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Togo : 1 800 000 boutures de base de deux nouvelles variétés performantes de PDCO distribuées aux multiplicateurs et transformatrices des denrées à hautes valeurs nutritionnelles

Publié le 4 mars 2025

Les progrès récents dans le développement et la fourniture de semences de variétés de cultures améliorées au Togo ont contribué à améliorer la productivité et les rendements agricoles.

Cependant, ces productions ont jusqu’à présent été limitées à un groupe restreint de producteurs. De plus, avec le positionnement du secteur privé sur les promotions de la patate douce à chair orange (PDCO), la capacité de production en boutures de base de l’ITRA nécessite un renforcement pour faire face à cette demande sans cesse croissante et surtout desservir les zones non encore couvertes par les semences améliorées.

Ainsi, le FSRP a soutenu l’ITRA à produire les boutures de base des variétés de deux variétés performantes de la PDCO, résilientes aux changements climatiques afin de contribuer efficacement à la sécurité alimentaire au Togo. Les boutures produites servent à alimenter les multiplicateurs et les productrices des racines de la PDCO sélectionnés dans la région des savanes.

Après la production, le FSRP Togo a entamé la mise à disposition de ces deux nouvelles variétés performantes de Patate douce à chaire orange inscrites nouvellement au catalogue national, à 25 multiplicateurs répartis sur toute l’étendue du territoire et 1067 femmes productrices et transformatrice de PDCO des régions des savanes.

Réalisée à travers l'Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA), cette action du FSRP vise à promouvoir et diffuser ces semences améliorées des variétés performantes dans les zones non encore desservies et contribuer ainsi à l’amélioration substantielle de la productivité et des capacités de résilience des populations ciblées.

En prélude à la distribution de ces semences, les bénéficiaires ont été renforcés sur l’itinéraire technique de production intensive (bonnes pratiques de production et de conservation) de la patate douce et la reconnaissance variétale.

Les producteurs ont par la suite été accompagnés dans l'installation de leurs parcelles.

Des kits d’intrants du FSRP pour améliorer la productivité agricole et renforcer la résilience des producteurs dans la préfecture de la Kéran au Togo

Publié le 3 mars 2025

Dans la plupart des régions du Togo, où l’économie repose à 90 % sur les activités agricoles et pastorales, les producteurs font face à des défis majeurs. Parmi ceux-ci figurent la fertilité des sols en déclin, l’accès limité à l’eau et aux financements, les impacts du changement climatique et surtout, un accès restreint aux semences et engrais dont les coûts demeurent élevés.

Pour renforcer la résilience des producteurs vulnérables qui ne pratiquent souvent qu’une agriculture de subsistance, le programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) au Togo met en œuvre des initiatives visant à améliorer les capacités productives des agriculteurs bénéficiaires. Parmi les actions phares de ce programme figure la distribution des kits d’intrant composés de semences améliorées et de fertilisants.

La campagne agricole de 2023 dans la préfecture de la Kéran (région de la Kara) a marqué un tournant décisif pour les producteurs locaux, grâce à la fourniture des semences certifiées et des engrais. Au total, 1562 producteurs, dont 45 % de femmes de ladite préfecture ont bénéficié de ce crédit intrant remboursable à 50% pour améliorer leurs rendements.

Grâce à la distribution de semences de riz, de soja et d'engrais, les agriculteurs de la Kéran ont pu emblaver un total de 400 hectares répartis dans les 9 cantons de la région. Cette initiative a non seulement boosté la production locale, mais a également soutenu l'autonomisation des femmes agricultrices, qui représentent une part importante des bénéficiaires. Mme Sambiani Biyina, productrice de soja témoigne : « J’ai bénéficié en 2023 de 20 kg de soja qui m’ont permis d’emblaver 0,25 ha. J’ai récolté en fin de campagne, 450 kg que j’ai transformés en fromage de soja pour un gain de 200. 000 FCFA. Cet argent m’a permis de m’occuper de certaines dépenses de la famille, d’aider mon mari à construire notre maison, et d’accroitre la superficie à emblaver au cours de cette campagne 2024 (0.5ha) ».

