agricole se sont réunis pour poser les fondations d'une coopération stratégique, indispensable à la réussite de ce programme à long terme. Le rendez-vous a débuté par l’intervention de Madame la Coordonnatrice nationale du PRSA-TD, qui a salué les participants et souligné l’importance capitale de cette collaboration pour atteindre les objectifs fixés.  Cette cérémonie marque un tournant décisif pour le PRSA-TD, en matière de sécurité alimentaire et de durabilité des systèmes agricoles, a-t-elle déclaré, insistant sur l’urgence de la mise en œuvre du programme.

L'importance de l'événement a été officiellement soulignée par la Secrétaire Générale du Ministère de la Production et de l’Industrialisation, qui a lancé la cérémonie avec un discours inspirant. Elle a mis en avant les priorités du Tchad en matière de production agricole et de résilience face aux crises alimentaires, affirmant que ce partenariat serait déterminant pour le succès du PRSA-TD dans le pays.

Les conventions ont ensuite été signées par un ensemble d’institutions partenaires, chacune jouant un rôle clé dans la mise en œuvre de ce programme. Parmi les signataires figuraient l’Institut Tchadien de Recherche Agronomique pour le Développement, l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural, l’Agence Nationale de Lutte Contre les Antiacridiennes et le Système d’Information sur la Qualité Alimentaire et d’Alerte Précoce. Ces entités constitueront les piliers de cette initiative, en contribuant à des actions ciblées pour améliorer les pratiques agricoles, anticiper les crises alimentaires et renforcer la résilience des populations rurales face aux aléas climatiques.

Une fois les conventions signées, la Coordonnatrice nationale a présenté une analyse détaillée du programme. Dans une intervention claire et pédagogique, elle a expliqué aux partenaires présents les objectifs spécifiques du PRSA-TD, les méthodologies qui seront employées et les étapes à suivre pour garantir une exécution efficace. Cette présentation a permis aux participants de mieux saisir les enjeux du programme et les attentes vis-à-vis de chaque institution partenaire.

L'atmosphère tout au long de cette cérémonie a été empreinte de solennité et de détermination. L'événement a marqué le début d'une coopération stratégique qui devrait jouer un rôle crucial dans le renforcement de la résilience des systèmes alimentaires non seulement au Tchad, mais dans toute la région de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel. En mobilisant des acteurs locaux et internationaux, le PRSA-TD est porteur d'espoir pour une sécurité alimentaire durable, capable de résister aux crises futures. Les bénéfices attendus de cette initiative devraient rayonner au-delà des frontières nationales, avec des retombées positives pour des millions de personnes dans la région.

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