L’appui en semences et engrais a permis aux producteurs de la Kéran d'améliorer significativement leurs rendements. Les semences de riz et de soja, adaptées aux conditions climatiques locales, ont été choisies pour leur résistance et leur potentiel de production. L'utilisation d'engrais a également contribué à maximiser la fertilité des sols et à augmenter les récoltes.

Bonalé Kodjo, producteur de riz à Nambou, canton de Pessidé et marié à deux femmes et père de quatre enfants ; il a aussi à sa charge 3 neveux. « Avec l’appui du FSRP, j’ai bénéficié de 10 kg de semences de riz, 50 kg de NPK et 25 kg d’urée. Je suis un producteur de maïs mais au regard du nombre des membres de la famille et vu la forte demande en riz pour la consommation, j’ai emblavé 0,25 ha et j’ai récolté 600 kg de riz que j’ai mis à la disposition de la famille. 
Les 120.000 F CFA que je mettais dans l’achat du riz par an me servent à faire autre chose.

Cette année avec la semence de 25 kg que j’ai constituée, je vais emblaver 0,75 ha pour la consommation et la vente l’année prochaine. Le Projet m’a vraiment aidé en me sortant de la vulnérabilité. »

Cette initiative a eu des répercussions positives non seulement sur la production agricole, mais aussi sur la communauté dans son ensemble. L'augmentation des récoltes a conduit à une meilleure disponibilité des denrées alimentaires sur les marchés locaux, réduisant ainsi la dépendance aux importations et renforçant la résilience alimentaire de la région.

La participation de 45 % de femmes parmi les bénéficiaires souligne l'importance de l'inclusion des femmes dans le secteur agricole. Ce soutien leur permet de jouer un rôle clé dans la production alimentaire et de contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de leurs familles et de leurs communautés.

Les efforts déployés dans la préfecture de la Kéran illustrent l'importance d'un soutien ciblé pour améliorer la productivité agricole et renforcer la résilience face aux défis climatiques. En fournissant des ressources essentielles telles que les semences et les engrais, cette initiative contribue à construire un avenir agricole durable pour la région. Ces intrants essentiels permettent aux agriculteurs de cultiver des variétés plus résistantes et plus productives, contribuant ainsi à une meilleure sécurité alimentaire et à une réduction de la pauvreté en milieu rural tout en créant des emplois pour les jeunes à l’exemple de Potey Jérémie, un jeune de 33 ans, titulaire du Baccalauréat qui est revenu au village en 2019 pour s’adonner à l’agriculture :

« En 2023 j’ai bénéficié de 10 kg de semences de riz du FSRP que j’ai semé sur 0,25 ha. J’ai récolté plus de 500 kg. J’ai vendu une partie qui m’a permis de me lancer dans l’élevage de pintades. J’ai pu, grâce à la vente du riz, finaliser la construction de ma maison. Aujourd’hui j’habite chez moi et je ne suis plus en location. L’appui du FSRP m’a non seulement donné un emploi mais me permet de vivre comme un fonctionnaire. Je remercie la Banque mondiale, la CEDEAO et le Ministère de l’Agriculture pour leurs appuis ».

Tout en poursuivant l’appui conseil aux bénéficiaires de 2023, les distributions de semences et d’engrais ont été poursuivies cette année et ce sont 1197 bénéficiaires dont 58% de femmes qui ont bénéficié de semences de riz, de soja, de niébé et de maïs dans la préfecture de la Kéran. 

Protection de l’environnement à Tchamba : les appuis du FRSP permettent aux pépiniéristes d’accroitre la production des plants

Publié le 28 février 2025

La situation des forêts dans le nord du Togo est confrontée à de nombreux défis tels que la déforestation, la dégradation des sols, et les pratiques agricoles non durables. Face à cette situation, le gouvernement togolais, en partenariat avec les ONG et les organisations internationales, a lancé plusieurs initiatives pour contrer la déforestation. Ces initiatives incluent la reforestation, la promotion de pratiques agricoles durables, et la sensibilisation des communautés locales à l’importance de la conservation des forêts.

Depuis 2022, le Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) est mis en œuvre au Togo pour renforcer, entre autres, ces efforts. Des activités spécifiques sont menées pour éduquer les populations locales sur l’importance de préserver les forêts. Parmi ces initiatives, des campagnes de sensibilisation encouragent des pratiques alternatives comme l’agroforesterie, qui non seulement protègent les ressources forestières, mais améliorent également les moyens de subsistance des communautés.

La coordination nationale du FSRP, de concert avec le ministère de l’environnement et des ressources forestières, soutient plus de 1401 coopératives des pépiniéristes dont 830 femmes en matériel de production, d’entretien des plants des essences forestières pour  la production de plants forestiers, fruitiers et médicinaux. Le groupement « Pépinière de Soutien à l’Arboriculture et l’Horticulture » (PSA), situé dans la préfecture de Tchamba, est un exemple concret de ce soutien. Depuis 2022, ce groupement, composé de 15 membres dont 8 femmes, a bénéficié de l’accompagnement du ministère pour la gestion de pépinières, le reboisement, et la création d’espaces verts.

Dans le cadre du FSRP, le groupement PSA a reçu, en 2023, une formation sur la gestion des pépinières et l’entretien des plants. En plus de cette formation, le groupement a reçu des équipements essentiels tels que des brouettes, pelles, arrosoirs, tuyaux, motopompes, et sachets en polyéthylène pour augmenter leur production de plants.

L’impact de ce soutien est tangible. Selon El Hadj Djigba Abdou-Sacko, président du groupement PSA : « À nos débuts, nous n’avions pas de matériel adéquat et il était difficile de répondre aux commandes. Grâce au soutien du FSRP, notre production est passée de 20 000 plants à 50 000 plants, générant un revenu qui a augmenté de 2 000 000 FCFA à 5 000 000 FCFA. »

En outre, les membres du groupement ont diversifié leurs activités grâce aux bénéfices réalisés. Ils se font des prêts de petits montants sans intérêt pour financer d’autres activités génératrices de revenus, telles que la vente de produits alimentaires et le commerce de produits vivriers.

Le soutien aux pépiniéristes dans la région centrale du Togo a conduit à une augmentation significative de la production de plants forestiers. Ces pépiniéristes jouent un rôle crucial dans la reforestation, essentielle à la restauration des écosystèmes dégradés. Grâce à des pratiques agricoles améliorées et des techniques de pépinière modernes, ils produisent désormais des plants plus robustes et diversifiés, adaptés aux conditions locales.

Cette augmentation de la production n’apporte pas seulement des bénéfices environnementaux, mais elle génère également des revenus supplémentaires, améliorant la qualité de vie des pépiniéristes et renforçant la résilience des communautés locales face aux changements climatiques. Parallèlement, la reforestation contribue à la restauration des forêts, crée des zones tampons pour les écosystèmes locaux, réduit l’érosion des sols et favorise la biodiversité.

En offrant des formations, des subventions et un accès facilité aux marchés, le FSRP vise à créer un cercle vertueux où l’activité économique et la conservation de l’environnement se renforcent mutuellement. Cette approche intégrée est essentielle pour relever les défis environnementaux tout en assurant un développement durable dans la région.

Togo : 84 014 producteurs adoptent les pratiques innovantes et des technologies agricoles résilientes au changement climatique

Publié le 26 février 2025

Dans le but de promouvoir l’adoption massive des pratiques innovantes et technologies agricoles résilientes aux changements climatiques, le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest, projet Togo (FSRP-Togo) a initié depuis 2022, des séries de formation sur les bonnes pratiques agroécologiques et la diffusion des technologies climato-intelligents au profit des producteurs ciblés.

Grâce à l’appui-accompagnement de ses structures partenaires, notamment la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP), l’Institut de conseil et d’appui techniques (ICAT) et le conseil interprofessionnel de la filière riz au Togo (CIFR), le FSRP Togo a facilité des formations pratiques sur plusieurs techniques agroécologiques dont la fabrication du composte, l’enrobage des semences, la jachère améliorée, l’association et la rotation de cultures, la technique d’aménagement simple des bas-fonds encore appelée  « smart valley ».

Trois ans après ces appuis, une enquête menée auprès des producteurs dans le cadre de l’évaluation à mi-parcours a révélé des transformations socioéconomiques perceptibles. On constate une augmentation de rendement en moyenne de 60% auprès de 87,65% de ces bénéficiaires et une augmentation des revenus de 76% environ.

C’est le cas de Kouzotou Baomondom est ses consœurs, qui ne jurent que par la technique d’aménagement sommaire des bas fons rizicole :

“ Cette année, avec smart valleys, on a eu à aménager des casiers, faire la pépinière et repiquer en ligne.  Nous avons vu qu’avec le peu de pluviométrie qui est arrivé, les casiers ont pu recueillir l’eau, et l’eau a servis. L’engrais que nous avons utilisé a été retenu. L’eau de ruissellement n’a pas pu emporter. Le riz a vraiment utilisé cet engrais pour se développer. Ce système m’a permis d’économiser beaucoup plus d’argent, en utilisant moins de semence. Avec l’ancienne méthode conventionnelle, on gagnait 2.5 tonnes à l’hectare mais avec l’approche smart valleys nous avons gagné au-delà de 5 tonnes à l’hectare.”

Les appuis du FSRP Togo ont également permis la réintégration de nombreux producteurs qui avaient abandonné leurs champs faute de moyens financiers et qui ont pu se relancer grâce au soutien du projet.

Ces différentes formations et appuis ont touché 84 014 producteurs dont 35 % de femmes qui pratiquent effectivement ces techniques apprises sur plus de 248 Zones d’aménagement agricoles planifié (ZAAP) et autres parcelles agricoles non aménagées.

Tchad/Massakori : Collaboration stratégique pour identifier des sites agricoles prometteurs

Publié le 25 février 2025

Du 30 janvier 2024 au 14 février 2025, une mission conjointe d’identification participative des sites agricoles aménageables a été menée dans la Coordination Régionale de Massakory au Tchad. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRSA-Tchad), visant à recenser des terres agricoles pouvant être aménagées pour renforcer la résilience du système alimentaire local.

Au total, 443 hectares ont été identifiés sur 22 sites, avec une attention particulière portée sur ceux nécessitant un aménagement immédiat. Parmi ces hectares, 50 ont été retenus pour des projets d’aménagement de petits périmètres maraîchers, répartis sur 12 sites ciblés pour un lancement de microprojets. Ces projets sont en attente des résultats des screening environnementales et sociales.

En outre, 130 hectares de grandes cultures ont été sélectionnés pour des études techniques, en vue de leur équipement en forages à gros débit, nécessaires à une agriculture plus intensive. Les évaluations préliminaires des coûts d’aménagement estiment un investissement total de 1,1 milliard de CFA pour cette première phase, comprenant 404 millions de CFA pour les projets maraîchers et 687 millions de CFA pour les grandes cultures.

Des études spécifiques seront menées sur ces sites, portant notamment sur la mise en place de mini-stations de pompage hybrides, de réseaux de distribution d’eau et des mesures antiérosives dans les zones vulnérables. Des infrastructures de sécurité, telles que des clôtures pour les sites maraîchers et des réseaux de drainage pour les grandes cultures, sont également envisagées pour garantir la durabilité des projets.

La méthodologie de cette mission a consisté en une concertation avec les autorités locales, les producteurs et d’autres acteurs locaux afin de s’assurer que les sites choisis répondent aux besoins des communautés. La sélection a été réalisée en prenant en compte les spécificités géographiques, hydrogéologiques, socio-économiques et environnementaux. Les producteurs, en particulier ceux à la périphérie de la capitale N'Djaména, ont exprimé un fort intérêt pour l’aménagement de ces terres.

Les sites retenus devront passer par un processus de "screening" environnemental et social avant l'adjudication les études d’aménagements qui seront conduites en interne avec la mutualisation des compétences tant au sein de l’UCTF qu’avec les partenaires techniques. Parallèlement, des discussions seront menées avec la SODELAC concernant les sites de polders dans la province du Lac.

Sierra Leone : Le FSRP/MAFS accorde des subventions à six chercheurs du SLARI pour stimuler la productivité des petits exploitants agricoles

Publié le 24 février 2025

Le ministère de l'agriculture et de la sécurité alimentaire (MAFS), par l'intermédiaire du programme de résilience des systèmes alimentaires (FSRP) financé par la Banque mondiale, a accordé des subventions à six chercheurs de l'Institut de recherche agricole de Sierra Leone (SLARI) pour mener des recherches adaptatives sur les exploitations agricoles. Les résultats de ces études devraient aider les petits exploitants agricoles à optimiser leur productivité et à augmenter leurs revenus en Sierra Leone.

La cérémonie d'attribution de la subvention a eu lieu le 24 janvier 2025 à Rokupr, dans le district de Kambia. Theresa Tenneh Dick, a exprimé sa gratitude à la Banque mondiale pour son soutien continu. Se référant à sa propre expérience, elle a fait remarquer qu'elle avait déjà bénéficié d'une initiative similaire financée par la Banque mondiale. Elle a souligné l'importance des petits exploitants agricoles dans la réalisation de la sécurité alimentaire, en déclarant : « Les petits exploitants agricoles sont l'épine dorsale de nos systèmes alimentaires. La recherche soutenue par cette subvention permettra de relever les défis critiques auxquels ils sont confrontés et de fournir des solutions pour stimuler la productivité et la génération de revenus ».

Sofia Mansaray, 40 ans, figure parmi les bénéficiaires de la subvention. Ses recherches portent sur la transformation du manioc en farine. Cette initiative vise à réduire la dépendance de la Sierra Leone à l'égard de la farine de blé importée en créant une alternative produite localement. « Mes recherches contribueront à réduire le coût des importations de farine, à permettre à la Sierra Leone de produire sa propre farine et à la rendre plus abordable pour les citoyens », explique Sofia.

Le MAFS et le FSRP se sont engagés à suivre de près les progrès de ces chercheurs afin de s'assurer que leurs résultats sont conformes à la vision de Feed Salone, qui vise à renforcer la sécurité alimentaire et à stimuler la croissance économique en Sierra Leone.

Sierra Leone : le FSRP redonne espoir à une mère célibataire qui soutient ses deux enfants à l'université

Publié le 23 février 2025

Haja B. Koroma, mère célibataire, a quitté Freetown pour s'installer à Makeni après son mariage. Cependant, son mari l'a abandonnée avec ses deux enfants, tous deux inscrits à l'université, la laissant bloquée à Makeni sans aucun parent à proximité. Confrontée à des responsabilités croissantes, Haja s'est mise à casser des pierres pour subvenir aux besoins de ses enfants.

L'année suivante, elle a rencontré Med-Tula Agro Rice Processing Center, un négociant en produits agricoles qui l'a initiée à l'agriculture. Med-Tula, qui a ensuite été engagé par le Programme de résilience des systèmes alimentaires (FSRP), a fourni des intrants agricoles et des services de mécanisation aux agriculteurs dans le cadre du programme.

Grâce au soutien du FSRP, Haja a reçu des semences, des engrais et des services de mécanisation, y compris le labourage, l’hersage et la récolte, le tout gratuitement. Cette intervention a transformé sa vie. Avant de recevoir cette aide, Haja dépendait de prêts improductifs pour financer ses activités agricoles et avait souvent du mal à payer les frais universitaires de ses enfants. Mais l'année dernière, pour la première fois, elle n'a pas eu besoin de prêt et a pu payer facilement leurs frais de scolarité.

Revenant sur son parcours, Haja a déclaré : « J'ai eu l'impression d'être morte-vivante lorsque mon mari m'a quittée. Être une mère célibataire dans une ville sans famille, avec deux enfants à l'université, était accablant. Mais la rencontre avec le FSRP m'a redonné espoir. Les sourires que j'ai arborés lorsque j'ai réalisé que je pouvais rembourser mes prêts et que j'avais encore assez d'argent n'avaient pas de prix ».

L'un des enfants de Haja a obtenu son diplôme l'année dernière, ce qui a été pour elle un grand moment de fierté. Elle subvient désormais aux besoins de sa famille de manière indépendante grâce à l'agriculture, qu'elle considère comme une activité commerciale. Avec suffisamment de semences pour la saison en cours, Haja prévoit d'étendre ses cultures et d'augmenter sa production de riz. Son objectif est de générer davantage de revenus et de construire un avenir stable pour sa famille.

L'histoire de Haja témoigne de l'impact transformateur du FSRP et du pouvoir de la résilience face à l'adversité. 

Sénégal : le FSRP, un levier essentiel pour la résilience du secteur de l’élevage

Publié le 22 février 2025

La 9ᵉ édition de la Journée Nationale de l’Élevage, tenue à Kaolack (Zone Centre) en février 2025, a mis en évidence les défis et opportunités du secteur au Sénégal. Cet événement qui a rassemblé divers acteurs du monde rural et particulièrement du monde éleveur a permis de dresser un état des lieux du secteur de l’élevage et de proposer des solutions durables. Parmi les initiatives structurantes, le Food System Resilience Program (FSRP) se positionne comme un levier essentiel pour transformer durablement l’élevage au Sénégal et renforcer la résilience du système alimentaire.

L’élevage occupe une place prépondérante dans l’économie sénégalaise, contribuant à la fois à la sécurité alimentaire et à la création d’emplois en milieu rural. Les discussions et recommandations issues de la 9ᵉ Journée de l’Élevage ont souligné la nécessité d’un engagement fort en faveur du développement durable du secteur. En effet, plusieurs défis majeurs ont été soulevés par les acteurs du secteur, notamment le vol de bétail, l’insuffisance d’infrastructures pastorales, la raréfaction des ressources fourragères et hydriques, le besoin de renforcer la couverture sanitaire, le faible potentiel génétique des animaux et l’accès limité aux financements pour les éleveurs. Le FSRP constitue une réponse à ces défis en améliorant l’accès aux infrastructures, la santé animale, l’alimentation du cheptel, les capacités de production et de transformation et de commercialisation à travers les coopératives agricoles communautaires (CAC) et le financement des sous-projets à travers le Matching Grant (MG) et des sous-projets Gestion Intégrée des Paysages (GIP), etc.

Des investissements stratégiques dans l’élevage au Sénégal

Le FSRP est un programme régional financé à hauteur de 230 millions de dollars US par la Banque mondiale et le FIDA. À travers ses interventions, il vise à renforcer la résilience du système alimentaire en soutenant les éleveurs, en améliorant la santé animale et en modernisant les infrastructures.  A terme, les actions du FSRP au Sénégal devront toucher directement 600 000 bénéficiaires, dont 240 000 femmes, et se traduiront dans le sous-secteur de l’élevage par le financement de 1 144 sous-projets dans le domaine de l’élevage, la construction de 20 postes vétérinaires, de 2 postes d’inspection frontalière (PIF), la construction de 100 parcs de vaccination pour assurer le contrôle et la lutte efficace contre les maladies animales prioritaires. Il est aussi prévu la construction de 5 plateformes d’engraissement destinées aux bovins et porcins.

Pour accompagner la mise aux normes du secteur de l’élevage, le FSRP Sénégal prévoit la réhabilitation du Centre d’Application des Techniques d’Élevage (CATE) et la mise en place d’un centre d’incubation des produits animaux équipé pour encourager l’innovation et la transformation. Un appui est prévu pour le laboratoire national de recherches vétérinaires (LNERV) et l’unité de production de vaccins et de l’école vétérinaire de Dakar.

Afin de renforcer la modernisation du sous-secteur, 4 Centres d’Impulsion pour la Modernisation de l’Élevage (CIMEL) seront réhabilités et équipés. Le programme a prévu également la mise aux normes de laboratoires nationaux, l’acquisition de 2 Postes d’Inspection Frontaliers (PIF) qui seront construits à Kidira (frontière avec le Mali) et à Karang (frontière avec la Gambie) pour renforcer le contrôle sanitaire du cheptel.

Les « CAC Elevage », pour l’amélioration de la productivité

La Journée Nationale de l’Élevage a mis en lumière l’importance de la structuration des chaînes de valeur animales pour garantir une meilleure valorisation des produits issus de l’élevage, la mise en place d’infrastructures adaptées, l’accès à l’eau, la promotion de l’innovation technologique et des bonnes pratiques.

Le FSRP déroule avec des partenaires, un important programme qui intègre ces défis à travers la mise en place de cinquante (50) fermes agricoles modernes, dédiées aux Coopératives Agricoles Communautaires (CAC) à vocation agricole et élevage. D’un montant de 22.5 millions USD, les fermes modernes dédiées aux CAC seront réparties sur une superficie totale de mille (1000) ha et devront, entre autres, promouvoir la culture fourragère, l’accès à l’eau, la pratique d’élevage bovin, ovin, caprin, porcin et de volaille, la transformation des produits d’élevage, etc.

Les Coopératives à vocation élevage bénéficieront également de formations sur les techniques modernes d’élevage, l’amélioration génétique du cheptel et l’utilisation efficiente des ressources en eau. Ces initiatives visent à accroître la productivité et à réduire la vulnérabilité des systèmes d’élevage face aux chocs climatiques.

Le FSRP intègre également le soutien à l’organisation et la structuration des filières d’élevage afin d’améliorer l’accès des producteurs et des éleveurs aux marchés locaux et régionaux en plus des initiatives de gestion durable des terres, notamment la lutte contre la désertification et la préservation des parcours pastoraux et les pratiques de « solutions basées sur la nature (SBN) » dans les GIP. En intégrant ces pratiques, le FSRP contribue à une meilleure adaptation du secteur de l’élevage aux défis climatiques.

Une convergence d’objectifs entre le FSRP et la vision Sénégal 2050

En intégrant des actions ciblées et des investissements stratégiques, le FSRP contribue activement à la modernisation et à la résilience du secteur de l’élevage au Sénégal. Grâce à ces efforts, le programme participe non seulement à la sécurisation des revenus des éleveurs, mais aussi à l’amélioration de la souveraineté alimentaire du pays et la lutte contre le chômage des jeunes et des femmes.

Les enseignements tirés de la Journée Nationale de l’Élevage confirment la convergence d’objectifs entre le FSRP et la vision Sénégal 2050. Ils reflètent également la pertinence des actions du FSRP dans la modernisation du secteur de l’élevage au Sénégal. Par ses interventions ciblées, le programme contribue à sécuriser les moyens de subsistance des éleveurs et à garantir une production animale durable et compétitive. Son rôle demeure crucial pour assurer un système alimentaire résilient et inclusif au Sénégal.

Burkina Faso : mise en place d’une unité de production de fumure organique avec l’appui du PRSA

Publié le 21 février 2025

Le faible niveau de fertilité de la plupart des sols au Burkina Faso se caractérise principalement par un faible taux de matière organique et une carence en éléments nutritifs. Ceci constitue une contrainte pour l'accroissement de la productivité des sols.

Pour pallier cette situation, les engrais chimiques de synthèse sont couramment utilisés avec leur limite : pollution et perte de la biodiversité, dégradation des systèmes agricoles, coûts élevés pour les producteurs, forte demande en fumure organique, contraintes de production.

Dans l’optique de renforcer la résilience des systèmes écologiques et alimentaires; le PRSA-BF accompagne seize (16) promoteurs de microprojets dans la mise en place d’unités de production de fumure organique.

Monsieur SIMBORO Rachide promoteur dans la région du Centre Est gère une unité de production de la fumure organique enrichie au Trichoderma.

L’appui du Programme lui a permis la réalisation des investissements suivants : (i) la construction de 24 aires de fabrication du compost, (ii) la construction de 03 aires de stockage des résidus organiques, (iii) la construction d’un magasin de stockage de fumure organique, (iv) l’implantation d’un système d’irrigation pour maturation du compost à partir d’un forage, (v) l’acquisition d’un broyeur multifonction, de tricycle gros porteur, de compacteur, de balance numérique, de machine à coudre des sacs, des matériels et équipements de manutention et des équipements de protection individuelle.

L’unité de production de Monsieur SIMBORO emploie 15 femmes et 04 hommes. En deux (02) mois d’activité, l’unité a pu produire plus de 36 tonnes de fumure organique dont 23 tonnes déjà livrées à hauteur de 2 millions 300 mille francs CFA  et la signature de contrats avec les producteurs de riz de Bagré et du Kouritenga pour la livraison de 60 tonnes de fumures organiques grâce à l’appui du PRSA. 

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